Les origines. – La vie historique





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I

Difficultés contre lesquelles avaient à lutter les hommes d’État de la République.
- Tâche qui leur incombait. - Ils se sont montrés à la hauteur de leur mission.

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Il avait fallu sept années pour vaincre l'ennemi extérieur, il en fallut plus de sept pour triompher des ennemis du dedans, de l'esprit d'insubordination, des rivalités, des jalousies qui, pendant toute la durée de la guerre, avaient failli compromettre la cause de la liberté ; pour adopter une constitution et organiser définitivement la République.
La Confédération n'existait encore qu'en expectative ; elle avait été votée à Philadelphie en 1778, mais l'acte qui la constituait n'avait pas été ratifié par les législatures des provinces lesquelles voulaient garder une autonomie presque complète et ne déléguer au Congrès qu'une part minima de leurs droits et prérogatives. Ce n'est que douze ans plus tard, en 1890, que l'Union fut virtuellement établie, par l'adhésion de tous les États.
La nation victorieuse restait faible, appauvrie, désorientée. Les provinces n'avaient plus entre elles le lien de cohésion qu'avait constitué le danger commun ; elles étaient divisées sur des questions d'intérêt et se faisaient une guerre de tarifs. Il fut même question, un moment, de partager le pays en treize républiques indépendantes.
Le trésor public était vide ; un papier-monnaie différent avait cours dans chaque État et partout ce papier-monnaie était déprécié. Les législatures se refusaient à taxer les contribuables pour faire face aux intérêts de la dette. Le crédit de la République était fort ébranlé, sinon ruiné en Europe, et l'on n'aurait guère été justifiable de compter encore sur le bon vouloir de la France, car, en 1782, Franklin, Adams et John Jay 1, à l'instigation de ce dernier, avaient signé séparément la paix avec l'Angleterre, violant ainsi les engage­ments pris en 1778 par les États-Unis envers la puissance dont le concours avait assuré leur succès.
L'armée qui, après les préliminaires de la paix, avait songé à la révolte et n'avait pu être maintenue dans le devoir que grâce aux efforts de Washington, était maintenant congédiée, et les soldats réclamaient avec des menaces, les arrérages de solde qui leur étaient dûs 2. Quelques émeutes éclatèrent, même, à Philadelphie au printemps de 1783.
Les lois étaient lettre morte. Dans le Massachusetts, des bandes de socia­listes, au nombre d'environ 15.000, s'étaient organisées, réclamant le partage des terres et ce n'est qu'après une assez longue période de troubles que les milices de cet État étaient parvenues à rétablir l'ordre.
Nous avons vu qu’avant la guerre, les planteurs du Sud étaient endettés en Angleterre, pour des sommes considérables. Pendant la période révolution­naire, ils ne s'étaient pas occupés de leurs créanciers et avaient pris l'habitude de ne pas les payer. Or, ceux-ci réclamaient maintenant et comme les tribu­naux américains restaient fermés à leurs réclamations, le gouvernement anglais refusait de ratifier le traité de 1783 et d'évacuer les postes militaires des grands lacs.
« Les récoltes étaient bonnes, dit Mac Master 1, mais un fermier qui voulait une paire de bottes, était obligé de courir de village en village, pour l'obtenir, en échange de quelques boisseaux de grain ». Il y avait beaucoup de misère dans les villes ; les procès, les saisies abondaient et les agents d'affaires et usuriers profitaient comme toujours, de la pénurie générale, pour exagérer leurs exigences.
On n'avait pas encore eu le temps de voter des lois pour la réglementation du commerce, et en attendant, les Anglais encombraient les États-Unis de leurs marchandises.
En un mot, tout était confusion, désordre, incohérence, et il semblait que l'on fût à la veille de l'anarchie.
