Les troupes annamites du Cambodge





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Le Cambodge entre le Siam et le Vietnam

(de 1775 à 1860)

Thèse de Khin Sok


Ed. Ecole Française d’Extrême-Orient Paris 1991
Chapitre V
La période calamiteuse de 1835 à 1847 (p. 87-110)
La disparition, en 1835, du roi Ang Chan, qui ne laissait pas d'héritier mâle fut à l'origine de graves problèmes successoraux. Les quatre princesses Ang Pén, Ang Mei, Ang Peou et Ang Snguon, ne disposaient d'aucun moyen pour s'opposer à la politique annexionniste de la cour de Hué. Le pays khmer était livré aux Vietnamiens. Quant aux princes Ang Im et Ang Duong, ils étaient retenus à la cour de Siam. En dépit de cette situation déplorable, la population khmère allait se soulever contre l'occupant.
1/ L'élévation de la princesse Ang Mei
La cour de Hué voulut profiter de l'absence de tout prince dans le royaume khmer pour l'annexer définitivement. A cette fin, l'empereur Minh Mang envisagea deux procédures : la première était une alliance entre un prince vietnamien et une princesse khmère ; la seconde, qui ne devait être appliquée qu'au cas où la première échouerait, était l'élimination pure et simple de tous les dirigeants khmers, y compris les princes et les princesses.
La cour d'Annam entreprit donc, par l'intermédiaire de son représentant à Phnom Penh, le général Truong Kun, d'organiser un mariage entre un prince annamite et la princesse Ang Peou, afin d'ôter tout prétexte à une invasion étrangère. Cette alliance n'était d'ailleurs pas sans précédent, mais en 1620, c'était un roi khmer, Srey Soriopor, qui avait recherché par ce moyen l'alliance de l'Annam pour résister à la pression siamoise. Il avait marié son fils, le prince Chey Chettha à l'une des filles de l'empereur d'Annam. Cette union n'eut d'ailleurs, à cette époque, pour résultat que d'envenimer les relations avec la cour de Siam et le prix en fut, en marque d'amitié à l'égard de Hué, la cession en 1623 du territoire de Saïgon.
L'offre d'alliance par un mariage faite par la cour de Hué ne suscita que l'hostilité des khmers. Quant à la princesse Ang Pèn, elle jugea la proposition inacceptable et lui opposa un refus catégorique, dont Truong Kun prit acte non sans quelque rancune.
Les mandarins khmers décelaient sans peine les intentions réelles des Vietnamiens et ne se faisaient aucune illusion sur la prochaine disparition du royaume khmer. Ils justifièrent cependant leur refus en prétextant les différences de culture des deux nations.
Truong Kun tira de ces refus les conclusions qui s'imposaient à lui. Il écarta la princesse Ang Pèn, et il éleva autoritairement sa cadette, la princesse Ang Mei sur le trône du Cambodge tout en confisquant le pouvoir.
On ne dispose sur ces évènements que d'un seul témoignage, celui qu'Adhémard Leclère rapporte après l'avoir recueilli lui-même auprès des fonctionnaires khmers :



