Les origines. – La vie historique





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III

La Nouvelle-Angleterre de 1630 à 1660. - Extension de la colonisation. - Ingérence de l'Angleterre dans les affaires de la colonie. - Déclin de l'influence exclusive du clergé. - Les guerres avec les Indiens et les Canadiens. - L'amour du gain chez les Puritains
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L'histoire de la Nouvelle-Angleterre pendant l'époque coloniale est peu compliquée ; la population est homogène ; les idéaux, les aspirations, la manière de vivre sont partout les mêmes ; la même foi, les mêmes lois gouver­nent les différents groupes, si nombreuses, qu'aient été leurs discussions, si fréquentes qu'aient été leurs querelles.
De 1630 à 1660, les colonies se développent dans une indépendance pres­que absolue vis-à-vis de la couronne d'Angleterre et bénéficient de l'anarchie qui règne dans la mère-patrie. C'est l'époque de la puissance illimitée du théologien et de l'intolérance religieuse. Une oligarchie bigote et fanatique règne sans contrôle, exclut, punit, terrorise, expulse tous ceux qui lui portent ombrage. Ce sont les membres du clergé surtout qui jouent le principal rôle dans la vie publique du pays. John Davenport, fondateur de la colonie de New-Haven, Roger Williams, fondateur de la plantation de Providence, et plusieurs autres des hommes marquants de ce temps sont des pasteurs.
Jusque vers 1688, les Freemen ou citoyens ayant part au gouvernement ne composent qu'une minorité de la population. Les premiers habitants de la Nouvelle-Angleterre ne paraissent pas s'être doutés qu'ils fondaient une démocratie modèle. John Winthrop lui-même était opposé au gouvernement du peuple par le peuple, et il nous reste de lui une brochure dans laquelle on lit : « La démocratie est, chez les nations les plus civilisées, considérée com­me la plus mesquine et la pire de toutes les formes de gouvernement... L'histoire nous apprend que ce sont les sociétés constituées sous cette forme qui ont eu le moins de durée et qui ont été le plus remplies de troubles ».
L'intolérance, comme je l'ai déjà dit, a contribué à agrandir le champ de la colonisation. Ainsi, le Rhode-Island connu d'abord sous le nom de « Planta­tion de Providence » fut fondé par Roger Williams, qui avait quitté le Massachusetts à la suite de violentes discussions théologiques : La liberté des cultes y fut établie (à l'exclusion des catholiques) 1 et cette province obtint en 1663 une charte que Bancroft appelle « la plus ancienne charte constitu­tionnelle du monde »
Le Connecticut fut formé de plusieurs petites colonies nées les unes des autres, à la suite de querelles portant sur quelques points du dogme, Hartford, Windsor et Weathersfield, et qui se réunirent ensuite, après avoir adopté une constitution acceptable pour toutes trois. À cette colonie connue sous le nom de Hartford, se joignit, en 1664, celle de New-Haven, formée des groupes de New Haven, Milford et Guilford qui s'étaient de la même manière, successi­vement querellés, mutuellement ostracisés et finalement réunis.
Le New-Hampshire fut fondé par une compagnie qui y envoya des serviteurs appartenant au culte épiscopalien. Des colons du Massachusetts, qui ont joué dans l’Est, comme la Virginie dans le Sud, le rôle de colonie-mère, s'établirent sur le territoire de la compagnie et trois petites colonies bientôt se trouvèrent constituées, Cocheco Exeter et Hampton. Nécessairement des querelles éclatèrent entre puritains et épiscopaliens, et le Massachusetts annexa les villages rivaux. En 1682, après un bon nombre d'années de dispu­tes de tous genres, auxquelles avaient pris part un aventurier prétendant à la propriété de la province, du nom de Mason, le Massachusetts et les agents de la couronne, le New-Hampshire se trouva délivré du joug de son puissant voisin, et un gouverneur lui fut donné par le roi d'Angleterre.