Rétablir l'ordre et la légalité; unir par des liens d'intérêt commun et de sympathie plusieurs groupes étrangers ou hostiles les uns aux autres ; obtenir de chacun les concessions nécessaires ; solder des dettes considérables ; reconstituer un trésor ruiné ; ouvrir des voies au commerce, telle était la tâche qui s'imposait tout d'abord aux membres du Congrès.
Il fallait encore, en prévision de l'avenir qui s'ouvrait, façonner à la nation un moule si large que des éléments venus de tous les coins du monde pussent y prendre place et s'y développer à l'aise. Il fallait trouver pour la direction et la conduite des affaires publiques, des formules si absolument conformes aux tendances et aux intérêts constants de la nature humaine, qu'elles pussent être appliquées par des populations d'émigrés de vingt pays divers.
Bien peu d'hommes dans les masses devaient avoir à cette époque la vision grandiose d'une république s'étendant sur plus de la moitié d'un conti­nent et qui servirait de refuge aux malheureux et aux indigents du Vieux-Monde ; il fallait ouvrir l'esprit du peuple à ces vastes espoirs, afin d'obtenir sa collaboration efficace.
Les hommes de la Révolution se sont montrés à la hauteur de leur tâche et, pendant un quart de siècle, restés constamment sur la brèche, ils ont prêché la parole de paix, d'union, de solidarité, de fraternité.
Ainsi se sont réalisés aux États-Unis quelques-uns des axiomes formulés par les penseurs, sur les phénomènes qui accompagnent et suivent les révolu­tions :
« Ne remuer pas le fond d'une nation, a-t-on dit, car alors les éléments malsains et dangereux qu'il renferme, remontent à la surface ».
« Presque toujours, les cataclysmes qui bouleversent la vie des peuples font surgir les grands hommes nécessaires ».
« À la suite des époques de grandes commotions, les âmes sont dans un état de réceptivité et toute semence qu'on y jettera, bonne ou mauvaise, y devra germer ».
Nous avons vu que si aucun élément dangereux n'avait surgi du fond de la nation, les passions turbulentes et l'esprit d'indiscipline s'étaient donné libre cours. Une pléiade d'hommes éminents, comme il a rarement été donné au monde d'en contempler autant, réunis au même endroit et vivant à la même époque, s'était levée à l'horizon de la République. En dépit de l'égoïsme ambiant, Washington et ses collaborateurs trouvaient un terrain bien préparé. Pendant sept années d'une guerre où s'était joué l'avenir de la patrie, les âmes avaient été remuées, elles avaient vibré aux saints enthousiasmes, elles s'étaient élevées, pendant quelques instants au moins, à la compréhension du dévouement et du sacrifice ; une vie supérieure s'était affirmée en elles, elles étaient prêtes à recevoir la bonne semence.
Il fallait profiter de ces dispositions heureuses pour établir la justice et la tolérance sur les bases inébranlables que constituent pour tout homme né en pays britannique, des lois écrites, des préceptes édictés par un parlement ou une législature. Jefferson qui a joué, après Washington, le rôle le plus impor­tant dans l'établissement de l'Union, l'avait compris ainsi. Ne se sentant pas la vocation militaire, il s'était appliqué pendant la guerre, dans la législature de la Virginie où il jouissait d'une grande influence, à combattre toute réaction royaliste, à extirper tous les germes de centralisation à outrance et à assurer les libertés locales.
Il s'était efforcé de faire abolir dans cet État, la religion établie, le droit d’aînesse, les substitutions et toutes les lois qui auraient pu mettre obstacle au bon fonctionnement de la constitution idéale qu'il rêvait de faire adopter par l'Union.
« Les chaînes qui n'auront pas été brisées à la fin de cette guerre, disait-il 1, subsisteront longtemps et deviendront de plus en plus lourdes jusqu'à ce qu'enfin nos droits revivent ou succombent, au milieu des convulsions politiques ».


