Drame en cinq actes et en vers de Victor hugo





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André Durand présente
‘’Ruy Blas’’

(1838)
drame en cinq actes et en vers de Victor HUGO

pour lequel on trouve un résumé
puis successivement l’examen de :
l’intérêt de l’action (page 3)
l’intérêt littéraire (page 3)
l’intérêt documentaire (page 4)
l’intérêt psychologique (page 4)
l’intérêt philosophique (page 4)
la destinée de l’œuvre (page 5)

Bonne lecture !


Acte I. “Don Saluste”
En 169..., à Madrid, Don Salluste de Bazan, grand seigneur et ministre, va quitter la cour parce qu’il est en disgrâce, la jeune reine n’ayant pas apprécié un de ses écarts de conduite. Il médite de se venger et a convoqué à cet effet son cousin, Don César de Bazan, grand seigneur dévoyé, connu dans la bohème sous le nom de Zafari. Mais, apprenant qu'il s'agit de se venger d'une femme, Don César qui, dans sa dégradation, est resté chevaleresque, refuse avec indignation. Aussi Don Salluste le fait-il arrrêter et livrer aux pirates barbaresques. Mais il a surpris une extraordinaire confidence de son ambitieux valet, Ruy Blas, à Zafari : le laquais est amoureux de la reine d'Espagne ! Cette passion va servir les sombres desseins de Don Salluste : présentant Ruy Blas à la cour sous le nom de Don César, grand d'Espagne, il l’engage dans cette entreprise infâme, lui ordonnant «de plaire à cette femme et d'être son amant».
Acte II. “La reine d'Espagne”
Cloîtrée dans son palais, Maria de Neubourg s'ennuie ; elle rêve au mystérieux inconnu qui lui fait parvenir, au péril de sa vie, les fleurs qu'elle aime ; le dernier bouquet était même accompagné d'une lettre d'amour. Le roi lui donne pour écuyer un jeune seigneur, Don César, en qui elle devine l'auteur de la lettre, ne pouvant dissimuler son émotion. Jaloux, le vieux Don Guritan provoque en duel Don César-Ruy Blas. Pour sauver celui-ci, la reine écarte Don Guritan.
Acte III. “Ruy Blas”
«Heureux, aimé, vainqueur ! Duc d’Olmedo, l’Espagne à mes pieds, j’ai son coeur !» s’écrie Ruy Blas qui, en effet, par la faveur de la reine, est devenu duc d’Olmedo, chevalier de la Toison d’or, secrétaire universel et premier ministre. Son amour lui donnant du génie, il tente de régénérer l'Espagne. Dans une tirade véhémente (« Bon appétit ! messieurs ! »), il apostrophe durement les ministres prévaricateurs qui se partagent les profits de l’empire, leur reproche leur corruption. La reine l'a entendu : sensible à tant de grandeur et de pureté, elle, que délaisse son époux, s’éprend de Ruy Blas et lui fait l’aveu de son amour. Mais Don Salluste est de retour : il raille Ruy Blas de se prendre au sérieux et l'humilie cruellement. Sans savoir encore ce que trame ce misérable, Ruy Blas tremble pour la reine.
Acte IV. “Don César”
Brusque détente : le vrai Don César a échappé aux Barbaresques ; il tombe par la cheminée... dans le logis secret du faux Don César : d'où une série de quiproquos du plus haut comique, exploités avec verve par César-Zafàri. Son intervention va-t-elle sauver Ruy Blas et la reine? Non : Don Salluste paraît et fait arrêter son cousin.

Acte V. “Le tigre et le lion”
Utilisant un billet qu'il avait fait écrire par Ruy Blas à l'acte Il, Don Salluste convie les bien-aimés à un rendez-vous galant dans sa maison privée. Mais c’est un guet-apens. À la reine qui est d’abord seule, il révèle que celui qu’elle aime est un laquais. Surprise par lui en compagnie de Ruy Blas, elle sera déshonorée ; il lui offre de renoncer au trône et de partir avec «Don César». Mais, tandis que le traître savoure son triomphe, Ruy Blas survient, ferme au verrou la porte de la pièce ; puis, revenant sans bruit derrière Son Salluste, il lui arrache son épée. Ce coup de théâtre renverse la situation : le valet bafoué, complice malgré lui d’un atroce complot contre la femme qu’il aime, devient soudain le Justicier et, avant de le tuer, il assène à Don Salluste :

«Monseigneur, nous faisons un assemblage infâme :

J’ai l’habit d’un laquais et vous en avez l’âme».

