La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction





télécharger 142.67 Kb.
titreLa fondation de l’abbaye de Tamié I introduction
page4/5
date de publication10.05.2017
taille142.67 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > droit > Documentos
1   2   3   4   5

IV CONCLUSION :


A Tamié, les moines arrivèrent le 16 février 1133 de l’abbaye de Bonnevaux en Dauphiné. La fondation était dès lors terminée.

Pour introduire la lecture de cet événement, on avait douté de la pertinence de certaines interprétations, elles avaient pourtant posé de bonnes questions.

La légende d’une bataille souligne la position de Tamié entre plusieurs territoires (comtés de Savoie et de Genève, diocèses de Genève, de Grenoble, de Tarentaise et, non loin, diocèse de Maurienne), fait qui ne semble pas anecdotique.
Les Cisterciens n’ont pas défriché, mais ils ont été de bons gestionnaires et surtout il travaillaient eux-mêmes leurs domaines. Puis, avec, avec la baisse du recrutement des convers au XIIIe siècle (Error: Reference source not found, p 170), il fallu faire exploiter les terres par des fermiers et l’acquisition d’un domaine important au fil des siècles (Error: Reference source not found, p 221-6) n’a pas empêché les difficultés économiques.
Une des difficultés rencontrées par les Cisterciens sera l’image de grands propriétaires liés aux seigneurs et indifférents à leur entourage qu’ils découvriront lors de l’échec des prédications contre les cathares. En présentant saint Pierre de Tarentaise comme homme de compassion attentif aux voyageurs et aux pauvres dès sa présence à Tamié, Geoffroy d’Auxerre témoigne d’un début de prise de conscience de ce fait.

On vérifie encore (42, p 104) la remarque de Locatelli : comprendre la fondation d’un monastère demande de s’intéresser au contexte dans son ensemble pour situer les lignes de tension entre lesquelles l’institution se positionne.

Il paraît donc raisonnable de retenir un triple propos dans la fondation de Tamié :
réformer l’Eglise : Pierre I, abbé d’un monastère engagé dans un Ordre neuf à la spiritualité florissante et en pleine expansion a été pour le diocèse l’initiateur d’un renouveau. Avoir un monastère de son Ordre dans le diocèse était certainement pour lui obtenir un soutien spirituel de la part d’hommes fervents et loyaux avec lui.
Stabiliser les limites du diocèse en évitant à l’évêque d’avoir à régler les chicanes territoriales. Là encore Pierre I semble avoir eu une politique bien organisée.
Contribuer à la stabilité politique : les Comtes de Genevois étaient bien sûr les premiers intéressés, de même que les seigneurs de Chevron qui voyaient leur position consolidée dans le comté, de même enfin que l’évêque de Tarentaise.
Même si on n’a pas de raison de douter de ce que Tamié ait effectivement accueilli des voyageurs, le propos fondamental des premiers Cisterciens n’était pas celui là. En fait, Cîteaux a participé à la richesse de son siècle (culture, spiritualité, nouvelle place du travail) mais aussi à ses limites. Dans la société, les Cisterciens ont eu à se situer en face des seigneurs et malgré sa richesse, cette proposition de sanctification était peut-être encore en deçà des attentes d’une partie du monde laïc (Error: Reference source not found, p 127). On a parlé de reconstitution dans les cloîtres des clivages de la société (Error: Reference source not found, p 126), on l’a vu, des tensions de ce type sont apparues chez les Cisterciens à la fin du XIIe siècle. En fait, depuis l’époque carolingienne la séparation entre le clergé et le peuple est sensible, clairement signifiée dans la liturgie (Error: Reference source not found, p 16). La segmentation sociale recoupe celle de l’Eglise. A l’apogée de la féodalité, où se consolide l’imaginaire des 3 ordres le monachisme Cistercien tout clérical qu’il soit aura cette originalité que des hommes qui prient soient aussi des hommes qui travaillent. On a vu que leur souci ascétique, leur relecture des auteurs classiques et leur christocentrisme radical (partagé, d’ailleurs, avec les chartreux dont ils sont proches) donneront aux Cistercien un impact déterminant sur la vie de l’Eglise de leur temps, ces services là, s’ils sont moins visibles n’auront pas été moins grands. Mais, de fait, avec l’essor des villes au XIIIe siècle, l’apparition des ordres mendiants et le développement d’une théologie plus spéculative ce monachisme sera en recul. Il aura apporté une contribution décisive à la spiritualité occidentale et la prise en compte de l’expérience intime de la personne trouvera une nouvelle pertinence quand la subjectivité posera de nouvelles question philosophiques, Descartes, Pascal et Rancé sont contemporains, ce n’est pas un hasard.

f Bruno, janvier-juin 2003
1   2   3   4   5

similaire:

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconDocuments publiés par Eugène Burnier In Histoire de l’abbaye de Tamié en Savoie 1865

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconLa guerre des deux Bourgogne et l’intervention de Saint Bernard provoquent...
«Sancti Jorii Dugnensis», soit Saint-Jorioz du (mandement) de Duingt, le suggèrent, et les suivants paraissent semblables : «Sancte...

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconLe protecteur de l’abbaye de Noyers
«legenda» ou vie de ce saint martyr dont l’abbaye conservait une partie importante des reliques

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconThèse de doctorat d’histoire, université Paris I
«Une abbaye jurassienne au xiiie siècle : l’abbaye de Saint-Oyend de Joux (1175-1262)». Mention Très Bien

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconHistoire des moines de tamié
«Histoire des moines de Tamié». Quel serait l’intérêt de parler du lieu, des bâtiments, des possessions du monastère et de leur fluctuation...

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction icon[Rapport Rioux] Jean-Pierre Rioux
«Maison de l’histoire de France». Enquête critique, par Isabelle Backouche et Vincent Duclert, Paris, éditions de la Fondation Jean-Jaurès,...

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction icon«Il était une fois l’abbaye saint nicolas de ribemont.»
«D’or échiqueté d’azur, surmonté de l’image de Saint Nicolas à mi-corps, crossé, mitré et bénissant.» C’est cette belle devise qui...

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconZao Wou-Ki exposé à la fondation Gianadda Jusqu’au 12 juin, la fondation...

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconDocuments concernant Tamié de 1659 à 1847

La fondation de l’abbaye de Tamié I introduction iconIntroduction (ou insérer dans les chapitres géogr et rédiger une introduction commune)






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com