Les origines. – La vie historique





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I

Le « Mayflower ».- Les premiers colons.

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« Faith in God, faith in man, faith in work, that is the short formula in which we « may sum up the, teaching of the founders of New-England ».

(James R. Lowell. Litterary Essays p. 2)  1.

Vers 1608, un certain nombre de fermiers, de petits propriétaires et d'arti­sans anglais, dissidents de la religion établie dans le Royaume-Uni, avaient quitté leur patrie et s'étaient réfugiés en Hollande pour échapper à la persé­cution religieuse. Pleins de courage, mais peu fortunés et ignorant la langue du pays, ils avaient vécu douze ans à Amsterdam et à Leyde, exerçant différents métiers qu'ils avaient dû apprendre depuis l'exil, car la plupart ne connais­saient que l’agriculture, lorsqu'un jour, ils en tendirent parler des établisse­ments d'Amérique. Ils décidèrent alors de se rendre en Virginie, « attendu que s'ils restaient en Hollande, disaient-ils, leur postérité après quelques généra­tions, deviendrait hollandaise et perdrait tout intérêt dans la langue et la nationalité anglaises. »
Ils prirent passage à bord d'un petit bateau appelé le Mayflower et arrivè­rent dans la baie de Plymouth, le 20 novembre 1620. Leur intention avait été au départ, de s'établir sur les bords de l'Hudson, mais le hasard leur fit prendre terre à New-Plymouth et c'est là qu'ils fondèrent leur premier établissement. Le sol était peu fertile, le climat froid, le paysage sévère, l'âme de ces exilés était en harmonie avec le climat, le paysage et la nature du sol.
Tout le monde a lu le fameux « covenant » ou contrat social, par lequel les passagers du Mayflower s'engagèrent à vivre en commun :
« Au nom de Dieu. Ainsi soit-il.
Nous soussignés..., ayant entrepris pour la gloire de Dieu, l'avancement de la foi chrétienne et l'honneur de notre roi et de notre pays, un voyage pour établir la première colonie dans la partie nord de la Virginie, nous constituons par les présentes, personnellement et mutuellement, en présence de Dieu, en un corps civil et politique, dans le but de nous gouverner et de travailler à l'accomplissement de nos desseins ; et en vertu de ce contrat, nous convenons de promulguer des lois, actes, ordonnances et d'instituer selon nos besoins des magistrats auxquels nous promettons soumission et obéissance ».
Le nombre des « Pèlerins » qui débarquèrent dans la baie de Plymouth ne dépassait pas 102, et sur ce nombre, d'après les documents les plus dignes de foi, déjà au mois de mars suivant, 44 avaient succombé au froid et aux privations.
On leur attribue généralement une influence plus grande que celle qu'ils ont réellement exercée sur les destinées de la Nouvelle-Angleterre ; mais les circonstances qui ont accompagné le départ et l'arrivée du Mayflower, les engagements solennels par lesquels les « Pèlerins » se sont liés « en présence de Dieu » donnent à la première page de l'histoire des colonies anglaises dans l'Est de l'Amérique, un cachet romanesque qui lui manquerait autrement.
Un petit groupe d'une centaine d'individus, égaux entre eux, sans chef reconnu, sans autre richesse que leur énergie et leur foi en la Providence, allant à mille lieues de la mère-patrie jeter les fondements d'un État, ce fait sans doute est unique dans les annales de l'humanité.
En 1629, deux cents émigrants anglo-saxons munis de lettres patentes, patronnés par des gens riches et influents, arrivèrent, sous la conduite d'Endicott et s'établirent en un autre endroit de la côte de l'Atlantique, non loin de Plymouth, à Salem ; deux cents autres se joignirent à ceux-ci l'année suivante.
En 1630, enfin, John Winthrop avec 900 colons bien outillés et comptant parmi eux plusieurs hommes de valeur, jeta les fondements du Massachusetts. Ce fut le premier effort sérieux et logique en vue de la création d'établis­sements permanents.
Ces treize cents colons, de même que ceux qui continuèrent à arriver les années suivantes, se recrutèrent parmi les cultivateurs pauvres et les artisans, parmi ceux qui avaient eu à souffrir de l'intolérance et de la persécution religieuse, et plus encore parmi des gens pieux qui voulaient fuir « la corrup­tion du vieux monde. » Il s'y mêla bien un certain nombre d'éléments moins purs, puisque, parmi les neuf cents compagnons de Winthrop, cent quatre-vingt étaient des indented servants et que deux des colonies qui formèrent la Nouvelle-Angleterre, le New-Hampshire et le Maine, furent établies, comme la Virginie, par des compagnies de marchands et d'hommes d'affaires qui ne songeaient qu'à tirer un bon rapport de leurs placements et à recruter des serviteurs dans les conditions les plus avantageuses et les plus modiques possible. Mais quels qu'aient été les antécédents et des indented servants et des colons amenés par les soins de ces compagnies, le moule rigide dans lequel on les renferma les réduisit bientôt de même que le reste des habitants de la Nouvelle Angleterre, à un type uniforme.
En 1635, les colonies de l'Est comptaient 21,200 habitants, elles en comp­taient 32,000 en 1643. À partir de cette date l'immigration de la Grande-Bretagne fut fort peu nombreuse, plusieurs colons parmi les plus riches retour­nèrent même au pays natal au cours es années suivantes et s'enrôlèrent dans l'armée de Cromwell 1. Les provinces se peuplèrent par le seul développement naturel de la population primitive venue d'Angleterre et que les historiens évaluent généralement à 20,000 âmes. Plus tard il s'y joignit un petit nombre de Huguenots, d'Allemands et d'Irlandais. La population de la Nouvelle-Angleterre était en 1688, d'environ 75,000 âmes, et d'environ 320,000 en 1754.


