Le sejour de karl marx a alger





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LE MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE DANS LES TRAVAUX DE MARX-ENGELS.
Les écrits de Marx-Engels sur ce problème sont très nombreux. Depuis surtout 1848, il y a une production énorme d'articles et d'études sur les mouvements de la société européenne et sur les sociétés dominées, colonisées.

L'architecture d'ensemble de ces travaux peut être résumée ainsi si nous prenons comme référence la période de temps 1848-1883.
L'Angleterre est la superpuissance économique de l'étape considérée. Elle domine les autres pays européens par ses avancées économiques et par le domaine colonial qu'elle possède déjà et qui ira augmentant, sans oublier l’Irlande qui est sa première colonie. La fonction historique du capitalisme anglais est de consolider et d'élargir non seulement le mouvement du capital mais aussi l'extension du salariat. Face à l'Angleterre, en Europe, il y a la France qui est une puissance politique beaucoup plus qu' économique, mais par le radicalisme de sa révolution bourgeoise elle devient pour l'ensemble des autres pays européens une référence historique pour la formulation de deux types de mouvements révolutionnaires: un mouvement historique de transformations et de dépassement des relations féodales ou précapitalistes et un autre mouvement d'ouverture, où la classe ouvrière, par son mouvement de plus en plus autonome, pourra créer les conditions d'une révolution communiste. La commune de 1871 est l'aboutissement de ce processus et la confirmation des analyses marxiennes. Ceci n'exclue pas que la France soit un pays capitaliste et qu'elle cherche aussi à étendre son domaine colonial, en voyant dans l'Angleterre un adversaire direct.
Face à ces deux pays, l'Allemagne encore en retard du point de vue de ses relations économiques et sociales encore pesantes et la Russie tsariste.
L'ensemble de ces pays, principalement L'Angleterre, la France et la Russie suivent de près l'évolution de l'Empire ottoman qui manifeste déjà des signes d'essoufflement et de déclin. C'est du démembrement bien plus tard de cet empire jusqu'aux années vingt du vingtième siècle, que naîtra à la fois le problème des nationalités et le problème colonial pour d'autres pays, principalement ceux situés en dehors de l'aire européenne.
D' où alors, pour ce qui est de la logique du mouvement révolutionnaire, la pensée de Marx-Engels semble se structurer de la façon suivante:
Il y a la revendication de la nécessité de la révolution communiste, comme conséquence logique du comportement brutal du capitalisme du 19ème siècle, avec ses crises, ses guerres et les formes de paupérisation des travailleurs et des couches sociales qui sont en dehors du monde des affaires. A cette tendance historique durable, il faut ajouter les mouvements de libération des pays européens du joug des pays tels que la Russie, l'Allemagne, la nécessité de la dislocation de l'Empire austro-hongrois et les pays sous domination ottomane.
Nous avons là deux séquences historiques profondes qui font l'objet d'un traitement théorique et pratique de la part de Marx-Engels.
Il y a la conception et la construction universelle relative à la nécessaire transformation du monde par le dépassement du capitalisme, considéré comme système mondial.

