Les origines. – La vie historique





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II

Le Maryland. - Domaine féodal. - Pouvoirs du seigneur, Lord Baltimore. - Liberté de conscience. - Difficultés administratives. - Protestants et catholiques. - Les Convicts au Maryland. - L'État social.

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Le Maryland fut un véritable domaine féodal dont le roi d'Angleterre fit cadeau à lord Baltimore. Le propriétaire y recevait les impôts, nommait à toutes les fonctions publiques, enrôlait des milices pour la défense du terri­toire, imposait des droits sur les bateaux des colonies voisines qui entraient dans ses ports, etc., etc. Comme le roi son suzerain, il exerçait tous les droits de souveraineté compatibles avec la constitution anglaise et les institutions du gouvernement local, auxquelles tenaient avec opiniâtreté tous les sujets de la Grande-Bretagne, si infime que fût leur position sociale. La colonie jouit tout d'abord d'une grande prospérité. Les premiers colons qui y furent envoyés en 1633, au nombre de trois cents, étaient presque tous des cultivateurs et des artisans, en majorité catholiques. Le terrain était distribué de la même manière qu'en Virginie ; c'est-à-dire proportionnellement au nombre de serviteurs amenés par les colons et aux sommes versées par eux. Le propriétaire et la législature, se conformant à l'usage de cette époque, édictèrent des lois sévères et firent régner une discipline fort austère dans la province ; plusieurs crimes étaient punis de mort, entre autres le blasphème, la sorcellerie, l'idolâtrie et le sacrilège. Le Maryland est la première des colonies anglaises où fut établie la liberté de conscience absolue, ce qui en fit le refuge des dissidents de toutes les sectes et donna de suite, un grand essor au développement de sa popu­lation.
La paix cependant ne régna pas longtemps des difficultés s'élevèrent d'abord entre le propriétaire et la Virginie, les Virginiens prétendant que le territoire dont se composait ce domaine leur appartenait. La question fut portée à Londres, et lord Baltimore eut gain de cause.
Cette querelle n'était pas plutôt réglée que les dissensions religieuses com­mencèrent. Un certain nombre de puritains avaient fondé dans le Maryland une ville appelée Annapolis, y avaient bâti une église et s'étaient constitués en gouvernement local ; l'arrivée au pouvoir du Parlement en Angleterre, leur permit de reconnaître l'hospitalité du propriétaire en fomentant des troubles et en persécutant les catholiques et les loyalistes. Quand vint la Restauration, lord Baltimore eut le tort de leur pardonner ; les désordres continuèrent, les difficultés s'envenimèrent et finalement, en 1692, ce seigneur fut frustré de son domaine, et le Maryland devint province royale.
À partir de cette époque les protestants gagnèrent continuellement du ter­rain, et en 1704, ils purent faire voter par la législature une loi établissant un droit de vingt schellings 1 sur l'importation de chaque serviteur irlandais « afin d'empêcher la trop grande multiplication des papistes ». En 1715, lord Balti­more, sixième du nom, s'étant converti au protestantisme, fut réintégré dans ses droits, et dès lors, les catholiques furent virtuellement persécutés, bien que la liberté des cultes restât statuée dans les lois de la colonie. Ce lord Baltimore était de mœurs très dissolues. « Des repris de justice, des libertins, des ivrognes, dit Bancroft furent par lui nommés aux cures des quarante paroisses anglicanes qui existaient alors dans le Maryland ». Les mêmes mesures arbitraires et oppressives au moyen desquelles le gouvernement de Cromwell avait cherché à protestantiser l'Irlande furent employées contre les catholiques de la province. La population ne s'en accrut pas moins très rapidement. En 1710, elle était de 30,000 âmes.
En 1748, elle comprenait 98,357 hommes libres, 6,870 serviteurs blancs et 36,000 Noirs. D'après Bancroft, les catholiques formaient la moitié de la population totale en 1754.
Le recrutement des colons paraît s'être fait sur les mêmes bases qu'en Virginie et parmi les mêmes éléments peu recommandables. « De 1700 à 1760, dit Pitkens 1, le commerce néfaste et pestilentiel des convicts a augmen­té dans des proportions considérables. Trois ou quatre cents convicts étaient importés annuellement dans la colonie et les habitants commencèrent à se plaindre ».
La Maryland Gazette, dans un article publié à la date du 20 juillet 1767, en vue de justifier ce commerce, admettait que pendant les trente dernières années, la moyenne des convicts importés avait été de six cents par année.
Ces convicts n'étaient le plus souvent peut-être que des victimes de la persécution religieuse, mais les historiens ne les désignent pas autrement et leurs descendants n'ont jamais protesté « car, dit Mac-Mahon, dans son livre « Maryland », l'orgueil de notre époque se révolte à aller chercher en tels lieux les racines d'un arbre généalogique, et beaucoup qui se complairaient à retracer leur lignée à travers plusieurs générations d'ancêtres idiots, stupides et imbéciles, n'ayant pour tout mérite que le nom qu'ils portaient, se soumet­traient à être appelés novi homines, plutôt que de confesser un Convict dans leur ascendance ».
La vie privée, dans le Maryland, ne différait guère de celle de la Virginie, si ce n'est que les distinctions de castes y étaient moins tranchées, les petits propriétaires et les artisans formant une partie importante de la population et les grands planteurs 2 se trouvant en nombre moins considérable que dans cette dernière province. La terre étant très fertile et le climat excellent, il en résultait que la vie était facile, les mariages précoces 3 et les familles nom­breuses.