II

Foi des Puritains en eux-mêmes.
- Caractère des Puritains.- Leur religion. - Leurs lois.

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Ce qui distingue les Puritains des habitants des autres colonies, c'est lafoi absolue qu'ils semblent avoir eue tout d'abord en eux-mêmes, en leur mission, en l'avenir des établissements qu'ils fondaient. Ils se considéraient comme un peuple choisi, et ils ont conservé avec soin leurs annales, croyant qu'elles pourraient servir d'exemples à d’autres groupes de colons et édifier les généra­tions futures. « Tu apprendras dans ces pages, dit un de leurs chroniqueurs 2, en quel temps, de quelle manière et pour quelle cause, il a plu au Seigneur Dieu d'assurer le succès de cette poignée de ses saints dans la Nouvelle-Angleterre ».
Un pasteur puritain, le révérend Stoughton, s'écriait vers 1668, dans un sermon : « Le bon Dieu a passé au tamis toute une nation, afin de trouver un grain de choix pour semer dans ce désert ». John Winthrop écrivait : « Que nos établissements soient prospères et plus tard quand on parlera d'autres plantations, on dira « Puisse Dieu les rendre semblables à celles de la Nouvelle-Angleterre ! ».
On peut en quelques traits résumer le caractère des Puritains, car chez eux ni les élans de l'esprit, ni les impulsions du cœur n'avaient libre jeu ; tout dans leur vie était soumis à une discipline inexorable ; chacune de leurs paroles, chacun de leurs actes, chacun de leurs gestes, pour ainsi dire, était contrôlé et réglementé. Ils étaient ce que les avait faits la doctrine de Calvin et leur hérédité anglo-saxonne, sobres, austères, pieux, énergiques, tenaces, patients, intéressés, âpres au gain, fanatiques. Les quelques rares penchants auxquels ils livraient leurs âmes étaient violents en raison même de leur concentration.
Ils possédaient surtout, à un degré extrême, cette force qui plus que toute autre assure aux peuples la prééminence et aux individus le succès, quels que soient les idéaux et les principes en faveur desquels elle s'exerce, cette force qui, avant la conscience même, est le bien propre de l'homme, non le résultat de l'éducation ou des circonstances, la force de la volonté.
Ils avaient apporté d'Angleterre les institutions du gouvernement local et emprunté à la Bible des formes théocratiques de vie en commun ; des tradi­tions anglaises et des préceptes israélites ils tenaient l'amour et le respect de la fortune. Le cercle de leurs idées, très étroit, tournait autour de deux axes, accomplissement de leurs devoirs envers Dieu, liberté de se gouverner à leur guise. Ils ne demandaient à la vie ni ses jouissances, ni ses sourires, car ils étaient convaincus que cette terre est une vallée de larmes ; aussi leur histoire est-elle généralement sombre et n'offre-t-elle rien de ce caractère idyllique qu'on aurait pu s'attendre à trouver dans des établissements agricoles où régnait une grande pureté de mœurs.