Mais pour que cette transformation et ce dépassement soient possibles, il est nécessaire d'un dépassement et d'une disparition des rapports économiques et sociaux de domination de peuples et de nations par d'autres. Il s'agit donc de fonder un mouvement révolutionnaire créateur de nouvelles nations dans l'espace européen. Sans l'accomplissement de cette étape, les exigences historiques de la transformation du monde ne peuvent pas être satisfaites. Et tout dépend comment elles sont satisfaites. Mais le processus historique mondial, aux yeux de Marx-Engels n'est pas achevé:
Quelle est la place des colonies dans cette vision d'ensemble ? Faut-il les assimiler au mouvement d'émancipation et de formation des nations européennes, ou bien leur situation historique est telle que nous sommes face à un autre ensemble de rapports sociaux différents ?
Ce qui semble être sûr, est qu'au retour de Marx à Londres, après son séjour à Alger, il y a eu une discussion ou un débat auquel a participé sans doute Engels, sur les voies et les modes d'émancipation des colonies, sur les types de colonies et sur la place que peut prendre un mouvement révolutionnaire d'émancipation. Il faudrait pousser les recherches plus loin pour voir si dans les écrits avant le départ de Marx pour Alger, la thèse qu'avance Engels dans une lettre qu'il adresse à Kautsky le 12 septembre 1882, quatre mois après le retour de Marx, se caractérise par autant de clarté et de précision. Voici l'essentiel de cette lettre:" Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Ma foi, la même chose que ce qu'ils pensent de la politique en général: ce qu'en pensent les bourgeois. Il n'y a pas ici de parti ouvrier, il n'y a que le parti conservateur et le parti libéral-radical, et les ouvriers profitent tranquillement avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. Selon moi, les colonies proprement dites, c. à. d. les pays occupés par une population européenne, le Canada, la Cap, l'Australie, deviendront tous indépendants; au contraire, les pays seulement assujettis, peuplés d'indigènes, l'Inde, l'Algérie, les possessions hollandaises, portugaises et espagnoles doivent être confiés provisoirement au prolétariat qui les conduira le plus vite possible à l'indépendance. Il est difficile de dire comment se développera ce processus. L'Inde fera peut-être une révolution, c'est même probable, et, comme le prolétariat qui s'affranchit ne peut pas mener de guerres coloniales, il faudra s'y résigner; cela n'ira évidemment pas sans ravages, mais ils sont inhérents à toute révolution. La même chose pourra se passer ailleurs, par ex. en Algérie et en Egypte, ce qui sera certainement pour nous le meilleur..." (35) bis
Si notre interprétation du texte est juste, le point de vue de Marx- Engels serait que les pays colonisés sont face à deux alternatives historiques: 1) l'une, serait que leur évolution historique est déterminée par l'évolution des pays capitalistes développés vers les transformations socialistes et communistes. Ceci concernerait la plus grande partie de ces pays. 2) l'autre, serait que certaines circonstances concrètes dans certains pays feront que leurs mouvements d'émancipation et de libération les feront sortir de la marche historique prévue.
QUE DEVIENT ALORS LE MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE ?
Il semble donc, qu'en faisant intervenir la conception d'ensemble de Marx-Engels, l'on soit face à une dualité du processus historique:

D' une part, le processus historique long étant déterminé par le mouvement de la révolution mondiale, et donc l'évolution du capitalisme comme système face à la volonté de libération de la classe ouvrière mondiale.
D'autre part, le processus historique court qui rejoint les volontés de libération et d'émancipation nationale de la domination coloniale directe, n'est pas une sortie du système, mais il contribue au renforcement et au déplacement des modes de domination et d'exploitation vers les classes sociales travailleuses de la société.
Et lorsque Marx dit " qu'ils sont fichus ou qu'ils iront au diable sans mouvement révolutionnaire", il pense que les problèmes des travailleurs et des masses des pays colonisés ne seront que plus difficiles à résoudre lorsque les pouvoirs de ces pays sont déterminés par les cycles des affaires et de la spéculation.
Ce qui est déjà une situation fortement vécue par la majorité de la société algérienne et d'autres sociétés comparables.
D’où, déficiences structurelles à l'instauration d'un mouvement révolutionnaire :