Lorsque Ruy Blas reparaît, la reine refuse de lui pardonner. Alors il s’empoisonne. La reine, désespérée, lui crie qu’elle lui pardonne et qu’elle l’aime. «Si j’avais pardonné?» demande-t-elle. «J’aurais agi de même» répond le héros qui meurt content car la reine, en l’étreignant une dernièrre fois, ne l’a plus appelé Don César mais Ruy Blas.
Analyse
Intérêt de l’action
L’idée d’un laquais amoureux d’une reine serait venue à Victor Hugo à la lecture des “Confessions” de Jean-Jacques Rousseau. Mais il n’en a retenu que l’aspect le plus linéaire et non cette vie souterraine et obscure qui bouillonne chez l’auteur du XVIIIe siècle.

La pièce, qui est une pièce éclatante, à éclats, est pourtant sobrement construite sur une intrigue, certes peu vraisemblable, mais unique et serrée, l'action ne cessant, par un effet de gradation, sans excès de diversions, de se tendre du commencement au dénouement qui est frappant. Victor Hugo a indiqué lui-même qu’il avait, cette fois, préféré «un effet de gradation plutôt que d’étonnement».

L’action est mélodramatique, car, tout au long, pèse une menace obsédante, la vengeance machiavélique de Don Salluste qui poursuit la reine d'une haine implacable et ne considère Ruy Blas que comme un vil instrument. L'éclat du drame d'amour s'en trouve rehaussé ; passion émouvante et bien romantique, cet amour d'un laquais pour une reine a le charme douloureux des rêves impossibles. C'est par un trait de grotesque tragique qu’un sort absurde a donné à Ruy Blas, avec une âme sublime, l'état de laquais.

Mais Victor Hugo, voulant faire de sa pièce une illustration éclatante du mélange des genres, a inséré du comique dans le tragique. À l'acte Il, la gaieté vive de Casilda, suivante de la reine, contraste avec le mortel ennui qui pèse sur la cour et avec les gestes d'automates de la «camerera mayor» et de Don Guritan. À l'acte IV, le retour imprévu du vrai don César vient enrichir l’intrigue de nouveaux rebondissements et d’un comique gratuit. L’acte presque entier est animé par les bouffonneries de ce personnage qui n'était nullement indispensable à l'action mais apporte une détente burlesque. Dans cette demeure magique où il est entré par la cheminée, il a trouvé un pâté succulent et un vin délectable ; il y a reçu un monceau d'or et l'assurance qu'une mystérieuse dame viendrait au rendez-vous fixé. À la scène 5 s’offre à lui un duel : il est décidément comblé et c’est un plaisant affrontement, corsé par un quiproquo, que celui de deux personnages burlesques : car la dignité offensée de Don Guritan, qui est parfaitement inaccessible à l'humour, n'est pas moins bouffonne que la verve insouciante et gouailleuse de Don César.
Intérêt littéraire
Avec cette pièce, Victor Hugo est revenu au vers. Il est beau, tour à tour ample, grave, souple, joyeux, sonore, envoûtant, plaintif. La pièce est transfigurée par la poésie. La reine et Ruy Blas chantent leur enthousiasme, leurs rêves, leur mélancolie, leur amour, avec un lyrisme qui a un grand pouvoir de suggestion. On a retenu la fameuse antithèse par laquelle se définit Ruy Blas : «un ver de terre amoureux d’une étoile». La reine déclare son amour dans de beaux élans :

«Don César, je vous donne mon âme

Reine pour tous, pour vous je ne suis qu’une femme.»
«Ô César ! un esprit sublime est dans ta tête.

Sois fier, car le génie est ta couronne à toi !»
Dans les scènes comiques, Victor Hugo montra une verve étincelante où les gamineries n’excluent pas la poésie, déploya tout un comique de mots : répliques du tac au tac, antiphrases, jeux de mots.

Intérêt documentaire
L’écrivain épique qu’était Victor Hugo donna dans “Ruy Blas” une remarquable peinture de la monarchie espagnole décadente au XVIIe siècle, son élite étant corrompue et sans échine.

Don Salluste et Don César figurent les deux aspects de l’aristocratie.

Le tableau de la corruption se condense dans la grande tirade («Bon appétit ! messieurs !...») où Ruy Blas, qui a entrepris d’arrêter la décadence, invective les ministres, tirade qui suspend l’action mais présente en elle-même le plus vif intérêt moral et esthétique.

Mais, à travers l’ancienne monarchie espagnole, Victor Hugo visait aussi l’actuelle monarchie française, montrant son inanité.

On a pu reconnaître la duchesse d’Orléans dans Marie de Neubourg.
Intérêt psychologique
Victor Hugo exploita le contraste des caractères, créa, avec son manichéisme habituel, des héros tout bons ou tout mauvais. Chaque personnage est porteur d’un symbolisme polyvalent.

Don Salluste, grand seigneur et méchant homme, être intelligent, calculateur, fourbe et perfide, qui fait se succéder l’autorité brutale et la gentillesse factice, est manifestement le traître odieux.

