Villefranche-sur-mer port militaire du royaume de piemont-sardaigne





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date de publication13.05.2017
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Association « Une Yole pour Villefranche »



VILLEFRANCHE-SUR-MER

PORT MILITAIRE DU ROYAUME DE PIEMONT-SARDAIGNE



Qui imaginerait que la Savoie possédait son ... port de guerre à deux pas de Nice ?
Entre Monaco et Nice, au débouché des Alpes, la rade de Villefranche-sur-Mer a de tout temps constitué une étape incontournable sur les routes maritimes de la Méditerranée.
Le site a tout pour séduire : une rade vaste, profonde, facilement accessible et bien protégée sur trois côtés.
Le Duché de Savoie, plus tard Royaume de Piémont-Sardaigne, était un état montagnard dirigé depuis Turin. Le Comté de Nice fut longtemps sa seule fenêtre sur la mer. La rade de Villefranche devint naturellement le site du port royal.
De cette époque subsiste, dans la « Darse », ancien arsenal, de nombreux témoins architecturaux, miraculeusement préservés au cœur d’une Côte d’Azur très urbanisée.
Durant la grande époque du port de guerre, les navires de toutes nationalités mouillaient en rade entourés d’une multitude de yoles qui les reliaient à la terre. La yole de Bantry « Laïssa Ana » trouve donc naturellement sa place dans un site que fréquentaient ses devancières et s’intègre harmonieusement à l’architecture du port royal de la darse.


Le site



Pour qui arrive à Villefranche par la corniche ou le col qui la relie à Nice, le spectacle est saisissant. La rade est entourée de toute part de falaises : Cap Ferrat, Cap de Nice, premiers contreforts des Alpes. Cet amphithéâtre de collines protège un vaste plan d’eau de deux kilomètres sur un et demi avec des fonds atteignant cent mètres.
Villefranche est située en bordure d’un axe maritime important de Méditerranée, à mi-distance des grands ports de Gènes et de Marseille. Elle constituait aussi autrefois le débouché de la « Route du sel » qui traversait le sud des Alpes.
Aux époques où la navigation se faisait près des côtes avec des ravitaillements fréquents en eau et en vivres, la rade de Villefranche offrait un havre salutaire pouvant abriter une flotte entière.


Les origines




  • Olivula



Les avantages maritimes de la rade de Villefranche ont été reconnus à toutes les époques mais son développement urbain n’a débuté que tardivement.
L’itinéraire maritime d’Antonin parle bien d’un « Portus Olivula » en fond de la baie de Villefranche mais aucun vestige romain n’a été retrouvé à ce jour. Olivula, devant les menaces surgies de la mer, migre à la fin de l’antiquité sur le plateau St Michel qui domine la ville actuelle.
Une piraterie intense et audacieuse utilise la rade comme base au début du Moyen Age. Elle pousse les comtes de Provence à prendre des mesures défensives et à installer une population permanente. Ils font le choix de créer une bourgade dans le fond de la rade d’Olivula.

  • 8 août 1295 Fondation de Villefranche
Charles II d’Anjou, Comte de Provence, fonde une « ville franche » (Villafranca) et lui octroie de nombreuses franchises commerciales par une charte de fondation conservée aux Archives de la ville.




  • 28 septembre 1388 « Dédition » du Comté de Nice à la Maison de Savoie


A la suite des intrigues de Jean Grimaldi, baron de Beuil, les populations du Comté de Nice rentrent en rébellion contre leur suzerain provençal et se donnent (« deditio ») au duc de Savoie Amédée VII, offrant à ce souverain montagnard un débouché vers la Méditerranée.

La Renaissance



A l’aube du XVI° siècle, la Méditerranée conserve son rôle dominant dans l’aventure maritime. Les souverains d’Europe s’y affrontent et utilisent la rade de Villefranche comme point d’appui dans leurs conflits. Elle sert aussi de point de relâche pour les navires de commerce transitant au nord de la Méditerranée.



  • 1516 Naufrage de la Lomellina


Une tornade d’une extrême violence coule au milieu de la rade une caraque génoise, la Lomellina. Durant les vingt dernières années, des campagnes de fouilles ont explorée l’épave de l’un des plus anciens et intéressants navires de la Renaissance retrouvés à ce jour.