III

Les Carolines. - La Constitution du philosophe Locke. - La Caroline du Sud domaine féodal. - Province royale. -L'esclavage. - Population. - Intolérance épiscopalienne. - La Caroline du Nord. - Refuge aux dissidents de toutes les sectes. - Aucun ordre ne peut y être établi. - État économique.
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Les Carolines furent, comme le Maryland, une Colonie féodale ; le roi d'Angleterre en fit cadeau à six courtisans, mais avec des droits un peu moins étendus que ceux de lord Baltimore.
Le philosophe Locke avait rédigé, pour régir ce vaste domaine, une constitution qui a prêté depuis à beaucoup de plaisanteries ; il y établissait de toutes pièces une hiérarchie qui ne peut jamais être que le produit du temps et des événements, et y échafaudait, les uns au-dessus des autres, des dignitaires à titres ronflants, palatins, landgraves, caciques, barons, avec des pouvoirs et des fonctions exactement limités et définis. Quiconque transporterait dans la colonie, en un an, 600 serviteurs mâles, serait nommé landgrave et aurait sous sa suzeraineté quatre baronnies ; celui qui en emmènerait 900 aurait droit en outre à la nomination d'un cacique ; le patron de 1,200 serviteurs aurait pour grands vassaux deux caciques, quatre barons, etc. La terre était distribuée aux colons proportionnellement au nombre de serviteurs qu'ils transportaient dans la colonie, à leurs frais, cent acres pour chaque homme et soixante-dix acres pour chaque femme.
Inutile de dire que la constitution du philosophe ne fut jamais appliquée, ou le fut à peine suffisamment pour donner à quelques familles un droit à la prétention de descendre d'ancêtres de haut lignage. Les mémoires du comte de Shaftesbury, l'un des propriétaires, l'ont mention de quelques colons qui amenèrent avec eux de 50 à 100 serviteurs, et d'un certain nombre qui en amenèrent de 5 à 10 1.
Les Carolines, partagées en deux provinces, e tirent nu développement économique diffèrent de celui des deux premières colonies établies dans le Sud, mais reproduisirent, avec quelques variantes, les mêmes phases de crois­sance et la même vie politique que la Virginie et le Maryland. Chacune d'elles a son chapitre de querelles avec les propriétaires et les gouverneurs, son chapitre de concussions administratives, son chapitre de persécutions religieu­ses, son chapitre de guerres avec les Indiens, son chapitre de pétitions et de représentations en Angleterre.
En 1663, Berkeley gouverneur de la Virginie et l'un des propriétaires, fut autorisé à nommer deux gouverneurs, l'un pour la Caroline du Sud et l'autre pour la Caroline du Nord.