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**

Les Puritains étaient intolérants, comme tous ceux qui croient posséder exclusivement le dépôt de la vérité et pouvoir tout se permettre pour la faire prévaloir. Ainsi qu'on l'a dit souvent, ils n'étaient pas venus établir en Amérique, la liberté religieuse, mais « leur » liberté religieuse.
Leur foi était celle de Torquemada. Personne du reste n'était tolérant à cette époque, la tolérance est d'invention plus récente, elle a frayé la voie au scepticisme moderne. C'était le temps où, en France sévissaient les dragon­nades, et où l'Europe presque tout entière avait été mise en feu par les guerres de religion. L'idée d'un Dieu vengeur s'imposait alors avec tant de force, qu'en Angleterre, par exemple, ainsi que le rapporte Hume 1, « l'enthousiasme vio­lent amenait chez les sectaires des troubles nerveux et les jetait très fréquem­ment dans des convulsions de tous leurs membres ».
La religion réformée était encore plus ardente, plus exclusive peut-être que la religion catholique, car c'était une religion nouvelle ; ses fidèles avaient la foi des néophytes et l'ardeur des martyrs. Pour les Puritains, elle constituait surtout, un code de discipline ecclésiastique, une règle morale.
La froide doctrine calviniste prescrivait et châtiait, mais elle offrait peu de consolations et n'ouvrait pas aux âmes les sources des joies idéales ; ce n'était pas une religion d'amour. Les Puritains étaient invinciblement portés à l’aver­sion et au mépris de tout ce qui ne se trouvait pas dans leur sphère de compré­hension : nombreuses étaient parmi eux les inimitiés et les haines. De même que les personnages de la Bible qui parlent constamment de leurs ennemis, chaque Puritain avait les siens.
Les non-conformistes étaient généralement appelés par eux des « profa­nes », des « infidèles » et des « suppôts de l'Ante-Christ ».
Ainsi donc, si purs et si vertueux qu'ils fussent, les Puritains n’étaient rien moins que sympathiques. La vertu réglementée par la discipline perd son caractère de noblesse et de beauté, la sainteté devenue une institution presque gouvernementale, et comme telle astreinte à des règles, n'a plus le charme qui séduit et qui attire.