Le Maine fut un domaine féodal concédé en 1639 à un ancien soldat du nom de Ferdinando Gorges. Les droits territoriaux du seigneur étaient absolus ; quant aux droits législatifs et administratifs, il les partageait avec les colons libres du domaine conformément aux coutumes anglaises. Gorges prit son rôle au sérieux, et dans un établissement qui n'était composé, à l'origine, que de trois villages de pêcheurs, il créa autant de dignitaires, landgraves, caciques, etc., qu'il en existait alors dans les petites cours allemandes. Lui-même ne traversa jamais l'Atlantique, mais délégua son fils comme gouver­neur du domaine. D'autres concessions royales furent accordées dans le territoire limitrophe, ce qui fut l'occasion de fréquentes et longues querelles. En 1651, le Massachusetts s'annexa le « district du Maine », et il acheta trente ans plus tard les droits de Gorges.
En 1674, on comptait déjà 80 églises dans la Nouvelle-Angleterre, alors que, d'après Bancroft, la population ne dépassait pas 55.000 âmes.
À partir de 1660, le parlement anglais résolut de s'occuper. des pionniers de l'Est de l'Amérique, et il décida, cette année là, qu'aucune marchandise ne serait importée dans les colonies, si ce n'est par des navires anglais, montés par des Anglais, toute infraction à cette ordonnance devant être punie de la confiscation. En conséquence, les ports de la Nouvelle-Angleterre furent fer­més au commerce étranger.
En 1663, la Couronne nomma une commission de trente-quatre membres appelée « Conseil des colonies », dans le but de former un ensemble organisé de tous les établissements américains et de tirer de tous, d'une manière uniforme et régulière, autant de profits que possible.
En 1672-73, la liberté du trafic intercolonial fuit abolie, et des droits furent établis sur les échanges entre les différentes provinces. Plus tard encore, le parlement vota une loi défendant de fabriquer les articles dont les boutiquiers anglais auraient pu redouter la concurrence, de scier le bois en planches, d'utiliser les cours d'eaux comme force motrice, de bâtir des usines ou des manufactures.
« Cette politique imitée de l'Espagne, dit Bancroft 1, fut appliquée d'une manière inflexible pendant plus d'un siècle, dans vingt-neuf actes du parle­ment... Les colons échappés de la mère patrie s'étaient créé à leurs propres frais et à force de travail, des demeures dans le Nouveau Monde... La Virginie avait été fondée par une compagnie ; la Nouvelle-Angleterre avait été le refuge des exilés. L'Angleterre les rejeta d'abord de son sein et ne les reconnut comme ses enfants que pour les opprimer »,
La lutte entre le pouvoir royal, qui veut faire bénéficier le commerce anglais des richesses des colonies, et les habitants de la Nouvelle-Angleterre qui se défendent énergiquement, est maintenant commencée et ne cessera qu'avec la déclaration de l'indépendance des États-Unis. De 1680 à 1774, ce ne sont que négociations entre Londres et Boston, envois de pétitions en Angleterre, plaintes contre le gouverneur, nominations de commissaires royaux, promulgations d'ordonnances qui restent sans effet, etc., etc.
Les guerres contre le Canada, auxquelles prennent part, avec les soldats de l'Angleterre, les milices des provinces, créent une diversion temporaire, mais ne font pas perdre de vue aux Néo-Angleterriens la poursuite de leurs revendi­cations.
Les colonies hollandaises ayant été conquises, le roi leur donna un gou­verneur dont la juridiction s'étendit en même temps sur le Massachusetts et auquel fut confié le commandement général des milices de toute la Nouvelle-Angleterre. La position de ce haut fonctionnaire était loin d'être enviable ; avec toute la bonne volonté du monde, il ne réussissait à donner satisfaction ni au roi, ni à ses administrés. Les querelles s'éternisaient entre lui et les législa­tures.
