Les origines. – La vie historique





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IV

Autres immigrants. - Proportion des Américains de naissance
et des Américains d'extraction étrangère.

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Après les Irlandais et les Allemands, l’émigration qui a le plus fourni à la population de l'Union est probablement celle de la Suède-Norvège. En 1860 d'après les autorités les plus compétentes, les Suédois et Norvégiens étaient déjà aux États-Unis, au nombre de 200,000 ; la plupart habitant les États du Wisconsin, du Missouri, de l'Iowa et du Minnesota. Depuis cette époque, ils y ont émigré dans les proportions suivantes 2.


1861-70

117.799

1871-80

226.488

1881-90 environ

370.000

1891

53.400

1892

57.724

1893

52.000

1894

20.000

1895

38.000


En 1892, les États-Unis comptaient une population de 500,000 Hongrois 1. L'immigration de Hongrie a commencé en 1849 ; dans la seule année 1892 elle s'est élevée à 34,000 et à environ 15,000 par année à partir de 1880.
En 1871, la population italienne des États-Unis ne dépassait pas 70,000 âmes. De 1873 à 1884, l'immigration d'Italie constatée officiellement par les autorités américaines a atteint le chiffre de 145,616 et de 1885 à 1895 celui de 518,501, elle a été très considérable depuis cinq ans.
D'après les statistiques officielles, l'émigration des Français aux États-Unis, de 1820 à 1889 2, s'est élevée à 357.333 âmes ; celle des Danois à 127.642 et celle des Suisses à 160.201.
Il y aurait à noter aussi, en ces dernières aunées, une immigration assez considérable d’Autriche et de Russie ; la première ne modifie que légèrement le chiffre de la population allemande de l'Union, un bon nombre des émigrés étant des Polonais et des Tchèques, des Polonais surtout. L'immigration russe se compose presque exclusivement de Juifs.
Les Canadiens-Français comptent aujourd'hui dans les États de l'Est et de l'Ouest, une population d'environ 1.300.000. Les Canadiens-Anglais ont émigré dans l'Ouest, paraît-il, au nombre de cent cinquante ou deux cent mille.
Les Français forment quelques groupes importants à New-York, San Francisco, Los Angeles ; les Louisianais de race française sont environ 250.000.
Les Noirs qui étaient 7.700.000 en 1890 dépasseront probablement au census de 1900, le chiffre de 9 millions.
Les Chinois sont nombreux dans quelques grandes villes et ils ont un ou deux représentants, dans la plupart des villes et villages de l'Union où ils exercent le métier de blanchisseurs.
249.273 Indiens ont été inscrits au recensement de 1890, ce nombre n'aura pas dû augmenter depuis dix ans.
Les Juifs, enfin, comptent aujourd'hui une population de plus d'un million d'âmes aux États-Unis et ils y émigrent continuellement en nombre consi­dérable d'Allemagne, d'Autriche et de Russie. Ils sont très puissants à New-York, y formant une colonie de 150.000 âmes. Des 400 édifices qui s'étendent sur le Broadway, de Canal-Street au Union Square presque tous sont occupés par des Juifs ; plus d'un millier de maisons de gros sur un total de 1200 appartiennent à des individus de cette race 1.
Une fusion complète s'est accomplie peu à peu entre plusieurs des éléments divers dont se compose la nation américaine ; d'abord au sein des groupes entre lesquels les croyances religieuses ne créaient pas une barrière infranchissable : puritains et épiscopaliens anglo-saxons, presbytériens irlan­dais, luthériens a Allemands, Huguenots, Hollandais ; plus tard entre Irlandais, Allemands, Polonais, Hongrois catholiques, puis dans l'Ouest entre les représentants de toutes les nationalités qui s'y sont donné rendez-vous, au hasard des rencontres et des sympathies. Peut-être reste-t-il dans le Massachusetts, le New-Hampshire, le Vermont, le Maine, un certain nombre de familles chez lesquelles le New-England blood est sans mélange. Peut-être les descendants ruinés de quelques grands planteurs de la Virginie, ont-ils tenu à épouser des femmes dans la caste exclusive à laquelle ils appartenaient autrefois. Peu de familles, en dehors des émigrés des quarante dernières années, sont exclusivement anglaises, exclusivement irlandaises, exclusive­ment allemandes par le sang.
Les races se sont cependant perpétuées distinctement, par leurs représen­tants mâles et si les noms n'avaient pas été si souvent modifiés, nous pourrions indiquer la part revenant à chaque nationalité dans la formation de la population américaine en un tableau qui serait à peu près celui-ci.