"Cependant, des gens prétendaient, avec quelque raison il semble, qu'une pareille élévation au trône (Ang Mey fut élue reine du Cambodge) était nulle de plein droit parce que, conformément à une tradition que personne n'avait jamais contredite jusqu'alors, en cas d'extinction des mâles de la famille royale, les ministres et les grands étaient tenus de choisir le roi parmi les chefs des bakous. D'autres objectaient que la tradition ne disait pas : "en cas d'extinction des mâles de la famille royale", mais "en cas d'extinction de la famille royale, donc la famille royale n'est pas éteinte". Dans une réunion secrète qui eut lieu entre de hauts personnages sur le sommet du mont Préah-reach-tréap, près d'Oudong, ces questions furent examinées et l'un des membres osa dire : "si l'élection ne porte pas sur un prince, elle sera nulle ; si ce prince n’est pas accepté par le peuple et par le roi de Siam, il y aura la guerre ; si la princesse est élue et si le roi de Siam n’intervient pas, c’est la fin du Srok khmer et son envahissement définitif par les Annamites ». Un religieux dit : « Alors, nous irons au Siam ». mais ces personnages ne furent pas appelés à délibérer et l’élection se fit sans eux. (Adhémard Leclère « Histoire du Cambodge »). (p. 87, 88)
(…)
Pour la première fois dans son histoire, le Cambodge eut une souveraine qui lui fut imposée par une puissance étrangère. Quelques mois après la mort d'Ang Chan, la princesse Ang Mei, âgée de vingt ans, fut élevée sur le trône du Cambodge par la cour de Hué. Les Vietnamiens l'obligèrent à s'installer dans son palais de Koh Slaket pour l'empêcher de se mettre en rapport avec la cour de Siam. Ils lui décernèrent le titre de "Ba Quan Chua" ce qui signifie "Maître de tous les mandarins". (p. 88)
Aucun titre honorifique ne fut offert à la princesse Ang Pèn. Les Vietnamiens sanctionnaient de cette manière le camouflet qu'avait constitué pour eux son refus du trône et d'autre part les rapports étroits qu'avait sa famille avec la cour de Siam. En effet, sa mère, Mneang Tep, était la propre fille du gouverneur de la province de Battambang, ;'Abhaithibès Bèn dont on sait l'attachement au Siam. En 1833, elle avait décidé, à l'insu du roi Ang Chan, de demander une intervention militaire du Siam pour chasser l'envahisseur vietnamien du Cambodge. En outre, l'un des frères de Mneang Tep, nommé Ma, élevé au titre de Preah Ang Kêv par le roi Ang Chan, était connu comme adversaire des Vietnamiens, et résidait, de plus, à cette époque, à la cour de Bangkok. Pour ces diverses raisons, le roi Minh Mang ordonna à son représentant à Phnom Penh de surveiller tout spécialement l'entourage de la princesse Ang Pèn.
Depuis la mort du roi Ang Chan, le roi de Siam Rama III (frère aîné du roi Mongkut) suivait les évènements du Cambodge avec beaucoup d'attention. Il s'apprêtait à intervenir le moment venu. En 1836, il ordonna de recenser les populations khmères et laotiennes qui vivaient le long de la frontière khméro-laotienne qui vivaient le long de la frontière khméro-siamoise, afin de les faire enrôler dans ses armées. Cependant que, les princes Ang Im et Ang Duong furent conduits dans l'ancien territoire khmer : le premier à Battambang et le second à Mongkol Borei (à Svay Chék).



2º - L'administration autoritaire des Vietnamiens
L'élévation de la reine Ang Mei sur le trône du Cambodge ne constituait d'aucune manière un obstacle à la politique annexionniste de l'Annam. La réalité du pouvoir échappait à la reine. Elle était entre les mains du général vietnamien Truong Minh Giang. Ce dernier entreprit ce contrôle tous gouverneurs de provinces, au besoin en éliminant ceux dont il pouvait craindre qu'ils puissent tenir tête aux Vietnamiens. A chaque gouverneur de province khmer fut adjoint un mandarin militaire annamite chargé de contrôler tout à la fois son administration et de prévenir toute activité subversive. Pour faciliter cette politique, Truong Minh Giang décréta une réforme administrative du Cambodge qui ramenait le nombre des provinces de cinquante six à trente-trois. Encore une fois, Adhémard Leclère est le seul auteur à témoigner de cette réforme, et rapporte le nom des nouvelles provinces :
Les trente-trois nouvelles provinces devaient recevoir les noms suivants :

Nam-biang ou Trãn tay devait dorénavant être le nom de Phnom Penh.

Les noms qui suivent devaient être ceux des provinces nouvelles. J'ai rarement pu les identifier avec les provinces qui devaient respectivement les recevoir :

- Than thu ;

- Tam-dôn ;

- Tuy-lap ;

- Banam, pour Pak-nam, qui devint plus tard Peam-méen-chey ;

- Balai, pour Baray ;

- Binh-thien, pour Koh-anthien ou Koh Anchien ;

- Kha-bat ;

- La-vên, pour Prey-vêng (?) ;

- Hai-dong, pour Envichey ;

- Kim-truong ;

- Chau-trung ;

- Caâu ;

- Vang-van ;

- Ha-binh ;

- Trung-loi ;

- San-phu, probablement pour Sâmbaur ;

- San-bôc, pour Sâmboc ;

- Tâm-vu ;

- Khai-biên ;

- Hai-tay ;

- Kha-sum, pour Kôh-Sutin ;

- Thé-lap ;

- Tâm-cai ;