Les habitants de la Nouvelle-Angleterre ne paraissent pas s'être jamais considérés comme tenus à aucune allégeance envers la Grande-Bretagne. Aux restrictions imposées au commerce, ils opposèrent la contrebande, qui se fit sur une grande échelle ; aux exigences des gouverneurs ils répondirent par un entêtement invincible. Leurs requêtes au roi abondent en protestations d'obéis­sance et de respect, mais limitent cette obéissance aux conditions énumérées dans leurs chartes. « Ceux qui habitent cette colonie, disent-ils, ont quitté leur ancienne patrie et sont venus établir ici la crainte de Dieu... ils ne demandent qu'à vivre en paix dans ce coin de terre... C'est la gloire de Job, alors qu'il s'est assis en qualité de roi au milieu de son peuple, d'avoir été le père des pauvres. Un peuple pauvre, dénué de toute faveur extérieure, de richesse et de pouvoir, implore maintenant son seigneur, le roi 1 ». Il y a, dans le style de ces suppli­ques, beaucoup de l'éloquence biblique et de la poésie des livres saints, mais on y sent aussi un peu d'hypocrisie ; car, en réalité, les Puritains n'eurent jamais l'intention d'obéir au roi. Ils avaient un parlement local et leur conscience était en paix. En 1692, la Cour générale du Massachusetts décréta qu'aucune imposition ne pourrait être levée dans la colonie sur les sujets de sa Majesté sans le consentement du gouverneur, du conseil et des représentants réunis en Cour générale. Depuis longtemps déjà, tout sujet anglais considérait un parlement ou une législature comme un pouvoir supérieur à celui du roi lui-même.
À l'occasion, les Puritains n'hésitaient pas à recourir à des subterfuges que la Bible devait difficilement autoriser. Lorsqu'on voulut enlever sa charte au Connecticut, en 1687, le précieux document fut apporté et placé sur une table devant le gouverneur, qu'entouraient les membres de son conseil et les représentants de la province, puis tout à coup par un hasard que personne ne put expliquer, les lumières s'éteignirent et la charte disparut. On la retrouva plus tard dans le creux d'un arbre.
L'histoire des chartes des colonies anglaises est assez complexe ; elles furent accordées, puis abolies, puis successivement renouvelées, restreintes et élargies. D'ailleurs on s'explique très bien dans les circonstances, qu'une certaine incohérence présidât aux rapports du roi d'Angleterre et de ses sujets américains.
Pendant longtemps, les échanges avaient eu lieu exclusivement en nature ; lorsqu'on sentit un besoin urgent de numéraire, un maître de la monnaie fut nommé ; c'était en 1652, sous le règne de Cromwell et du Parlement. Après la Restauration, on continua à battre monnaie ; mais pour ne pas avoir l'air d'empiéter sur les prérogatives du souverain, on marqua toutes les pièces au millésime de 1652 1. Plus tard encore, une enquête ayant été faite par les commissaires royaux, on chercha à leur persuader que l'emblème, une feuille de trèfle, que portait la monnaie de frappe américaine, avait été adoptée en l'honneur du roi.
La politique des Puritains consistait, en somme, à sauvegarder les apparen­ces vis-à-vis de la couronne d'Angleterre et à agir à leur guise 2.

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Les difficultés politiques firent passer les discussions théologiques au second plan des préoccupations des Puritains. D'autres causes contribuèrent à diminuer le prestige exclusif des théologiens. Un bon nombre des pasteurs qui avaient accompagné les premiers colons étaient des hommes d'une distinction réelle, fort instruits, gradués souvent d'Oxford ou de Cambridge, versés dans la connaissance des Grecs et des Latins autant qu'experts dans la controverse religieuse.
Plus tard, quand l'immigration d'Angleterre eut cessé et que le clergé ne se recruta plus autant dans la mère-patrie, il ne put se maintenir au même niveau, en raison du manque d'écoles supérieures. D'un autre côté, le gouverneur, s'appliquant à faire disparaître les conditions que les prêtres avaient mises à l'obtention des franchises électorales, vit se grouper autour de lui tous les défranchisés, les quakers, les baptistes et autres dissidents. Enfin, un certain nombre d'aventuriers venus d'Angleterre et des Barbades s'étaient établis à Boston ; des maisons de commerce ayant leur siège principal à Londres avaient des succursales dans la capitale du Massachusetts et dans certaines villes du littoral, de sorte que l'oligarchie religieuse qui, pendant un demi-siècle, avait tenu la Nouvelle-Angleterre sous son joug, ne se trouvait plus seule à posséder le savoir et la richesse.
