Accompagnement, Amour, audace, blessure, catholicisme, contestation, debout, dialogue, fraternité, frère, liberté, Parole, parole, Tradition, vie





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Mots-clés : accompagnement, Amour, audace, blessure, catholicisme, contestation, debout, dialogue, fraternité, frère, liberté, Parole, parole, Tradition, vie


Extraits du

PETIT ELOGE du CATHOLICISME FRANCAIS

Jean-François BOUTHORS, 2015


« Ce que j’ai cru voir dans le catholicisme français, au sein duquel je suis né, c’est une puissance de vie un ferment de liberté, une force d’arrachement à la mort. Tel sera l’objet de mon éloge : ce que j’ai vu, parce que j’ai cru. Des vertus puissantes, des « principes actifs » qui animent le catholicisme français. Le cœur atomique de la Tradition, c’est le lieu entre corps et parole, affirmé depuis l’origine.

Ce corps qui parle ne tient que parce qu’il est habité par la conscience de l’autre (l’Autre et le frère). Cette parole incarnée est portée par 2 énergies spirituelles, l‘audace et la liberté.

Je crois qu’il y a quelque chose comme une source. De là sourd cette parole qui m’apprend que nous sommes aimés, que nous pouvons aimer.

Nous pouvons dès à présent expérimenter la joie de ne pas nous soumettre à l’inhumain, il nous est donné la faculté de choisir d’en être libres et de partager avec d’autres cette liberté.

Relever la tête, voir plus loin, plus haut.

Préférer la vie debout.

Avoir l’audace de ne pas craindre d’aimer et craindre de ne pas aimer assez.

L’audace, c’est de l’inventer, de lui permettre de surgir de l’intérieur de soi.

Ce monde a besoin de respirer. Il a besoin pour vivre que d’aucuns, des artistes, des poètes, des saints, y ouvrent des fenêtres sur des paysages neufs, qu’ils énoncent de l’inouï et dévoilent de l’Invisible.

Il est une manière de regarder et d’entendre qui remet nos existences dans une autre perspective, de sorte que l’inattendu, ce qui demeure encore pour nous, inouï, invisible, y trouve place. La foi commence là ; une brèche s’ouvre par laquelle l’esprit peut souffler. L’écart, c’est réintroduire du jeu, desserrer l’étau de la vision commune.

La 3ème vertu du catholicisme après l’audace et l’écart, c’est la fraternité.

Cette expérience de la fraternité, de l’hospitalité réciproque dans la condition humaine, est une source de joie profonde et de liberté. Cette joie est promise à tout être humain. La capacité de reconnaître l’autre comme un frère, de lutter pour que lui soient reconnues sa dignité et ses droits, est un des traits qui fait notre humanité et sa grandeur. C’est l’unité de la famille humaine qui s’affirme. Nul besoin donc, d’être chrétien, et encore moins catholique, pour se montrer fraternel et faire de la fraternité la pierre de touche de sa vie. En revanche, impossible de se réclamer du christianisme sans aimer son frère. Le conseil évangélique s’étend à tout être humain, même à ceux qui nous persécutent.

Dans le frère, ce que le chrétien est convié à reconnaître, c’est la présence du principe de vie. L’autre est habité par le tout autre. Il est immensément plus grand que ce que nos sens nous permettent de concevoir.

Que le catholicisme ait su garder cette « vérité » n’est pas la moindre de ses qualités. Ce principe fraternel traverse toute l’histoire du catholicisme français.

La fraternité, c’est cette insurrection : le surgissement de l’incommensurable dans la figure de l’autre. Une puissance rédemptrice qui libère et relève parce qu’elle élargit à l’infini la conscience que nous avons de la dignité humaine. La fraternité est vie donnée à l’autre. Elle prépare le terrain pour une indispensable réconciliation, où la parole va pouvoir circuler.