- Lô-Viêt, pour Lovêk ;

- Long-tôn, pour Sâmrong-tong ;

- Quang-biên ;

- Hoa-gi (?) ;

- Chan-tai ;

- Y-gi (?) ;

- Chan-thanh ;

- Mât-luât ;

- Om-ân ;
Les deux districts sauvages devaient recevoir les noms de : Canche, pour Krachs (Kratié), Câlinerie pour Kanara. (Adhémard Leclère)
L'armée d'occupation vietnamienne fut également réorganisée. Elle fut répartie en vingt-six divisions dont l'une était chargée de l'entretien et du dressage des éléphants de guerre.
Pour parfaire son programme, Truong Minh Giang fit venir des civils afin d'organiser des colonies d'implantations vietnamiennes. La présence vietnamienne civile au Cambodge, déjà ancienne puisque des commerçants étaient déjà installés en 1835 à Phnom Penh, résidant à bord d'embarcations ou même à terre, changeait de visage.
Quant à la population khmère, elle fut tout entière mobilisée. Une partie des hommes était enrôlée comme supplétifs dans l'armée, l'autre était mise à la corvée aux travaux des champs afin de subvenir aux réquisitions de l'armée d'occupation. En outre, la population de la région sud-ouest du pays fut enrôlée pour la construction d'une route stratégique nommée par les Khmers Plou Yuon ce qui signifie « la route annamite ». Cette route devait relier la capitale Phnom Penh à Banteay Meas en passant par la province de Treang. Des postes, distants les uns des autres d'une vingtaine de kilomètres, s'échelonnaient le long du parcours ; ils devaient servir de relais pour le service du courrier qui était assuré quotidiennement par trois hommes, pris à tour de rôle dans les villages voisins. En dépit de leur caractère parfois utile, ces entreprises vietnamiennes au Cambodge ne firent que nourrir le mécontentement de la population.
La vietnamisation touchait tous les domaines. Aux réformes administratives et militaires s'ajoutait une vietnamisation active de la vie quotidienne. Les mandarins khmers d'un certain rang, s'ils voulaient conserver leur fonction, étaient contraints de porter la même tenue que les fonctionnaires annamites. Lors des jours fériés du calendrier vietnamien, ils devaient se rendre à la pagode de Chruoy Changva pour saluer l'effigie du roi Minh Mang. La politique conduite par Truong Minh Giang au nom du gouvernement vietnamien perdit peu à peu toute mesure. Il exigea, en effet, que les Khmers abandonnent la religion bouddhique pour adopter la sienne. Il ordonna à cette fin que soient profanés tous les lieux saints du culte des Khmers : les arbres de la Bodhi furent abattus, des stupas furent détruits et des statues de bouddha brisées et jetées dans le fleuve.
En plus de la férule brutale des occupants, une telle politique d'oppression ne pouvait conduire qu'à des soulèvements. En 1836, dans la province de Kompong Svay, eut lieu la révolte de Nong. En 1837, les frères Chou et Chey qui étaient probablement en charge de la province de Kompong Som, refusèrent d'obtempérer aux ordres des Vietnamiens et décidèrent de prendre les armes.
A cette nouvelle, Truong Kun fit partir de Phnom Penh, une colonne composée de soldats khmers, encadrée par des Vietnamiens, qui se dirigea vers le lieu de la rébellion. Mesurant l'insuffisance des armes et des munitions dont ils disposaient pour faire face à leurs ennemis, les frères Chou et Chey prirent le parti de rompre le combat et de rechercher refuge, par la mer, au près de la cour de Siam.
3º/ L'arrestation des princes Ang Im et Ang Duong
Privée de tout recours, découragée par la trahison de certains des siens, écrasée par la puissance méthodique de la politique de l'occupant, la nation khmère était sur le point de mourir. Son dernier espoir était une famille royale dont le peuple n'avait vu jusqu'ici que les luttes intestines, la désunion la plus égoïste et la plus lâche.
C'est pourtant de cette famille que le peuple attendait son salut. Il fallait donc au général Truong Kun briser ce dernier ressort.
Spéculant sans crainte sur l'ambition et la jalousie qui ne manqueraient pas de faire s'affronter encore des princes khmers, il résolut de faire disparaître les deux derniers princes susceptibles de prétendre au trône.