Lorsque les contradictions historiques d’une société ne sont pas résolues pendant le très long parcours de cette société, les jugements vrais que l’on porte sur leurs déficiences structurelles à une période passée, peuvent rester valables aussi pour des périodes ultérieures.
Mais alors, les modes d’expression de ces contradictions non résolues deviennent de plus en plus violents et de plus en plus tragiques.
Quels sont les obstacles organiques et structurels, qui ont empêché et empêchent jusqu’à nos jours, la formation d’un mouvement révolutionnaire ?
Mais d’abord, le sens donné au mouvement révolutionnaire.
C’est une organisation politique capable d’arracher la société à ses états multiformes de régression, de stationnarité, de stagnation qui se sont imposés avant et pendant la domination coloniale. Concevoir et construire une société nouvelle libérée de toutes les formes de domination , d’exploitation et de prédation par ces classes et couches sociales qui s’approprient les richesses matérielles et intellectuelles créées par la partie travailleuse et créatrice de la société…sans contrepartie, sans travail productif réel.
Et si rétrospectivement, nous réexaminons, même brièvement, le processus historique à la lumière de cette formulation, nous constatons que la société algérienne et beaucoup d’autres sociétés semblables ou comparables, ont vécu des étapes successives d’essais et d’erreurs dans les tentatives de création de mouvements révolutionnaires. Les instruments politiques élaborés jusqu’à ce jour ont été inadéquats à la plus grande partie du corps social qui aspire à de nouvelles formes de libération. La presse de nos jours, depuis quelque temps déjà, se fait souvent l’écho de ces insuffisances. D’énormes obstacles, politiques, idéologiques, dans une action conjuguée des forces internes avec les forces extérieures, s’opposent depuis l’indépendance, à la formation de mouvement révolutionnaire qui soit en adéquation profonde avec le potentiel de résistance atteint par les larges masses dans leurs luttes et leurs oppositions aux forces de domination et de prédation…
C’est dans ce sens qu’il faudrait comprendre les écrits de Marx.
D’autre part, les obstacles objectifs à l’instauration de ce mouvement révolutionnaire résident dans les déficits de structures forgés par l’action conjuguée des mécanismes du retard historique précolonial et les destructions, les déstabilisations et les détournements des activités des structures économiques et sociales algériennes sous domination coloniale étrangère. L’action conjuguée de ces deux tendances lourdes dans le corps social profond de la société, crée une faille où les structures qui organisent le mouvement de la société dans une action intégrée, perdent les liens et les chaînons intermédiaires qui devraient donner à leurs articulations un sens, une direction. Il s’ensuit une sorte de « myopie sociale » et des perturbations de longue durée dans le fonctionnement politique et idéologique de la société.
C’est en ce sens, et à la lumière de l’évolution de la société depuis le 19ème siècle qu’il faut comprendre l’appel de Marx. Il faudrait faire sans doute, l’inventaire de ces chaînons manquants si nous voulons comprendre les perturbations actuelles vécues et portées par la société algérienne.
Sous un autre aspect, Il faudrait remarquer que dans la théorie marxienne de la domination et des formes d’exploitation coloniale, il y a sous-jacente une conception du retard économique des pays et des continents colonisés. Le sous-développement est un rapport social qui s’imposera plus tard, lorsque la domination du capitalisme étranger sur les autres parties du monde s’intensifiera et se généralisera.
Les impressions et les jugements de Marx ne se limitent pas à ce que nous venons d’exposer.
D’autres séquences passées et présentes de la vie à Alger.

La visite du Hamma rappelle à Marx la défaite de la flotte de Ch. Quint en 1541 : « … Je me permets de noter que c’est précisément à ce Hamma qu’eut lieu, le 23 octobre 1541, le débarquement de 24 000 soldats sous les ordres de l’empereur Charles-Quint (ou Carlos 1er , comme l’appellent les Espagnols) ; 8 jours plus tard, il dut rembarquer les beaux restes de son armée détruite, sur les vaisseaux échappés à la tempête du 26 et ralliés à grand peine par Doria* à Matifou… » (36)
Du juge Fermé, Marx tient beaucoup d’informations. Des « flash » de la vie de la capitale coloniale ; des formes de résistance des autochtones au pouvoir colonial, des comportements de couches et groupes sociaux étrangers, comme il y en a dans toutes les capitales du pourtour méditerranéen. Il les livre telles qu’elles : « Dans la capitale d’une colonie, la vie est toujours chère….dans aucune autre ville qui soit en même temps le siège du gouvernement central, il n’existe un tel laisser faire, laisser passer…la police est réduite au plus strict minimum…Les musulmans en réalité n’acceptent pas de subordination ; ce ne sont ni des « sujets », ni des « administrés »….Et cependant, étant donné ce salmis d’éléments de diverses nationalités et de nature peu scrupuleuse, des heurts sont souvent inévitables …» 37) 
Et enfin ce texte que Marx tire des trésors des fables et d’histoires que la société algérienne a conservés pendant longtemps, souvent transmis par voie orale. L’a-t-il lu pendant son séjour ? le lui a-t-on raconté ? Nous ne savons rien. Mais selon les habitudes, ces histoires « circulaient » le soir, pendant les veillées nocturnes, lorsque les gens de la cité se rencontraient. Un peu une vision critique des modes anciens d’acquisition du savoir théorique, au détriment des connaissances pratiques. Est-ce une façon de se situer par rapport à la société coloniale ?