Cette fraternité-là, dont est capable le catholicisme, s’il laisse vivre le meilleur de lui-même est une lumière des plus précieuses, un principe actif qui peut participer fortement à la reconstruction d’une société qui se délite, à refonder un lien social qui s’étiole, en dépassant la peur par une confiance plus profonde, plus fondamentale en la vie qui transcende chacune de nos existences.

A bien regarder l’histoire du catholicisme français, on voit que derrière les cohortes de fidèles bien alignés, il a produit - c’est sa 4ème vertu et pas le moins surprenant de ses principes actifs -, parfois malgré lui, voire contre lui, nombre d’esprits trempés dans le feu et l’eau de la liberté.

C’est souvent de l’intérieur qu’est née la contestation, la mise en doute, l’aiguillon qui oblige à penser, à remettre en jeu, les convictions, condition essentielle d’une foi vivante.

La vérité du catholicisme français est là : dans la promesse de libération qui retentit dans les évangiles dès le début de la vie publique de Jésus de Nazareth.

Contrairement à l’image fausse qu’en donnent ceux qui prétendent tout savoir, la foi, en effet, est une puissance érotique de première grandeur.

Et notre pape, François, n’en a pas peur. Il plaide pour une Eglise qui ne craigne ni les blessures ni les salissures, pour pouvoir redevenir non pas la directrice de conscience du monde, mais l’hôpital de campagne qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, si nécessaire dans la guerre qui fait rage contre l’humanité. Catholiques français, suivez-le ! Soyez à la hauteur du défi. Le Christ se chargera du reste. Vivez en hommes libres et la foi vous sera donnée en plus…

L’audace, l’écart, la fraternité, la liberté…Tout cela n’a d’épaisseur que greffé sur le principe essentiel : l’acte de parole. S’il reste quelque chose de vivant du catholicisme, cela ne tient qu’à la Parole. Parce qu’elle ne cesse de faire son œuvre, c’est elle qui nous permet de vivre en société.

Le christianisme est témoin d’une incarnation de la parole en la personne de Jésus de Nazareth qui manifeste la puissance rédemptrice de cette même parole dès lors qu’un individu lui livre totalement sa propre chair. Au point qu’on peut reconnaître en lui la transcendance même ! Bien souvent les catholiques ont perdu de vue la dynamique dialogale de la parole, pour lui préférer les logiques verticales du dogme ou des rites. Il faut toujours rappeler que la parole reçue appelle l’interprétation, la délibération. Qu’elle n’existe que lorsqu’on lui permet de se déployer dans le dialogue et l’écoute, dans l’ouverture d’un questionnement qui se fait compagnonnage, exploration avec l’autre de l’avenir. Et non pas dans l’assénement de « vérités éternelles non négociables ».

Parler tant de ce qui fait mal, que de ce qui est mal fait,  peut ouvrir la voie à un réajustement sur la dynamique fondamentale : « Je mets devant toi la vie et la mort, choisis  la vie, pour que tu vives, toi et ta descendance » (Deutéronome).

La psychanalyse n’a fait que redécouvrir une vérité profonde de la puissance réparatrice de la parole.

Certes, le temps présent n’offre pas de l’Eglise à laquelle j’appartiens le meilleur des visages, mais à la différence de bien d’autres institutions, au cœur de ce qui la constitue, un principe établit que la mort n’a pas le dernier mot contre l’amour. La parole ne cesse de reprendre chair et donc de vivre. Elle est un présent qui ne s’éteint pas.

Le Concile Vatican II a été la manifestation flagrante de la puissance de la parole échangée.

Je crois que ce mouvement de la parole, à l’origine du monde, est un véritable ferment de la démocratie, quand bien même certains répètent comme un mantra, que le Royaume de Dieu n’a rien de démocratique.

Je ne doute pas une seconde que la marche amoureuse de la parole viendra rendre à ce monde le goût de la vie qui lui manque. La vraie, la seule dynamique du catholicisme est là ! en France, autant qu’à Rome.