Vers la fin de 1839, pour ce faire, le général vietnamien utilisa la plus simple des ruses. Il dépêcha secrètement auprès de Ang Im trois émissaires vietnamiens chargés d'un message dont la teneur était la suivante :
"L'empereur d'Annam m'a envoyé comme chef d'armée, chargé d'assurer le bon fonctionnement du royaume. Il n'a aucunement l'intention de s'emparer du trône du Cambodge. Il a souhaité qu'un roi khmer règne selon la tradition, afin que la paix s'installe dans tout le royaume. Sa majesté Outey Reachéa (Ang Chan), après sa mort, n'a pas laissé d'héritier (mâle). C'est ainsi que j'ai jugé qu'il était raisonnable que la princesse Ang Mei, votre nièce, occupât provisoirement le trône.
"Quelque temps après cela, j'ai appris avec beaucoup de joie que votre Altesse royale, avec l'autorisation de la cour de Siam, est venue s'installer à Battambang. Il serait souhaitable qu'elle vint jusqu'au pays de Kampuchéa. Les dignitaires khmers et moi-même, aiderions votre altesse à se rendre jusqu'à la capitale de Oudong pour s'asseoir sur le trône. Les membres de la famille royale et le peuple tout entier seraient désormais remplis de joie. » (P. 266)
Le prince Ang Im fut assez naïf pour être séduit par ce message et pour croire à la sincérité de Trung Kun, il se prit à rêver de la couronne.
Les émissaires de Truong Kun prirent congé du prince et prirent tout aussi discrètement la route de Mongkolborei où résidait Ang Duong. Ils lui tinrent le même discours qu'à Ang Im, mais avec moins de succès car le prince comprit immédiatement le jeu des Vietnamiens. Devant la méfiance de prince Ang Duong, les émissaires se retirèrent prudemment. (Notre précision : Ang Duong avait comme conseiller, son ancien précepteur le savant et sage Bandit Nong, celui qui nous a laissé les Chroniques Royales les plus anciennes connues)
De son côté, Ang Im préparait activement son retour au Cambodge. Craignant, comme de juste, que le prince Ang Duong ne devienne son concurrent, il prit la précaution de dénoncer, dans un message au roi Rama III (Notre précision : frère aîné de Rama IV connu aussi sous le nom de Mongkut. Ce dernier était le père de Chulalongkorn, la collusion entre le prince son frère, et les Vietnamiens, dans le but de s'emparer de la couronne !
A peine eut-il pris connaissance de ce message que le roi de Siam envoya deux mandarins à Mongkolborei pour se saisir de la personne du prince Ang Duong et pour le ramener à Bangkok en résidence sur veillée.
Il ne restait plus à Ang Im qu'à trouver un prétexte pour quitter sa résidence. Il fit part au gouverneur de la province ; Preah Norintheathipadei, de son désir d'aller présider une cérémonie de Kathin à la pagode de Phneat, à proximité de la ville de Sisophon. Le gouverneur ne fit point obstacle à ce projet, mais par précaution, il dépêcha une petite troupe à Bakprea, au confluent de la rivière Sangkè et celle de Sisophon, point de passage obligé pour toutes les embarcations en route vers le Grand Lac. Parvenue à cette jonction, la barque princière se dirigea, comme avait pu le craindre le gouverneur vers le Tonlé Sap au lieu d'aller vers Phneat. Le prince fut aussitôt arrêté par les soldats et reconduit à Battambang.
Inquiet de sa situation, rendue précaire par ses projets, et ayant tout à redouter de la cour de Bangkok, Ang Im recourut à une ruse audacieuse. Il suggéra au gouverneur que le roi Rama III, apprenant son escapade, voudrait tout connaître sur les émissaires de l'Annam qui l'avaient contacté. Preah Norintheathipadei fut sensible à cette idée et à la suggestion qui lui était faite de se mettre en route afin d'interroger ces émissaires personnellement. Il partit donc pour Mongkolborei avec trois cents hommes à la recherche des envoyés vietnamiens. Mettant à profit cette absence, Ang Im se rendit maître de l'adjoint du gouverneur et prit la fuite par la rivière Sangkè. Il emmenait avec lui sa mère, la Mneang Ros, le gouverneur adjoint, quelques hauts mandarins et une partie de la population.