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* *

La Caroline du Sud fut principalement peuplée, tout d'abord, par des colons venus des Barbades avec quelques émigrants de la Virginie. En 1667 elle comptait déjà environ 800 habitants et était très prospère. La population s'accrut rapidement ; en 1682, elle s'élevait à près de 3,000 âmes et en 1708 à 10,000, mais les esclaves en formaient l'énorme majorité. À cette dernière date, les hommes libres ne dépassaient pas le nombre de 1360 ; il y avait 6,000 Noirs ; le reste se composait de quelques indented servants et d'Indiens qu'on avait réduits en esclavage. La Caroline du Sud se plaça dès lors à la tête des États esclavagistes, position qu'elle a conservée depuis 1. La terre était excessivement fertile et tout le monde s'occupait d'agriculture, les quelques négociants et artisans qui s'étaient trouvés parmi les premiers colons, avaient bientôt abandonné leurs ateliers et leurs boutiques pour se faire défricheurs. Les plantations n'étaient pas aussi considérables qu'en Virginie, et un petit nombre comptaient plus de trente esclaves.
En 1719, les colons se révoltèrent contre les droits des propriétaires et, dix ans plus tard, la Caroline du Sud devint province de la couronne. À partir de cette époque, un courant régulier d'émigration y afflua du Vieux-Monde, se recrutant surtout, parmi les Huguenots, les Allemands, les Irlandais et les Écossais.
La liberté de conscience avait été accordée à tous, en 1697, à l'exclusion des catholiques. En 1702 cependant, les propriétaires et le gouverneur adop­tèrent une loi établissant la religion épiscopalienne, les dissidents furent défranchisés et la persécution se donna libre cours. Les Huguenots, eux-mê­mes, furent victimes de l'exclusivisme anglo-saxon ; on s'opposa pendant quelque temps à leurs prétentions à une représentation égale à la législature et l'on chercha à leur enlever leurs droits civils et leur liberté religieuse 2. La reine avait déclaré nul l'acte des propriétaires de 1702 ; la religion épiscopa­lienne n'en resta pas moins, jusqu'à la Révolution la religion d'État.


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Les commencements de la Caroline du Nord furent assez difficiles, les premiers colons y vinrent des Barbades, des Bermudes et de la Virginie, qui, comme on l'a vu, joua dans le Sud, le rôle de colonie-mère.
Il est à remarquer qu'à partir de 1640, il y eut fort peu d'émigration volon­taire d’Angleterre dans les colonies.
La Caroline du Nord réunit des dissidents et des adeptes de toutes les sectes, puritains, frères moraves, quakers, Irlandais catholiques, luthériens allemands, presbytériens écossais, épiscopaliens de Virginie. Ce fut un refuge, on ne put y établir ni l'intolérance, ni l'exclusivisme, ni l'ordre. « C'est un pays, écrivait en 1737, Spottswood, gouverneur de la Virginie, où il n'existe aucune forme de gouvernement ; chacun fait ce qui lui semble bien et ne paie de tribut ni à Dieu ni à César ». On y cultivait le riz et le maïs, il y avait une grande abondance de poisson et de gibier ; la vie était facile ; chacun s'empa­rait du terrain qui lui convenait sans se soucier de savoir si on lui réclamerait des titres. Toutes les religions étaient tolérées ou plutôt on n'en pratiquait aucune. Au commencement du XVIIIe siècle, d'après Bancroft, il n'y avait qu'un seul prêtre dans toute la Caroline du Nord. En 1704, cependant, les épiscopaliens, qui n’étaient dans la province qu'une faible minorité, obtinrent de la législature et des propriétaires, l'établissement de leur culte et se firent construire des églises aux dépens du trésor public : les membres des autres sectes, naturellement, protestèrent ; et ce fut là, la seule manifestation de l'esprit religieux dans cette partie des colonies anglaises.
La population, de même que dans les autres établissements du Sud, aug­menta rapidement, surtout à partir de 1729, époque à laquelle la couronne acheta les droits des propriétaires. En 1754, elle était de près de soixante-dix mille âmes, les Écossais en constituaient une partie importante 1.
« Les établissements de la Caroline du Nord, éloignés de tout commerce, écrivait en 1785 le marquis de Chastellux 2, sont fondés sur l'agriculture, je veux parler de cette agriculture des patriarches qui consiste à faire croître des denrées pour la seule consommation des propriétaires, sans espérance de les vendre ou de les échanger.
Il faut donc que les colons se suffisent à eux-mêmes, que leurs propres brebis fournissent la laine pour leurs vêtements et le cuir pour leurs souliers... L'article qui manque le plus ce sont les clous, car la hache et la scie peuvent suppléer à tout le reste... Le seul commerce est la vente des chevaux plus faciles à conduire ».