«  …Pour finir, comme disait Mayer de Souabe : plaçons-nous d’un point de vue historique un peu plus élevé. Nos Arabes nomades ( à bien des égards, ils sont tombés assez bas, mais la lutte pour l’existence leur a conservé pas mal de solides qualités) se souviennent que leur peuple a produit autrefois de grands philosophes, des savants, etc. et ils savent que les Européens les raillent en raison de leur actuelle ignorance. D’où leur petit apologue arabe que voici, tout à fait caractéristique.

« Un passeur se tient prêt à traverser un fleuve impétueux dans une petite barque. Monte un philosophe désireux de gagner la rive opposée. S’établit alors le dialogue que voici :

« Le Philosophe : Passeur, connais-tu l’histoire ?

« Le Passeur : Non !

« Le Philosophe : Alors tu as perdu la moitié de ta vie !

« Le Philosophe reprend : As-tu étudié les mathématiques ?

« Le Passeur : Non ! 

« Le Philosophe : Alors tu as perdu plus de la moitié de ta vie.

« A peine le philosophe avait-il dit ces mots que le vent fit chavirer le canot et que ses deux occupants, philosophe et passeur, sont précipités dans l’eau.

« Le Passeur, criant : Sais-tu nager ?

« Le Philosophe : Non !

« Le Passeur : Alors ta vie tout entière est perdue.

« Cette fable aura pour toi un petit parfum arabe » (39)
Faudrait – il croire que Marx ait voulu délivrer un message en choisissant la forme allégorique ? Il écrit les Européens et non les Français. Il écrit les Nomades puis il ajoute les Arabes. Sont-ce là des formes d’expression prudentes ? L’essentiel étant de faire aboutir la justesse d’un message même s’il est enveloppé dans une fable ?. Ce sont là des interrogations sans réponses.

Ce qui est sûr cependant, est que son passage à Alger n’a pas laissé la presse bourgeoise indifférente, ni sans aucun doute aussi les services des renseignements. A titre d’exemple, dans une lettre à Engels du 10 août 1882 – cinq mois après son retour d’Alger - Marx mentionne les maladresses de Liebknecht qui a laissé ébruiter la nouvelle de son futur passage à Paris. Le Journal français Le Temps écrira que Liebknecht « se rend à Paris pour mettre au point les relations entre les ouvriers allemands et rendre visite au socialiste Karl Marx, qui de retour d’Alger, habite Argenteuil… ». 

Ou encore, ne faudrait-il pas ranger dans le « registre » des prudences de Marx l’absence de commentaire à son ami Engels sur la nouvelle parue dans le journal algérois le Petit Colon Algérien du 19 avril 1882, disant : « que Libknecht est un de ces vaillants de l’idée qui ne craignent pas de souffrir pour leurs convictions. En plein triomphe bismarckien, il avait déjà mérité la prison… » Par contre, Marx apprend dans le même journal, une dizaine de jours plus tard,  la mort de Charles Darwin.

Ou encore, avant que ne décède son épouse, et en prévision sans doute de son départ pour Argenteuil, près de Paris, où réside sa fille, Marx s’informe auprès de son gendre Longuet, qui connaissait Clémenceau, alors membre de l’Assemblée nationale française et porte-parole du Groupe parlementaire des Radicaux, si son passage à Paris ne susciterait pas de réaction de la part de la police française…Clémenceau répondit « qu’il n’avait absolument pas à craindre de réactions de la part de la police »

Autrement dit, chez Marx la prudence est toujours de mise. Il sait très bien que l’Algérie est « une possession coloniale ! » Il n’a pas oublié les démêlés politiques qu’il a eus avec la police française. Il faut rappeler qu’il a été expulsé de Belgique en 1848 et de France en 1849, période où le marxisme était en pleine formation. Pour preuve, la parution en 1848 du Manifeste du Parti Communiste.