Ajoutons que l'exécution des sorcières de Salem, trop connue pour que j'aie à en parler ici, porta un coup assez sérieux à l'autorité absolue du clergé 3.
À partir du commencement du XVIIIe siècle, on constate une tendance marquée vers un peu plus de tolérance ; les membres de plusieurs sectes qui avaient été ostracisés jusqu'alors sont admis aux franchises électorales. Les mœurs restent pures, mais sont moins austères. Dans un synode tenu à Boston dès 1679, on se plaint que les gens voyagent le dimanche, portent des toasts, que le nombre des débits de liqueurs s'accroît ; on se scandalise de voir les soldats s'amuser, parader par les rues, en bel uniforme et drapeaux déployés. Les équipages des nombreux navires faisant le commerce de contrebande n'ont pas été choisis avec un soin aussi scrupuleux qu'on aurait pu le désirer, et les pasteurs fulminent contre ces « profanes » qui ne se gênent pas pour rire, chanter et même fréquenter les estaminets.
D'un autre côté, le danger commun porte les différents groupes à se faire des concessions mutuelles et à s'unir. Séparés par leur conception religieuse, leur degré d'orthodoxie, virtuellement indépendants de la Grande-Bretagne, ils se concertent avec les autorités anglaises, pour porter la guerre chez leurs voisins du Canada. En 1691, après les campagnes désastreuses pour eux du gouverneur de la Nouvelle-France, de Frontenac, et l'expédition malheureuse du gouverneur du Massachusetts contre Québec, le roi Guillaume et les colo­nies sont un moment d'accord pour pousser avec énergie les hostilités contre les Canadiens.

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Les colons anglais ont été presque constamment malheureux dans leurs guerres contre les Indiens et les colonies françaises, malgré tout le courage dont ils ont fait preuve. « Bien supérieurs en nombre aux colons de la Nouvelle-France, dit Perey Gregh 1, disposant de ressources incomparable­ment plus importantes, courageux et énergiques, ils auraient dû écraser les Indiens alliés des Français, repousser les attaques de ces derniers, envahir leurs frontières et porter la guerre sur le territoire ennemi. En vérité, ils furent ignominieusement battus chaque fois qu'ils prirent l'offensive, et lorsqu'ils furent forcés de se défendre, ils se montrèrent incapables de protéger leurs établissements avancés contre les désastreuses incursions des Indiens ».
Le 8 juin 1676, Sir W. Berkeley, gouverneur de la Virginie, écrit à Sir Thomas Ludwell 2. « Les Indiens ont détruit plusieurs villes dans la Nouvelle-Angleterre, tué plus d'un millier de miliciens, fait le désert sur environ cent milles de terrain qu'on avait mis plusieurs années à coloniser et à bâtir ; ils n'ont eu le dessous dans presque aucune rencontre. Je ne m'attends pas à rece­voir de bonnes nouvelles de ce côté, car les Puritains n'ont pas, ou prétendent ne pas avoir d'argent pour payer leurs soldats. Mais quoi qu'il arrive, ils ne se relèveront pas de ces désastres d'ici à vingt ans ».Et le gouverneur de la Virginie, après avoir établi le détail des pertes qu'ils ont faites, ajoute : « Je les plaindrais, s'ils l'avaient mérité par leur conduite envers Dieu et envers le roi ».
D'après les documents de source puritaine, il semble cependant que sir W. Berkeley a exagéré l'importance des ravages exercés, lors des incursions indiennes de 1676. Les dix ou quinze années qui précédèrent la conclusion du traité d’Utrecht, furent particulièrement malheureuses ; un grand nombre de villages de la Nouvelle-Angleterre furent brûlés et beaucoup de colons massacrés.