Irlandais et descendants d'Irlandais…………………………

26.000.000

Allemands et descendants d'Allemands

20.000.000

Descendants de Puritains, de Virginiens et d'Anglo-saxons de vieille souche américaine……………………………………


6.000.000

Descendants de Hollandais…………………………………

1.000.000

Descendants de Huguenots…………………………………

700.000

Écossais et descendants d'Écossais…………………………

3.000.000

Scandinaves…………………………………………………

2.500.000

Polonais 2……………………………………………………..

2.000.000

Tchèques et Slaves d'Autriche

600.000

Hongrois

600.000

Émigrés anglo-saxons, Canadiens anglais et descendants

1.500.000

Canadiens- français…………………..

1.300.000

Belges, Suisses, Français……………..

1.000.000

Espagnols, descendants d'Espagnols et Portugais 3

500.000

Italiens

1.600.000

Indiens et Chinois

500.000

Nègres

9.000.000

Juifs

1.100.000




78.000.900


En 1890, sur une population blanche totale de 34,983,890 1, étaient nés aux États-Unis, de parents américains 34,358,348 individus ; de parents étrangers 11,503,675 ; et nés à l'étranger, 9,249,597, ainsi répartis :
Massachusetts, New-Hampshire, Connecticut, Maine, Vermont, Rhode-Island, New-Jersey, Delaware, New-York, Pennsylvanie. Nés de parents américains 51,93 0/0. Étrangers et fils d'étrangers, 48,07.
Ohio, Indiana, Illinois, Michigan, Wisconsin, Minnesota, Iowa, Missouri, les deux Dakotas, Nebraska, Kansas. Nés de parents américains 55,91. De naissance ou d'extraction étrangère, 44,09.
Montana, Wyoming, Colorado, Nouveau-Mexique, Arizona, Utah, Nevada, Idaho, Washington, Orégon, Californie. Nés de parents Américains 51,83. De naissance ou d'extraction étrangère, 48,17.
Dans les États du Massachusetts, du Connecticut, du Rhode-Island, du New-York, de l'Illinois, du Michigan, du Wisconsin, de l'Illinois, du Minne­sota et des deux Dakota, l'élément de naissance ou d'extraction étrangère com­prenait plus de la moitié de la population ; dans les anciens États esclavagistes du Sud, il ne comprenait que 9 ou 10 pour 100 de la population blanche totale.


V

Caractère général des immigrants. Agences d'émigration.
- Les traversées sur l'Atlantique

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L'émigration qui a fourni à l'Union les trois quarts de sa population actuelle, ne s'est pas recrutée, comme à l'époque coloniale, parmi les victimes de l'intolérance et du fanatisme religieux, non plus que parmi les repris de justice et les anciens forçats ; mais pour l'immense majorité parmi les pauvres, les déshérités de la vie, les victimes des inégalités sociales. Bien peu d'entre ceux qui sont venus s'établir en Amérique depuis 1785, ont apporté à leur nouvelle patrie des âmes affinées au contact de civilisations supérieures, l'appoint d'une haute culture intellectuelle, les lumières de la science du Vieux Monde. Tous ont apporté la force de leurs muscles, la vigueur de leurs bras, la saine hérédité de longues générations de travailleurs, l'âpre énergie d'hommes que l'oisiveté ou la satiété des jouissances n'a pas amollis. Quoiqu'on en ait dit, il n'a dû se trouver au milieu de ces émigrants qu'un nombre fort restreint de scélérats endurcis, de criminels invétérés, et ceux-là, dès leur arrivée, se sont enfouis dans les bas-fonds des villes populeuses.
D'autres, quelques malheureux qui avaient pu, un instant, céder aux funes­tes suggestions de la misère sont venus chercher dans le Nouveau-Monde la réhabilitation et la régénération par le travail.
Les nouveaux venus ont contribué dans la même mesure que les anciens colons, au développement des ressources et de la richesse du pays ; car on leur avait gardé leur part d'obstacles à renverser et de luttes à livrer ; ils ont été, eux aussi, comme les hommes des générations précédentes, des pionniers, des fondateurs de villes, des créateurs de territoires et d'États.
Les émigrants de la première partie du siècle, avant l'ère des bateaux à vapeur, étaient presque tous des jeunes gens, des journaliers, laboureurs et artisans, ils ont été conséquemment, dès leur arrivée, des producteurs, donnant plus à leur pays d'adoption qu'ils n'en avaient reçu. « À l'heure qu'il est, écrivait M. de Molinari en 1886 1, il y a plus d'un million d'étrangers en France, soit 1 pour 73 Français. Supposons qu'au lieu d'importer ce million de travailleurs adultes qui sont venus combler le déficit de sa population, la France les eût élevés elle-même que lui auraient-ils coûté? Pour obtenir un million d'hommes âgés de vingt ans, il faut mettre au monde environ 1.300.000 enfants. Or veut-on savoir ce que coûte en moyenne l'élève et l'éducation d'un million d'adultes : trois milliards cinq cent millions de francs.
C'est donc une somme de 3.500.000.000 que la France a épargnée en important des travailleurs tout élevés au lieu de les élever elle-même ; et cette épargne n'a-t-elle pas contribué pour sa bonne part à l'expansion de la richesse publique et privée ? »
Ce n'est pas d'une importation d'un million seulement mais de quinze ou vingt millions d'étrangers adultes que les États-Unis ont bénéficié matérielle­ment en ce siècle.