Don César, personnage fantasque et truculent, plein de santé et de liberté, est sympathique mais déchu.

Les héros sont jeunes et beaux.

En Maria de Neubourg, l'auteur a voulu étudier, derrière la reine, la simple femme, tendre, rêveuse, avide d'affection, exilée loin des siens dans une cour étrangère.

Chez Ruy Blas, on trouve un valet dont les valeurs morales et intellectuelles dépassent de loin celles de son maître. Comment ne pas songer à son égard à cette phrase prononcée par Figaro dans ‘’Le barbier de Séville’’ : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, votre excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valet? » Il éprouve une fascination incompréhensible pour Don Salluste qui lui renvoie son image de servitude, la pièce étant la tragédie de l’homme déguisé, obligé de jouer un rôle pour échapper à sa condition. Puis, chez ce laquais élevé au rang de premier ministre, s’entremêlent son amour idéal pour la reine et son désir d’absolu en politique, domaine où, sa noblesse d’âme égalant sa droiture, il révèle trop de naïveté pour être vraiment un homme d’État. Mais, ramené à la fin au constat lucide de sa vie et de son travestissement, il montre de la grandeur dans la reprise de son moi et de son nom : «Je m’appelle Ruy Blas
Intérêt philosophique
Comme toute grande oeuvre, “Ruy Blas” est susceptible de diverses interprétations et suscite parmi les spectateurs autant de réactions qu’ils comptent de catégories d’esprits. Victor Hugo lui-même, en 1838, dans sa “Préface”, suggéra toute une interprétation symbolique de son drame, en rapport avec la philosophie de l'Histoire et la philosophie morale, indiqua une superposition d’intentions qu’il justifia en fonction des diverses espèces de spectateurs : «Le sujet philosophique de “Ruy Blas”, c’est le peuple aspirant aux régions élevées ; le sujet humain, c’est un homme qui aime une femme ; le sujet dramatique, c’est un laquais qui aime une reine.»
Le thème politique est celui de ses autres drames : la pièce montre comment un ordre social artificiel, inhumain et caduc, une monarchie à l’agonie, brise l’énergie neuve d’un individu authentique. Un grand souffle de générosité anime la pièce et, avec Ruy Blas, est faite l’apologie du génie populaire, riche de sève ardente et de vertus méconnues.

Mais Hugo, illustrant encore son idée que les destinées collectives et les destinées individuelles sont liées comme l’envers et l’endroit d’une même trame, alla jusqu’au bout de ses conséquences, avec une audace et une clarté sans précédent. Le héros vient du peuple et, en lui, l’aspiration «humaine» (l’amour) et l’entreprise politique (le salut de l’Espagne) maintenant confondus, conjuguent l’accomplissement de soi à celui de l’Histoire. Ou le feraient, si cette ambition n’était pas vouée à l’échec et intimement dégradée par l’emprunt à l’adversaire de ses moyens (noblesse usurpée et autorité du favori) et de ses fins : la reine et le pouvoir.

De ce fait, la parole, si elle est abondante, est inopérante : soit parce que celui qui la dit n’a pas le droit de le faire, soit parce qu’elle est destinée à qui ne veut pas l’entendre (le célèbre «Bon appétit ! messieurs !...» est adressé à des privilégiés qui ferment leurs oreilles, et est prononcé par un homme dont l’identité est masquée et qui n’a, en fait, ni pouvoir ni droit parce qu’il est un laquais). Ainsi est dite la vanité de la parole seule, de la parole parlementaire, simple leurre dans la monarchie censitaire qui dirigeait alors la France, de la parole de l’artiste contre la coalition des privilégiés, au moment même où il s’engageait dans la voie du romantisme réformiste.
Destinée de l’oeuvre
La pièce a été créée le 8 novembre 1838 au Théâtre de la Renaissance dont Victor Hugo avait obtenu la direction, avec Alexandre Dumas, afin que le drame romantique fût maître chez lui. Mais elle n’eut qu’un demi-succès.

Ce drame, parce qu'il est le plus achevé, qu’il peut être considéré comme le plus classique de ceux de Hugo, qu’il est son chef-d'œuvre théâtral par sa perfection dramatique, par la clarté de ses enjeux et leur actualité permanente, est le seul qu'on joue encore régulièrement, non seulement à la Comédie-Française mais pour tous les publics. En 1954, à l’aube du T.N.P., Jean Vilar l’a mis en scène avec Gérard Philipe.

En 1990, à Montréal, la pièce a été montée au théâtre du Rideau-Vert dans une mise en scène de Guillermo de Andrea, avec Denis Bernard, Gérard Poirier et Geneviève Rioux.
André Durand
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