IV

La Géorgie. - Refuge fondé par le philanthrope Oglethorpe. - Ses premiers habitants. -Devient province royale. - L'esclavage y est introduit.

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La Géorgie, la dernière des colonies du sud par ordre chronologique de fondation, fut établie par un philanthrope nommé Oglethorpe, membre du parlement anglais, qui en fit un refuge, comme avait été la Caroline du Nord, et y interdit l'esclavage. Elle fut colonisée par des cultivateurs ruinés, des débiteurs insolvables, tout frais sortis des prisons de la Grande-Bretagne, des Écossais, des Irlandais, des frères moraves, des Salzbourgeois catholiques, des quakers et même des Juifs. Les premiers colons y arrivèrent en 1733, et déjà à l'époque de la guerre de l'Indépendance, elle comptait une population de 50,000 âmes ; mais elle était devenue province royale et avait reçu, pendant les vingt dernières années de l'époque coloniale, un nombre considérable d'esclaves ; car beaucoup de cadets de la Virginie, du Maryland et de la Caro­line du Sud y avaient acquis des domaines.


V

Nombre relatif des grands planteurs dans le Sud.
- L'éducation. - Rapports avec l'Angleterre

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En résumé, au moment de la déclaration de l'Indépendance, les cinq pro­vinces du sud comprenaient près de la moitié de la population totale de la confédération, soit environ 1,300,000 âmes, dont 480,000 esclaves.
Aucun historien n'indique quelle était la proportion des grands planteurs vis-à-vis des autres classes de la population, mais les données que nous possédons permettent de l'établir d'une manière approximative. Les esclaves noirs étaient en 1776, au nombre de 480,000. Or nous savons par les relations des voyageurs qui ont visité le Sud au moment de la guerre, qu'il s'y trouvait des milliers de petits propriétaires ignorants, vivant très mesquinement et qui possédaient cinq ou six esclaves ; il ne serait certainement pas exagéré d'admettre qu'au moins 100,000 Noirs se trouvaient disséminés chez ceux-ci, et cela surtout en Virginie 1.
Si nous supposons, maintenant, que la moyenne des esclaves, dans cha­cune des grandes plantations, était d'une trentaine, nous arrivons à un chiffre de treize ou quatorze mille grands planteurs. En y ajoutant quelques milliers de professeurs, de médecins, d'hommes de loi et de fonctionnaires il se trouve que la population du Sud qui, concurremment avec les meilleurs éléments des provinces de l'Est et du Centre, a pu jouer un rôle dans les destinées de la nation et exercer quelque influence autrement que par le nombre, ne dépassait pas vingt mille âmes.
Les petits propriétaires cultivant de leurs propres mains étaient nombreux, surtout dans la Caroline du Nord, le Maryland et quelques comtés de la Virginie. Les Petits Blancs, enfin, formaient l'immense majorité de la popu­lation blanche. Que l'on se reporte seulement à quelques chiffres cités plus haut : En 1665, il y avait en Virginie, sur une population de 35,000 âmes, 8,500 indented servants, en 1672, leur temps de service dont le maximum était de sept années, étant expiré, ces serviteurs étaient devenus libres ; en 1683, les indented servants étaient au nombre de 15,000, en 1690, 15,000 affranchis prenaient place dans la classe des Petits Blancs et se multipliaient aussi rapi­dement que le reste de la population, car toutes les familles étaient très nombreuses.
Ainsi, chaque année un certain nombre de serviteurs ou esclaves blancs recouvraient leur liberté. Quelques-uns sans doute en profitaient pour amélio­rer leur situation matérielle et se créer un patrimoine par le travail, un trop grand nombre restaient oisifs et vivaient dans le dénuement. Au Maryland, ainsi que nous l'avons vu, la population s'accrut annuellement de trois ou quatre cents convicts.