  • 1527 Les Chevaliers de Rhodes à Villefranche


Dès 1482, le Comté de Nice était devenu une base pour les Chevaliers de Rhodes (futurs « Chevaliers de Malte »). Ils arment et décorent à Villefranche une grande caraque, la Sainte-Anne, « vaisseau si puissant et si terrible qu’il était capable de combattre et de détruire cinquante galères ennemies ». Chassés de Rhodes par les Turcs, les Chevaliers embarquent sur la Sainte-Anne et trouvent un temps, durant leur longue errance qui les mènera à Malte, un refuge à Villefranche.



  • 1528 Le « Droit de Villefranche »


Une bulle de Clément VII institue le « Droit de Villefranche », une taxe sur toutes les marchandises transitant par le port. Cette redevance, fixée plus tard à 2 % de la valeur de la cargaison, s’appliquera aux navires qui rentrent en rade… ou qui passent au large.


  • 1538 Congrès de Nice


Dans le conflit qui oppose Charles Quint et François 1er, le pape Paul III offre sa médiation et propose comme terrain neutre pour les négociations le Comté de Nice. Charles Quint rejoint Villefranche par la mer et séjourne 40 jours en rade dans la galère impériale. François 1er est à Villeneuve, en territoire français, et le Pape fait la navette depuis son monastère de Nice. Une trêve est signée, très vite rompue.

A cette occasion, la reine de France, sœur de l’empereur, vient visiter son frère sur sa galère. Au retour, une passerelle se rompt sous le poids de la suite royale et la reine tombe à l’eau ! Sans dommage : nous sommes au mois de juin.


  • 1543 130 galères franco-turques dans la rade


La rade accueille une flotte franco-turque de 130 galères venues assiéger Nice. Une flotte de secours rassemblée par Charles Quint sauve la place mais les ducs de Savoie prennent conscience de la nécessité de défendre Villefranche.


  • 1557 Début de la construction des fortifications


Le duc de Savoie, Philibert Emmanuel, décide de protéger la rade de Villefranche en établissant une citadelle (Saint-Elme) en fond de rade, un fort (Mont-Alban) au sommet du col de Nice, suivi bientôt d’une troisième fortification (Saint-Hospice) sur le Cap Ferrat à l’entrée de la rade. Avec un plan en étoile, ces ouvrages sont adaptés à l’artillerie et annoncent déjà l’architecture du XVII° siècle. Le port de la Darse accueille ses premières galères de Savoie.


  • 1571 Bataille de Lépante


La flotte du Sultan, allié du Roi de France, affronte les galères du reste de la Chrétienté réunies à l’appel du Pape. Quatre galères de Savoie, basées à Villefranche, prennent part brillamment à cette éclatante victoire sur les Turcs et les Français.


  • 1582 1ère galère construite à Villefranche


La flotte de Savoie était composée de galères louées. La construction d’une galère à Villefranche inaugure une politique d’autonomie permettant au duché de Savoie de tenir une place honorable parmi ses voisins.


Le port royal




  • 1613 Le « port franc »


Charles Emmanuel 1er érige la ville en « port franc ». Cette ouverture très libérale aux étrangers attire, en particulier, des proscrits juifs venus d’Oran.

A partir de cette époque jusqu’à la fin du XVIII° s’érige le port de la Darse, arsenal des ducs de Savoie qui vont devenir en 1720 rois de Piémont-Sardaigne.


  • 1650 Le lazaret


Destiné à accueillir les personnes ou marchandises soumis à quarantaine, ce vaste ensemble comportait onze grands hangars. Il n’en subsiste qu’une élégante tour carrée au sud de la Darse


  • 1719 Les voûtes du « Quartier militaire »


Les huit arcades de pierre du « Quartier militaire » sont l’entrée d’impressionnants couloirs voûtés de 25 à 35 mètre de long destinés, en particulier, à l’entrepôt des mâts et rames des galères. Les voûtes furent surmontées, de 1771 à 1942, par une caserne destinée à l’accueil des soldats du Roi protégeant l’arsenal.


  • 1725 Le môle et sa mosquée


Le môle actuel du port est construit au début du XVIII°, comme en témoignent les clés de voûtes des niches, ornées de dates et de croix de Savoie. A son extrémité, une mosquée turque a subsisté jusqu’en 1773 ; elle accueillait les esclaves musulmans asservis sur les galères.