*

**

Dès 1631, une loi fut votée statuant que nul homme ne saurait devenir citoyen de la colonie et avoir droit aux franchises électorales, s'il n'était mem­bre d'une église, c'est-à-dire s'il ne soumettait sa conduite à la surveillance étroite que les théologiens avaient établie, et s'il ne réglait sa vie sur les préceptes rigides qu'ils avaient édictés.
À partir de 1631, le contrôle de ce cens électoral d'un nouveau genre devient la préoccupation dominante dans tous les milieux puritains. Pas une année ne se passe sans qu'il y ait plusieurs individus punis, pour avoir tenu des propos séditieux ou hérétiques, manqué à l'observance du dimanche ou entretenu des opinions non orthodoxes. Les discussions théologiques font rage ; mais alors qu'en Europe l'intolérance a été une force destructive, provo­quant à la spoliation et au crime, ruinant les industries naissantes, réduisant les populations à la misère, elle est devenue en Amérique une force créatrice. On lui doit la fondation de nombreux établissements et l'extension de la colo­nisation. Beaucoup de territoires, dans la Nouvelle-Angleterre et dans le Sud, ont été établis par des colonies de dissidents chassés de villages puritains ou épiscopaliens.
Dans toutes les circonstances difficiles, lorsqu'il y avait une décision im­portante à prendre, c'est à la Bible que l'on avait recours.
En 1642, De La Tour., gouverneur de l’Acadie, l'une des colonies françai­ses, étant venu demander des secours aux Puritains contre son rival d'Aulney, les membres de la législature et le gouverneur Winthrop 1. discutèrent sur l'opportunité et la convenance d'accorder ces secours, en se basant sur les textes bibliques, ainsi que le rapporte Winthrop lui-même. Les uns arguaient que, dans l'histoire juive, une alliance avec des idolâtres avait toujours été considérée comme un crime. Les autres contestaient l'argument, en disant que les rapports des rois de Juda avec leurs voisins idolâtres avaient été d'ordre intime, et non pas une simple alliance politique, laquelle n'est pas défendue par la Bible. Finalement, De La Tour ayant offert une forte somme d'argent aux armateurs de Boston, quatre navires avec leurs équipages prirent part à l'expédition contre d'Aulney, aidèrent au pillage d'un bateau chargé de four­rures et revinrent sans avoir perdu un seul homme. La plupart des Bostonnais, paraît-il, se montrèrent scandalisés et évitèrent pendant quelque temps, la société et le contact des marins qui avaient eu des rapports avec des « papistes idolâtres ».
La persécution des « infidèles » était considérée comme un devoir. En 1645, un nommé Emmanuel Downing écrit à Winthrop 2. « Une guerre avec la tribu indienne des Narragansett est d'une grande importance pour cette plan­tation. Car n'est-ce pas un péché pour nous, qui avons le pouvoir de les en empêcher, de laisser les Indiens maintenir le culte du démon, qui est véritable­ment le culte de ces sauvages ? 3 »
Trente ans plus tard, en 1675, quatre-vingts soldats envoyés contre un chef indien nommé Philippe ayant été massacrés, on attribua naturellement cette calamité, comme on le faisait toujours, à la transgression des lois divines, et un jour d'humiliation publique et d'expiation fut décrété. Les documents du temps nous ont conservé la liste où sont formellement énumérés les péchés dont on avait à se repentir ; ce sont entre autres les suivants : « avoir négligé de catéchiser les jeunes gens ; avoir commis des excès dans la toilette ; avoir porté les cheveux longs ; avoir quitté l'église avant la fin du service divin ; avoir négligé la persécution contre les quakers et autres infidèles ».
On se vengea ensuite des Indiens, en allant brûler leurs villages et en mettant à mort ceux d'entre eux qui venaient dans le Massachusetts dans le but de faire du commerce, ou qu'on avait fait prisonniers. Avant d'en venir à ces extrémités, on avait discuté les textes de la Bible et on s'était trouvé suffisam­ment autorisé.
Un certain nombre de fonctionnaires, appelés Tithinq-Men, étaient chargés d'assurer l'observance de la discipline religieuse ; ils devaient contrôler l'assis­tance au service divin, voir à ce que les buvettes fussent fermées le dimanche et, à ce que toute œuvre servile fut interrompue; maintenir la paix et la tran­quillité dans la ville ou le village et enfin demander au voyageur qui passait, le jour du seigneur, dans le territoire placé sous leur juridiction, son nom et le but de son voyage.