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Dans toutes les colonies du Sud, l'éducation était absolument négligée ; la distance qui séparait les différentes plantations rendait très difficile, sinon impossible, la construction d'écoles sur un Point du territoire suffisamment rapproché des habitations de deux ou trois familles Les propriétaires peu fortunés et les Petits Blancs ne voyaient pas la nécessité pour leurs enfants de savoir lire ; les grands planteurs, de leur côté, étaient d'avis que le bas Peuple n'a pas besoin de s'instruire 1. Eux-mêmes avaient un excellent collège à Jamestown, le collège de Guillaume et Marie ; les plus riches d'entre eux pouvaient, en outre, garder un précepteur à domicile et envoyer leurs enfants étudier en Europe. Il n'y avait quelques écoles que dans les villes.
La Caroline du Sud était la mieux partagée des cinq provinces méridio­nales, au point de vue éducationnel, car sa capitale, Charleston, où la plupart des grands planteurs possédaient une maison et passaient une partie de l'année, était un foyer de culture et de vie sociale aristocratique et raffinée.
Dans leurs relations avec l'Angleterre, les colonies du Sud ne paraissent pas avoir en trop à se plaindre. Un impôt était perçu sur le tabac 2 et les restrictions apportées au commerce et à l’industrie équivalaient à une prohibi­tion, mais personne dans le pays ne songeait an commerce ou à l'industrie. Les marchands anglais fournissaient aux colons tous les objets de consommation et d'habillement que leur sol ne produisait pas et qu'ils n'avaient pas le droit de fabriquer eux-mêmes. L'Angleterre était le marché unique des provinces du Sud, et beaucoup des grands planteurs considéraient la métropole comme leur home. La terre très fertile étant coupée de cours d'eaux et de rivières qui facilitaient le transport des produits à la mer, dans la plus grande partie des cinq provinces, on n'avait pas songé à construire de villes ou de ports.
Le commerce de la Grande-Bretagne avec ses colonies employait, au mo­ment de la guerre de l'Indépendance, 1,100 navires et 29,000 marins. Les intermédiaires des échanges étaient, pour le plus grand nombre, des employés de maisons de Londres. Les Anglais voyant qu'ils n'avaient pas dans les gens du Sud, de rivaux pour leur trafic et que les États à esclaves leur achetaient tout ce dont ils avaient besoin, ne poussaient pas trop loin l'ingérence, relati­vement à l'occupation et à la translation de la propriété ; chaque colon était pour eux un client, et ils avaient intérêt à ne pas entraver la mise en valeur du sol.
Le grief le plus sérieux que le Sud eut à faire valoir contre l'Angleterre fut de lui avoir imposé l'importation des esclaves, de lui avoir légué ce problème dont la solution devait coûter tant de sang et d'argent, accumuler tant de ruines, et qui, à l'heure qu'il est, reste encore menaçant. Il est vrai qu'à cette époque, le grief n'était ressenti que par la partie la plus éclairée de la popula­tion et que la masse des planteurs bénéficiait sans remords de la situation privilégiée que lui faisait l'esclavage.
L'Angleterre forçait pour ainsi dire, ses colonies, à acheter des Nègres. Dans l'une des Antilles, la terre des domaines publics n'était concédée aux colons qu'à la condition qu'ils garderaient quatre esclaves pour chaque lot de cent acres. Dans les provinces du Sud, le commerce des Noirs était activé par tous les moyens. « De 1620 à 1776, dit Bancroft, l'Angleterre n'a pas trans­porté moins de 300,000 esclaves dans l'Amérique du Nord, elle savait que son commerce n'aurait jamais rien à redouter des Nègres, tandis que les émigrants blancs pourraient devenir artisans, négociants, marins, créer des fabriques et des comptoirs » 1.
L'esclavage eut, avec beaucoup d'autres inconvénients, celui de maintenir cette classe oisive, grossière et tapageuse des Petits Blancs, anciens criminels et vagabonds, qui auraient pu se réhabiliter par le travail, se constituer des patrimoines et devenir d'excellents citoyens dans un pays où le travail eût été considéré et où ils eussent pu utiliser leurs bras 2.

L’âme américaine : tome I
Première partie : Les origines

Les puritains



I. Le « Mayflower ».- Les premiers colons.- II. Foi des Puritains en eux-mêmes. - Caractère des Puritains.- Leur religion. - Leurs lois. – III. La Nouvelle-Angleterre de 1630 à 1660. - Extension de la colonisation. - Ingérence de l'Angleterre dans les affaires de la colonie. - Déclin de l'influence exclusive du clergé. - Les guerres avec les Indiens et les Canadiens. - L'amour du gain chez les Puritains. - IV. La vie économique. - Les écoles. -Les prisons. - V. Raisons de la prépondérance des Puritains en Amérique.

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