  • 1730 La « forme des galères »


Ce monument est le plus exceptionnel de la Darse ; son équivalent en France n’existe qu’à Rochefort. Dans ce bassin de radoub couvert à l’origine, les galères royales ont été construites et entretenues. Long de 62 mètres sur 12 et superbement appareillé, la forme pouvait accueillir des navires de toutes dimensions. Sa porte monumentale à trois arches a été détruite en 1851 pour permettre le passage de bateaux à roues à aubes.


  • 1769 L’hôpital des galériens et la « vieille forge »


A la fois prison et hôpital pour accueillir 200 galériens, le bâtiment comporte de grandes nefs. Dans le pavement se voit encore la trace des anneaux qui retenaient les forçats. Une superbe grille ouvragée isole l’ancienne chapelle des galériens.

Le bâtiment attenant, surmontée d’une élégante cheminée en spirale de style génois, hébergeait La forges et les ateliers de l’arsenal, face au bassin de radoub.


  • 1771 La corderie


L’acquisition puis la construction de frégates nécessite de nombreux cordages pour le gréement complexe de ces nouveaux navires. L’assemblage de ces cordages se pratique dans un bâtiment très allongé (185 mètres) qui fut rehaussé plus tard d’un étage.


  • 1776 Construction d’une première frégate


Dépassés techniquement par les navires de lignes disposant d’une forte puissance de feu, les galères sont progressivement supplantées par des frégates.

Villefranche devient française




En 1792, les troupes révolutionnaires envahissent le Comté de Nice et prennent sans difficulté le Mont-Alban et la citadelle de Villefranche. Le Comté restera français jusqu’au Congrès de Vienne (1815) qui le rend au Royaume de Piémont-Sardaigne et rattache à celui-ci la Ligurie. Le port royal étant alors transféré à Gènes, la Darse de Villefranche perd son importance.
En 1860, un plébiscite approuve le rattachement du Comté à la France. Le 12 septembre, Napoléon III et l’impératrice débarquent dans le port de la Darse et sont accueillis dans l’enthousiasme.
La rade de Villefranche accueille une escadre russe qui est basée dans l’ancien hôpital des galériens. Les russes y créeront par la suite un laboratoire, prémices de l’actuel Observatoire océanologique de Villefranche.
Un peu isolé de la ville de Villefranche, le port de la Darse s’assoupit peu à peu jusqu’à sa récente renaissance comme port de plaisance. Ce relatif oubli protégea peut-être son extraordinaire patrimoine.
Peu à peu, les Villefranchois prennent conscience de leur riche histoire maritime. Les découvertes archéologiques se succèdent dans la rade : La Lomellina, caraque génoise du XVI°, la Santa Dorothea, navire danois coulé en 1693 et une épave tout près de la plage des Marinières. Récemment, plusieurs campagnes de fouilles devant la pointe des Deux-Rubes ont permis de retrouver des poteries et vestiges abandonnés par les marins depuis le XV° siècle.

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Cet exposé succinct a occulté bien des aspects de Villefranche : la vieille ville fondée au XIII° et sa « rue obscure », le port de la Santé, les villas et le tourisme du XIX°, le passage de Cocteau, … mais on n’en voudra pas aux équipiers de la yole Laïssa Ana de privilégier « leur » port - la darse - et « leur » plan d’eau - la rade -.
Jacques Joncour


  • Les sources historiques de ce texte proviennent essentiellement des travaux de Mara DE CANDIDO, de l’Institut Polytechnique de Turin, à qui les passionnés d’histoire maritime de Villefranche expriment leur vive reconnaissance.


Pour en savoir plus sur la Darse, consultez le site de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Maritime de Villefranche-sur-Mer (ASPMV) et découvrez son dépliant de présentation de la Darse : http://www.darse.fr/
Vous pouvez aussi visionner une vidéo de présentation de la Darse :

http://www.dailymotion.com/video/xrxixc_nice-patrimoine-la-darse-de-villefranche-sur-mer_tv#.UKnPDoZs8_A
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Ce document a été réalisé pour le dossier de participation de Laïssa Ana au deuxième « Défi Jeunes Marins », rassemblement international de yoles de Bantry (Toulon 2004)
Ce texte est publié sous licence Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 Unported (reprise du texte créé par J. Joncour dans la page Wikipedia : Darse de Villefranche-sur-Mer)




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