Trop exclusifs et trop fanatiques pour exercer aucune séduction sur l'hom­me des bois, trop pacifiques pour lui inspirer de la crainte, les Puritains ne réussirent même pas à gagner sa confiance ; car à plusieurs reprises, de même que les Virginiens, ils mirent à mort des parlementaires et des otages. Les Indiens s'en vengèrent cruellement. Aucun chef des milices de la Nouvelle-Angleterre ne se distingua par des faits d'armes ou par une stratégie habile.

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La guerre qui fut poussée plus tard avec énergie par le gouvernement anglais contre la Nouvelle France et qui devait se terminer par la prise de Québec en 1760, eut, entre autres résultats, celui de préparer les différentes colonies à l'union, leurs milices prenant part aux mêmes campagnes et luttant sur les mêmes champs de bataille.
Si les Puritains étaient très pieux, ils étaient en même temps très âpres au gain.
Il peut sembler, au premier abord, qu'il y ait contradiction entre la piété, la résignation aux desseins de la Providence, la pensée constante de l'autre vie et la soif des biens de ce monde, l'énergie poussée à ses dernières limites dans la conquête de ces biens. Il est certain, cependant, que l'amour du gain et l'esprit religieux ont toujours fait bon ménage. La religion de Calvin, en enseignant l'austérité, ne préconisait pas la pauvreté, et les Puritains dont les Écritures étaient la seule lecture, n'ignoraient pas la parabole des talents ; toute leur activité terrestre était appliquée à cette fin : Améliorer leur situation, acquérir de la fortune.
« Chaque fois que la piété du Yankee se heurte à son amour du gain, c'est ce dernier qui l'emporte », a dit à une époque plus rapprochée de nous un observateur anglais 1.
L'amour et le respect de la richesse ont été dans la Nouvelle-Angleterre, de même que dans les autres colonies anglaises, un grand stimulant à l'action et un facteur de progrès.
Ainsi, nous avons peine à comprendre, de nos jours, par quels miracles de travail, d'économie et de prévoyance, les fermiers puritains ont pu réussir à conquérir l'aisance, en cultivant les terres ingrates du Massachusetts et du Rhode-Island.
Cet amour et ce respect, les Puritains les tenaient surtout de leur hérédité anglo-saxonne.
Dès le XVe siècle, en Angleterre, toutes les carrières qui, autrefois, n'étaient accessibles qu'aux chevaliers, sont à la portée de quiconque possède un certain revenu. Le cens établit les limites de la distinction sociale ; les seigneurs ne croient pas déroger en s'occupant de la culture de leurs terres, de la vente de leur laine et du croît de leurs troupeaux.
Les Puritains, de même que les Virginiens avaient quitté un pays où le squire ou propriétaire foncier jouissant d'un certain revenu, occupait le premier rang au-dessous des barons et où, pour être membre du jury et juge de paix il fallait figurer au cens pour un certain montant fixé. Ajoutons que, dans la Grande-Bretagne, le pauvre, alors comme aujourd'hui, était un fardeau pesant sur les contribuables, et qu'il était méprisé. On comprend que la grande ambition du colon devait être de se créer un patrimoine et d'accroître sa fortune.
Le contraste le plus frappant qui se puisse observer, à cette époque, entre les colonies françaises et celles de l'Angleterre, c'est l'importance différente attachée aux questions d'argent. Ainsi, quand les colonies anglaises sont atta­quées, saccagées par les Indiens et qu'il s'agit de se défendre, ce qui paralyse et retarde la répression, c'est la question des frais de guerre, d'armement et d'équipement, dont chaque groupe ne veut supporter qu'une part minimum.
Dans la Virginie, on lésine pour le traitement des curés ; on refuse parfois ce traitement aux gouverneurs dans la Nouvelle-Angleterre. Les Canadiens, eux, qui se battaient sans être payés et vivaient pour ainsi dire au jour le jour, se trouvaient, au moment de la conquête par l'Angleterre, alors qu'ils ne comp­taient que soixante-cinq mille âmes, créanciers du gouvernement français pour quarante millions de francs,
« Les Virginiens sont hospitaliers et magnifiques, dit Chastellux 1, mais très attachés à leurs intérêts, et leurs grandes richesses jointes à leurs préten­tions rendent encore ce vice plus difforme ».


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