Apprenant cette évasion, Preah Norin cacha sa colère car parmi les soldats qui l'accompagnaient se trouvaient sans doute quelques soldats fidèles à la personne du prince. Il feignit même d'éprouver quelque sympathie pour l'entreprise d'Ang Im, disant à qui voulait l'entendre qu'il aurait volontiers suivi le prince au Cambodge. Constatant que les soldats khmers n'étaient plus sur leurs gardes, il fit signe à ses proches de les maîtriser et prit avec sa troupe, le chemin de retour, espérant encore intercepter le prince aux abords de Battambang. C'était trop tard. Les fugitifs étaient partis et ils avaient gagné rapidement la province de Pursat. On ne sait rien du sort qui fut réservé au gouverneur Preah Norintheathipadei.
Le général vietnamien responsable de la citadelle de Pursat, An Phou, ne perdit pas un instant pour faire conduire le prince et sa suite à Phnom Penh. Le général Truong Kun ordonna que la barque royale jette l'ancre à Chruoy Changva et que le prince descende seul à terre pour être interrogé. Puis il fit massacrer froidement les dignitaires d'origine khmère de la suite d'Ang Im et arrêter le prince pour l'envoyer à Hué. Ang Im ne réalisa qu'à cet instant qu'il avait été dupé. Il implora le général Truong Kun de lui permettre de rendre visite à ses nièces qui étaient pratiquement en résidence surveillée à Po Preah Bat. Selon l'auteur de Robar Khsat, cette requête mit le général vietnamien en fureur. Il insulta le prince, lui fit subir des supplices, puis il l'expédia à Hué en passant par Saïgon, avec le malheureux adjoint du gouverneur de Battambang.
La perfidie du général Truong Kun ne se limita pas à cette action. Pour se mettre en valeur aux yeux du roi Minh Mang, il lui adressa une lettre qu'il prit le soin de faire contresigner par trois hauts dignitaires de la cour de la reine (Ang Mei). Dans cette lettre, Truong Kun racontait que le prince avait été fait prisonnier par l'armée vietnamienne au cours d'un combat. Etonné par ce récit, Minh Mang fit comparaître Ang Im dans la salle d'audience et il le fit interroger. Ang Im nia catégoriquement la version de la lettre (de Truong Kun), et il affirma en outre que son retour au Cambodge par Pursat n'était que la conséquence de sa nostalgie du pays khmer. Il prit à témoin le gouverneur adjoint de Battambang. Minh Mang ne se satisfit point de l'explication du prince. Il fit comparaître les trois cosignataires de la lettre de Truong Kun. Cela se passait en avril 1840 à la cour de Hué. Les trois dignitaires avouèrent qu'ils n'avaient apposé leur cachet que sous la menace du général Truong Kun. Les ayant entendus, au lieu de condamner son représentant, le roi Minh Mang ordonna qu'ils fussent jetés dans la prison de Poulo Condore (273), les accusant d'avoir manqué de loyauté envers leur roi (274). Le prince Ang Im fut reconduit sous bonne escorte à Saïgon.
A la cour de Siam, le départ du prince Ang Im et le transfert d'une partie de la population, avaient provoqué l'indignation du roi Rama III. Il accusa le prince Ang Duong de complicité avec son frère et l'assigna à résidence dans l'enceinte même de son palais. Rama III ne se résolvait pas à voir la cour de Hué devenir l'unique maître de royaume khmer. Il ordonna que fût mis sur pieds à Battambang une équipe de dignitaires chargée de recueillir des renseignements sur le Cambodge, aux ordres du général Padin Dechéa. Celui-ci devait sa réputation à l'exploit qu'avait été, en 1828 la prise de la ville de Veang Chan - où régnait Chao Anu - et la déportation massive de Laotiens au Siam.
La guerre avec l'Annam ne devait être décidée que si le prince Ang Im était conduit à Hué. Dans une telle hypothèse, le trône du Cambodge serait confié à Ang Duong. Pour recueillir des renseignements sur le sort d'Ang Im, deux hommes - nommés respectivement Yâng et Kong - prirent la route de Kompong Svay et de Baray. Ils revinrent à Battambang pour informer Padin Déchea, qui rendit compte à son tour au roi Rama III. Sur la fois de ces renseignements, le roi fit libérer le prince Ang Duong et l’envoya rejoindre le général Padin. La mobilisation générale fut décrétée dans tout le pays. Les Siamois étaient prêts à entrer de nouveau au Cambodge.
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