*

**

La plupart de ces étrangers ont été invités à venir en Amérique. Dès 1820 des agences furent établies en plusieurs pays d’Europe et principalement en Allemagne, afin d'attirer des émigrants vers les nouveaux États de l'Ouest. Les agents, généralement peu scrupuleux, touchaient une somme de – pour chaque émigrant qu'ils recrutaient et, on le comprend, étaient prodigues de promesses. Mais les perspectives brillantes qu'ils faisaient luire aux yeux du pauvre paysan hessois ou westphalien, disparaissaient bientôt pour faire place à de douloureuses réalités dès qu'on avait quitté les rives du pays natal.
Car avant l'ère des bateaux à vapeur surtout, elles étaient terribles les traversées des émigrants sur l’Atlantique. Entassés les uns sur les autres comme un vil bétail, à peine nourris, maltraités par les hommes de l'équipage, un grand nombre de ces pauvres gens mourraient avant de toucher le sol américain. Ils arrivaient affamés, sales, souvent meurtris de coups et malades, puis se heurtaient à la rapacité d'aubergistes, de logeurs, d'exploiteurs de toutes sortes qui gagnaient leur confiance, les dépouillaient sans pitié et les abandonnaient 1. Souvent des émigrés débarqués en bonne santé, ont succom­bé au bout de quelques semaines à la faim, à la maladie et à l'ennui. Heureux ceux qui trouvaient au débarcadère un parent ou un ami déjà établi; mais il arrivait même que, parmi leurs exploiteurs, se trouvaient d'anciens compa­triotes.
Des sociétés fondées surtout parmi les Allemands, à New-York, Philadel­phie et Baltimore, pour venir en aide aux émigrants finirent par remédier à cet état de choses. Puis les conditions de l'émigration comme tout le reste, se sont améliorées. En 1838 Samuel Cunard inaugura la première ligne de transatlan­tiques ; des groupes d'individus de même nationalité se formèrent un peu partout et grâce à eux, les émigrés retrouvaient bientôt sur le sol américain, un peu de la patrie absente.
Aujourd'hui, qu'ils viennent d'Allemagne, d'Irlande, de Suède ou d'Italie, les passagers d'entrepont des transatlantiques sont presque tous certains de rencontrer, en arrivant, quelques-uns de leurs nationaux, sinon des parents et des amis. La spéculation et l'exploitation éhontées d'autrefois ne sont plus possibles.
Ils est encore pénible cependant l'aspect d'un de ces navires mouillant en rade de New-York ou de Philadelphie.
Pendant les huit ou dix jours de traversée, les pauvres émigrants se sont amusés entre eux, ont chanté des chansons du pays natal, dansé gaiement au son d'un accordéon ou d'une guitare ; mais voici la terre de l'exil, l'inconnu... La foule qui encombre les quais se montre peu sympathique en général et très souvent hostile ; eux, attristés maintenant, l'air craintif y cherchent une figure de connaissance, quelquefois en vain ; ils constatent que leur costume jure avec celui de leurs nouveaux compatriotes, ils saisissent sur les figures des sourires et des regards méchants à leur adresse, ils entendent faire dans une langue étrangère, des observations qu'ils devinent être cruelles ou moqueu­ses... Peut-être se trouve-t-il au milieu de ces gens qui débarquent chargés de leur humble paquet de litige et de vieux habits quelque individu qui sera un jour un des puissants de la terre, un roi du blé, du pétrole, ou de l'or ......................
Je vous assure qu'à ce moment là, il n'a pas l'air d'un conquérant.


FIN DU PREMIER VOLUME.


1 The Great Republic p. 91 (Londres 1884).

1 Ces lignes ne s'appliquent pas à l'excellent ouvrage de Matthew Arnold « La civilisation aux États-Unis », non plus qu'à quelques autres.

2 Il serait injuste de ne pas rendre hommage aux études si impartiales et d'un esprit si élevé qu'ont publiées sur les institutions et la vie américaines, MM. Russell Lowell, Godkin et plusieurs écrivains des grandes revues.

1 Si l'on se rappelle qu'en 1776,
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