II

On offre la couronne à Washington. - L'ordre des Cincinnati

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Les tendances royalistes de certains groupes de la population restaient très marquées, principalement dans le Sud et à l'issue de la guerre un nombre considérable d'officiers de l'armée avaient offert la couronne à Washington. Le colonel Lewis Nicola qui s'était fait l'interprète de ses collègues, auprès du dictateur, reçut de celui-ci la réponse suivante, admirable de patriotisme, de désintéressement et de sincérité.
« C'est avec un mélange de surprise et de douleur que j'ai lu attentivement les pensées que vous m'avez soumises. Soyez en bien sûr, monsieur, aucun événement dans le cours de cette guerre ne m'a autant affligé que d'apprendre par vous que de telles idées circulent dans l'armée ; je dois les regarder avec horreur et les condamner sévèrement... Je cherche en vain ce qui dans ma conduite, a pu encourager une proposition qui, à moi, me semble grosse des plus grands malheurs qui puissent fondre sur mon pays... »
L'organisation en 1784 d'un ordre de chevalerie héréditaire « Les Cincinnati » dont devaient faire partie seulement les officiers de l'armée et de la marine et la manière dont cette innovation fut repoussée par la nation, est l'un des faits les plus caractéristiques des premières années de la République. Elle fut combattue par la plupart des législateurs de l'Union ; Franklin entre autres, la tourna en ridicule avec beaucoup d'humour, dans une lettre écrite de Paris où il était accrédité comme représentant de son pays.
« Dans la rédaction des articles de l'Acte de confédération, disait-il, la sagesse collective de la nation a manifesté sa répugnance à établir des rangs de noblesse et je suis étonné d'apprendre qu'en présence de ce fait, un certain nombre de gentlemen aient conçu le désir de se mettre, eux et leur postérité, à l'écart de leurs compatriotes et d'établir un ordre de chevalerie héréditaire... Ces choses se font avec beaucoup plus de sens commun en Chine. Là les honneurs se communiquent aux ascendants de l'homme revêtu d'un titre au lieu qu'en Occident on veut que ce soit à ses descendants. Dans le Céleste-Empire si un homme du peuple, en raison de sa science, de sa sagesse dans les conseils ou de sa valeur dans les batailles est gracieusement élevé par l'empe­reur au rang de mandarin, il partage cette distinction avec ses parents. À partir du moment même de son élévation, son père et sa mère ont droit de porter les décorations qu'il porte, de recevoir les marques de déférence que lui-même reçoit et d'être traités avec le même cérémonial. » Puis Franklin partait de là pour prouver qu'avec nos distinctions occidentales, la gloire diminuait à mesure que les générations s'éloignaient de celui qui le premier avait été revêtu de distinctions honorifiques. Le fils d'un chevalier de l'ordre des Cincinnati n'aurait déjà plus que la moitié de la gloire attribuée à son père, le petit-fils n'en aurait plus que le quart et à la neuvième génération, cette gloire serait réduite à la 511e partie. Lorsque les insignes et les titres des Cincinnati auraient été transmis au fils aîné de la neuvième génération, la part de celui-ci ne serait plus que la 1022e de celle de son glorieux ancêtre.
Samuel Adams s'étonnait de ce que, chez un peuple qui avait versé son sang et épuisé son trésor, pour défendre l'égalité des droits, il y eût des gens qui voulussent créer des distinctions héréditaires entre les familles. « Il faudrait que ce peuple fût tombé dans la bassesse et l'avachissement, disait-il, pour que des citoyens y supportassent patiemment quelques-uns de leurs compatriotes se pavanant au milieu d'eux avec leurs décorations et se targuant de la noblesse de leur sang. »
Les journaux s'insurgèrent en masse contre cet ordre « tendant à faire du reste de la nation des roturiers et des plébéiens. »
Les Cincinnati ne résistèrent pas, bien que le général Washington lui-même fût l'un des leurs. Rien n'est resté de cette tentative aristocratique que les protestations indignées de ses adversaires, les affirmations énergiques en faveur de l'égalité qui ont exercé une influence marquée sur l'orientation du peuple américain et un volume attribué à Mirabeau et qui fit quelque bruit, en France, au moment de la Révolution française.


III

La Constitution. -Les enseignements des fondateurs de l'Union.