Et même, si le voyage en Algérie s’est fait sans exigence de passeport, mais seulement un billet comportant le nom du passager – comme l’indique Marx dans sa première lettre d’Alger - la liste des passagers arrivant et partant d’Alger, a été régulièrement communiquée dans la presse. Il suffit de lire Al Khabar de cette période pour trouver la mention de son nom aussi bien à l’arrivée qu’au départ. (38)
Nous pensons donc que le passage et le séjour de Marx à Alger n’est en aucune façon passé inaperçu. Il faudrait entreprendre des recherches plus fines en compulsant la presse locale en arabe et en français, ainsi que la presse française en France pendant cette période, pour savoir jusqu’à quel point ce séjour a été à la fois connu et « ignoré » dans et par des cercles restreints.

 

Ainsi, lorsque nous examinons l’ensemble de la correspondance de Marx sur son séjour à Alger, nous constatons :
Il y a des lettres, où la description de cette maladie prend la place la plus grande. Cette période se situe entre les premiers jours de son arrivée et de son séjour à Alger jusqu’à la fin mars 1882. Dans cette partie de la correspondance, il y a chez Marx comme une relation maligne qui s’est établie au climat algérois, à ses évolutions, ses caprices et ses modes d’action sur le corps du malade. Ce climat, malgré tout, lui permet d’observer le ciel et admirer le paysage majestueux de la ville, soumise, comme par une fatalité inattendue, inhabituelle, aux caprices et aux changements brusques d’un temps devenu cruel.
Dans la deuxième partie des lettres, de la fin mars, début du mois d’avril, jusqu’à son départ d’Alger, Marx recouvre progressivement et sûrement sa santé, grâce aux soins préconisés par le docteur Stephann et le personnel soignant à la Pension Victoria. Dans les lettres de cette période, Marx traite des relations sociales qui font la vie du microcosme algérois. Séquences de la vie passée de la société algérienne, des obstacles qu’elle rencontre dans son parcours. Ces obstacles sont de deux sortes, ceux dressés par la réalité de la domination coloniale et ceux propres au fonctionnement de la société algérienne, dans certaines séquences de son histoire passée. Le nombre limité des lettres fait que, pour ceux qui connaissent Marx dans ses écrits, il est tout à fait admis d’accepter le ton allusif, narratif et parfois allégorique qui caractérise cette partie de la correspondance.
Au vu de l’ensemble de ces lettres, il y a lieu de revoir la vision qui a consisté à traiter ces lettres comme détachées, comme en dehors de la production théorique de Marx. Ces lettres, de près ou de loin, fixent une partie de notre histoire, celle du « microcosme européen » de la Pension Victoria et celle du «  microcosme algérois » à travers lequel Marx saisit des tranches de vie de la société algérienne.

Pour ces deux aspects, ces lettres font partie de ce que Marx et Engels nous ont légués sur l’histoire du précapitalisme et sur des formes de la domination capitaliste coloniale.
Ce champ théorique tient une grande place, non encore suffisamment répertoriée dans l’œuvre de Marx-Engels. Il est encore peu exploré, sinon ignoré par les chercheurs des pays dits du « tiers-monde ». La méconnaissance de ces aspects de la théorie coloniale conduit à l’ignorance des spécificités économiques et sociales de ces pays. Et souvent à des appréciations fausses ou tronquées de l'apport scientifique de Marx-Engels.
Comment voulez-vous alors construire une politique économique et une politique de développement adéquates, quand sont ignorées ou ne sont pas prises en compte les tendances historiques lourdes d’une société ?
Cette ignorance a conduit à passer nécessairement à côté des réalités profondes de l’Algérie. Il s’en est suivi et il s’ensuit encore de grands gaspillages de ressources humaines et matérielles. 
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