En somme les Puritains, qui se montraient fort jaloux de leur liberté poli­tique, avaient complètement abdiqué leur liberté individuelle. On a souvent comparé la discipline qui les régissait à celle d'un navire ou d'une maison de correction.
Tous les documents de cette époque sont remplis de versets bibliques et parlent de Dieu et du Christ-Jésus. Les formules qui commencent une lettre, ressemblent à celles qu'emploient de nos jours, les membres de certaines congrégations religieuses 1.
Il serait fastidieux d'énumérer tous les articles du code draconien qui fut celui de la Nouvelle-Angleterre jusqu'à la guerre de l'Indépendance. La légis­lation pénale, très arbitraire dans ses applications, punissait le mensonge, l'ivrognerie, la paresse, le vagabondage par la dénonciation publique, les amendes et le fouet. Un individu convaincu de s'être mis en état d'ébriété était marqué d'une grande lettre rouge D (DRUNKARD, ivrogne) cousue à la partie la plus en évidence de son vêtement.
Une femme qui s'était commise avec un Indien devait porter le profil de son amant découpé dans un morceau d'étoffe rouge et attaché à sa manche. On était sévèrement puni pour avoir parlé contre le gouvernement 2. Quant à la transgression de la loi sur l'observation du dimanche et l'assistance au service divin, elle était souvent considérée comme un crime capital.
L'ingérence gouvernementale, ou plutôt sacerdotale ne s'arrêtait pas là, il était défendu de jouer aux dés, aux cartes et de porter les cheveux longs. La danse était interdite à certaines personnes ; cependant un théologien du nom de Cotton la permit, attendu qu'il en est fait mention deux fois dans la Bible avec approbation. Le port des habits et des bijoux était réglementé.
En 1651, une loi fut votée limitant le droit de porter de la dentelle dorée et des bottes hautes, aux personnes qui possédaient un revenu annuel de deux cents livres ou qui appartenaient à la famille d'un magistrat.
Les préséances étaient également réglementées comme dans une Cour, et les chroniqueurs nous ont conservé les protocoles relatifs à la place que cha­cun devait occuper à la Meeting-House. Il y est tenu compte des circons­tances d'âge, de dignité et de richesse. Les hommes et les femmes étaient séparés, de même que dans les synagogues.
Des fonctionnaires appelés Select-Men avaient le devoir de surveiller l'industrie domestique et d'obliger dans chaque ménage les femmes et les enfants à filer et à tisser annuellement un certain nombre d'aunes d'étoffe 1. Dans le Connecticut, un célibataire n'ayant pas de serviteurs, ou n'exerçant pas de fonctions publiques, ne pouvait tenir maison ou prendre pension dans une famille sans avoir obtenu le consentement des magistrats.
Les mariages étaient généralement très précoces dans toute la Nouvelle-Angleterre ; un jeune homme vivant seul prêtait au soupçon ; l'autorité pater­nelle était, en outre, tellement absolue qu'un fils désobéissant pouvait être puni de mort.
La dénonciation était à l'ordre du jour ; car on considérait que le crime de l'un porterait malheur aux autres, et que la communauté tout entière serait punie de Dieu pour les fautes de l'un de ses membres. Il ne manqua pas de cas où l'on fit servir cette faculté de dénonciation à des actes de vengeance per­sonnelle et de persécution.
On conçoit facilement que, dans ces conditions, la vie manquât de charme. Les familles étaient fort nombreuses, mais, tous les historiens sont d'accord sur ce point, un grand nombre d'enfants mouraient en bas âge. On pourrait croire que l'austérité, la froideur ambiante glaçât les cœurs en quelque sorte et créât une atmosphère dans laquelle les enfants délicats ou de tempéraments trop sensitifs ne pouvaient survivre. Il se faisait ainsi une sélection, et ceux qui croissaient et se développaient dans ce milieu, étaient de force à supporter toutes les adversités de la vie, quelles qu'elles fussent.
Un fait qui peut à bon droit nous étonner, chez un peuple aussi pieux, c'est qu'il s'y produisait des suicides. En 1660, la législature du Massachusetts rendit une ordonnance décrétant que les corps des suicidés seraient enterrés sur la voie publique. Il est vrai qu'aucun document ne nous indique que ce crime ait été commis souvent.
En résumé, quels qu'aient été les origines et les antécédents de quelques-uns des premiers colons de la Nouvelle-Angleterre, qu'il y ait en parmi eux quelques prisonniers pour dettes ou par hasard quelques anciens criminels, le peuple auquel ils se sont incorporés a été pendant deux siècles le plus reli­gieux et le plus moral qui ait jamais vécu.

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