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Le 14 mai 1787, une Convention nationale fut réunie à Philadelphie dans le but de discuter et de, voter la constitution définitive des États-Unis. Les débats eurent lieu à huis-clos et durèrent quatre mois ; la constitution fut adoptée et signée le 17 septembre suivant 1.
Jefferson avait adressé de Paris à la Convention un plan de constitution « qu'il résumait ainsi : « Faire des Américains une seule nation, sur toutes les questions touchant à la politique extérieure et des nations séparées sur toutes les questions purement domestiques ». Il semble qu'à ce plan aient été empruntés le plus grand nombre des articles qui furent adoptés. La constitu­tion complète harmonieusement la déclaration de l'indépendance rédigée par le même Jefferson en 1776.
Tout a été dit sur cet admirable document dont un éminent prélat romain, Mgr Satolli, affirmait il n'y a pas longtemps, « qu'il contient avec l'Évangile du Christ, la charte de l'esprit humain ».
Je ne veux retenir en passant qu'une seule de ses dispositions dont beau­coup de peuples d’Europe pourraient s'inspirer. Après avoir assuré à chaque citoyen la liberté et l'égalité devant la loi, la Constitution pourvoit à ce que toutes les forces vives de la nation soient mises en action et à ce que les administrations publiques ne puissent pas immobiliser les énergies et les talents. « Chez les Anglais, dit un publiciste de ce temps, les emplois procu­rent des rangs et des richesses et élèvent souvent trop haut ceux qui en sont revêtus ; chez les Américains les offices ne donnant ni argent, ni considération ne seront à la vérité ni brigués ni achetés, mais ils seront si peu estimés que les meilleurs citoyens les éviteront au lieu de les rechercher ».
L'article concernant la liberté des cultes ne fut ajouté à la Constitution, comme amendement qu'en 1789, alors qu'il fut décrété que : « Le Congrès ne pourra rendre aucune loi pour établir une religion ou en prohiber le libre exercice » et « qu'aucune qualification religieuse ne sera exigée, pour per­mettre à un citoyen d'occuper une fonction gouvernementale ou un poste de confiance dans l'État ».
Washington avait été favorable à cette mesure, il écrivait à Lafayette, en date du 15 août 1785 : « Je ne souhaite pas moins que vous, de voir triompher vos idées sur la tolérance en matière religieuse. N'étant moi-même bigotement attaché à aucune forme de culte, je suis disposé à laisser ceux qui professent le christianisme dans l'Église, suivre celle des routes du ciel qui leur semblera la plus directe, la plus unie, la plus facile, la moins sujette à objections ». L'adhé­sion des États à la constitution eut lieu à différentes dates, en 1781, 1788, 1789 et 1790. Le Rhode-Island la ratifia le dernier, le 29 mai 1790.
Washington fut élu président de la République le 30 avril 1789, et dès lors la nation entra dans la voie de la prospérité et du progrès.
« C'est une tradition nationale, dit un écrivain américain 1 de considérer les membres de la Convention de 1787, comme des demi-dieux, des géants, des héros... pendant que la constitution elle-même a été placée sur un piédestal et adorée comme une idole... mais en en faisant une idole populaire, nous ris­quons fort de perdre précisément les bénéfices que ses mérites doivent nous assurer. Ce qui doit, à juste titre, exciter notre admiration, c'est l'harmonie complète de ses principes avec l'évolution politique de la nation et non la finesse et la pénétration politique des hommes qui l'ont promulguée.
« Par conséquent, au lieu d'être la création spontanée du peuple américain au XVIIIe siècle, les constitutions des États et la constitution fédérale des États-Unis, ne sont que des développements naturels et logiques de la consti­tution anglaise, modifiés quant aux détails et dans quelques principes fondamentaux, par les circonstances nouvelles et par le milieu ».
Mais ces « modifications quant aux détails et à quelques principes fonda­mentaux » prouvent, au contraire, croyons-nous, la finesse et la pénétration politique des hommes qui ont promulgué la constitution américaine. Le fait d'avoir pu imposer cette charte admirable de tolérance, de liberté et d'égalité à autant d'éléments hétérogènes et fanatiques, prouve leur influence extraor­dinaire sur les esprits, leur action sur les hommes et leur connaissance des ressorts intimes qui les font agir.
Avoir établi cette « harmonie complète des principes avec l'évolution politique de la nation » ; avoir transformé les lois d'un pays à castes aristocra­tiques en lois à l'usage d'une démocratie ; avoir prévu la croissance prodi­gieuse de ce pays et avoir donné à ses institutions, la largeur et l'ampleur suffisantes pour leur permettre de se prêter harmonieusement à cette crois­sance, c'est là l'œuvre de grands hommes et de sages, sinon de héros et de demi-dieux.
Les systèmes politiques basés sur la justice, les principes humanitaires ne datent certes pas de la fin du dix-huitième siècle ; depuis longtemps déjà, les ouvrages des philosophes en étaient remplis ; le difficile c'était d'appliquer ces principes, de les faire accepter, d'en faire le code d'une nation naissante.
La révolution française pour laquelle tant de sang, tant d'énergie, tant d'efforts de tous genres ont été prodigués, a aussi affirmé les droits de l'hom­me, proclamé l'avènement du règne de l'égalité, de la liberté, de la fraternité. Qu'en est-il résulté ?