Le nouveau pape François libère les forces vives qui ont toujours sauvé le catholicisme français de ses égarements. Au moment du synode c’est de François qu’est venu l’appel au débat dans le peuple de Dieu. La voie est ouverte désormais, pour que naissent les vocations de demain, dans une Eglise qui ne ressemblera bientôt plus, dans ses formes, dans ses structures, à celle qui disparait. Oui, un vieux monde catholique meurt, pour faire place à un nouveau dont nous avons à peine idée. Il vient et il va nous surprendre. Il naît de ce qui a été semé en profondeur depuis longtemps, et notamment des retrouvailles avec la parole qui fonde l’Eglise. Celle que portait Jésus de Nazareth, en annonçant qu’il ne parlait pas de lui-même.

Ce qui meurt, ce n’est pas l’Eglise, mais le langage, les formes, les rites, dans lesquels elle a transmis cette parole depuis quelques siècles.

Ce qui commence doucement à poindre de neuf est le fruit d’un long travail qui remonte avant Vatican II, fruit aussi du dialogue judéo-chrétien ouvert depuis le Concile.

On ne fait que pressentir aujourd’hui le visage de l’Eglise qui vent, mais il s’annonce déjà tout autre. Il parle un langage capable de rendre compte de l’expérience humaine telle qu’elle se vit et se déchiffre dans un dialogue. Ce langage s’apprend dans l’écoute attentive et bienveillante de nos contemporains. Mais il s’enracine simultanément dans la parole contenue dans les textes bibliques et évangéliques.

Non, en dépit des apparences, le catholicisme français n’est pas mort. Il fat sa mue. Il se transforme pour être en état de donner en son temps, à son époque, la puissance de vie qui l’habite, dont il est appelé à être le témoin.

Il faut se mettre en route pour aller ailleurs que du côté de ce qui meurt.

C’est dans ce monde, avec les femmes et les hommes qui l’habitent, que cela se joue dès à présent. Plus encore, ce rapport de foi au monde appelle ceux qui ont reçu le baptême à livrer totalement leur existence à ce mouvement de la parole, à l’incarner, de sorte qu’il soit manifesté en leur propre chair : audace et liberté, écart et fraternité. Cette expérience-là est et sera toujours possible. Elle n’est rien d’autre que l’amour du tout autre et du prochain (les deux premières « paroles » des deux premiers commandements).

Il n’y a pas d’autre chemin, pour manifester à cette humanité qu’elle est aimée, que de partager radicalement sa condition. Il n’y a pas d’autre moyen, pour y faire œuvre de paix, que de donner chair en ce monde à la pulsation amoureuse de la parole.

Le catholicisme français est celui qui peut appeler à entrer dans un chemin d’accompagnement, en acceptant de ne pas rester soi-même intact de la venue de l’autre, des autres.

Nous vivons désormais dans l’interdépendance. C ‘est précisément parce qu’il me semble que, plus que jamais peut-être, notre société a besoin qu’en son cœur quelques-uns vivent pour elle cette expérience, que le catholicisme français a de l’avenir. Il se renouvellera

à la mesure où il y sera fidèle. Le passage n’est pas facile. Il s’apparente à la traversée d’une nuit profonde avec l’angoisse qui l’accompagne dont parle Jean de la Croix.

Notre époque, en ce sens, se voit proposer une expérience mystique celle où il convient, toujours plus, de renoncer aux fausses certitudes, aux illusions spirituelles, aux vieilles nostalgies pour être totalement disponibles à ce (lui) qui vient, sans que nous sachions comment il vient, avec pour seule attitude possible : être totalement présent à la réalité qui s’offre à nous pour y faire l’expérience unique de l’amour.

L’audace et la liberté, l’écart et la fraternité ne manqueront pas au catholicisme français s’il se livre à la dynamique de la parole et s’il lui donne corps ; c’est à cela que l’appelle François.


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