Dès la réunion des premières assemblées tenues en faveur de la déclara­tion de l'indépendance, le but que poursuivent les chefs de la nation est clairement indiqué. En 1776, au congrès de Philadelphie, John Lee dit au peuple des colonies : « L'Europe a les yeux sur nous, elle nous demande de donner un vivant exemple de liberté qui formera contraste, dans le bonheur du citoyen, avec la tyrannie toujours grandissante qui désole ses rivages corrompus ; elle nous invite à préparer un asile où les malheureux trouveront une consolation et les persécutés le repos ».
« Nous devons travailler plutôt pour l'avenir que pour le présent, écrivait quelques années plus tard John Adams, qui fut le deuxième président de l'Union. Je fais bâtir une maison de campagne et j'ai des enfants en bas âge. Sans doute, je dois disposer leurs logements pour le temps où ils seront grands et où ils se marieront. Nous n'avons pas négligé cette précaution ».
Les fondateurs de l'Union ne se contentent pas de discuter entre eux et de formuler d'une manière succincte, pour en faire les articles d'un code de lois, les idées et les principes élevés qu'ils réussiront à imposer à l'approbation des Chambres ; ils les développent au milieu des masses, par les discours et par le livre. Les essais publiés par Franklin, John Jay, Hamilton, les discours de Washington, les mémoires et écrits de Jefferson abondent en leçons de haute philosophie morale et de sagesse politique. On les cite encore, car les doctri­nes de ces hommes ont été, jusqu'à nos jours, les guides de la nation améri­caine, les ancres qui l'ont retenue sur le bord des écueils.
Tous les ans, à l'ouverture du Sénat, le discours d'adieux de Washington est lu publiquement à cette assemblée. Eu voici quelques extraits :
« Ne nous permettons qu'avec beaucoup de réserves, de supposer que la moralité puisse être maintenue sans la religion. Quelle que soit l'influence qu'exerce la haute culture sur des esprits d'une certaine envergure, la raison et l'expérience nous défendent d'espérer que la moralité nationale puisse être maintenue à l'exclusion des principes religieux. Il est substantiellement vrai que la vertu ou la moralité est une source nécessaire du gouvernement popu­laire... Le patriote peut regarder avec indulgence sinon avec faveur, l'esprit de parti dans les pays monarchiques, mais c'est un mal sous un gouvernement populaire... « Cultivez la paix et l'harmonie avec toutes les nations... Il est digne d'une nation libre, éclairée qui sera, à une époque qui n'est pas éloignée, une grande nation, de donner à l'humanité ce magnanime et nouvel exemple de populations toujours guidées par un sentiment de justice élevé et par la bienveillance... Rien n'est plus essentiel que d'exclure les antipathies invé­térées contre certaines nations et un attachement passionné pour d'autres. Il faut, au lieu de cela, professer pour toutes des sentiments amicaux. La nation qui entretient pour une autre nation, une haine habituelle ou une tendresse habituelle, est en quelque sorte, une esclave. Elle est l'esclave de son amour ou de sa haine ; l'un ou l'autre de ces sentiments est suffisant pour lui faire perdre de vue son devoir ou ses intérêts... « Notre grande règle de conduite vis-à-vis des nations étrangères, devra être, tout en développant nos relations commerciales d'avoir avec elles, aussi peu de relations politiques que possible ».
Jefferson insistant sur cette réserve vis-à-vis des peuples d'Europe disait « qu'il valait mieux porter des vivres et de la matière première aux artisans européens que de les amener eux-mêmes, aux vivres et à la matière première, avec leurs habitudes et leurs principes ».
En 1785, il écrivait de Paris : « Si je m'en rapportais à mes propres théories, je souhaiterais que les États-Unis n'eussent ni commerce ni navi­gation et se trouvassent vis-à-vis de l'Europe, absolument sur le même pied que la Chine ».
Jusqu'à l'époque de la guerre, les colonies s'étaient développées sous l'égi­de de principes exclusifs, les préceptes étaient tombés de la chaire, la théologie avait été presque le guide unique. Nunc cedat cathedra rostro. Le mot d'ordre désormais sera donné surtout de la tribune. Le peuple a subi longtemps la discipline d'un collège, il passe maintenant à l'adolescence, il est émancipé, mais son éducation se continue et enseignement post-scolaire va lui être distribué pendant de longues années encore, par la bouche de ses grands hommes.
Par la mise en vigueur de la constitution et l'élection d'un président, la République américaine prend définitivement sa place parmi les nations du monde.
Les lois désormais auront une sanction, le Congrès sera en état de faire exécuter ses décisions ; les percepteurs du revenu seront revêtus d'assez d'autorité pour pouvoir s'acquitter de leur tâche ; les troupes de l'Union feront respecter la légalité.
Le Congrès, malgré une opposition assez forte, décide de ratifier l'article XII de « l'Acte de Confédération » et de se charger au nom de la République, de toutes les dettes contractées par les provinces, pour la cause commune. Dès lors la confiance renaît, le crédit de la nation se rétablit et le progrès matériel va pouvoir s'affirmer sans entraves.


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