Ce rapport épistolaire entre deux jeunes-filles qui ne se sont jamais vu ? 12





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Conclusion

Jarry met au point avec Ubu roi une révolution du théâtre. A peu près à la même époque se produit une transformation profonde de la musique (Ravel, Debussy, et bientôt Stravinski), de la peinture (Picasso, puis l'art abstrait) et de l'art en général. Les surréalistes dans les années 1920, feront de Jarry l'un de leurs précurseurs.

Le génie de Jarry, c’est d’avoir dépassé les bornes de la bienséance et de la vraisemblance pour aborder les rivages du grotesque et du surréalisme.

Car c’est par l’absurde et la dérision qu’il atteint son but de contestataire d’un pouvoir ultra centralisé, corrupteur et complètement pourri. Ubu roi, calqué sur des thèmes et des schémas shakespeariens est une énorme farce. Comme telle, elle doit faire rire, rire aux larmes, d’un rire dévastateur et irrespectueux qui peut seul permettre de faire table rase, avant de pouvoir peut-être retrouver quelques valeurs essentielles sur quoi rebâtir une humanité digne de ce nom.



2 Lettres de l’intérieur

Lettres de l’intérieur est au départ un roman épistolaire de John Marsden. Il est né à Melbourne en 1950. A 28 ans, il s’oriente vers l’enseignement. Professeur d’anglais confronté à l’apathie de ses étudiants, il décide d’écrire pour eux. En 1982, il est arrêté lors d’un blocus contre la construction d’un barrage en Tasmanie. Comme toutes les prisons sont pleines, il est placé en quartier de haute sécurité à Ridson Prison. Il utilisera cette expérience pour écrire Lettres de l’intérieur.

Un jour, Mandy, quinze ans, décide de répondre à l’annonce de Tracy, quinze ans elle aussi, qui cherche une correspondante. Petites histoires de filles, de chiens et de chats, de lycée, joies du basket… Mandy est joyeusement éblouie par la famille «idéale» de sa correspondante, jusqu’au jour où elle s’aperçoit que finalement, elle ne sait rien d’elle …

La vérité apparaît : Tracy écrit d’une prison pour mineurs, et, apparemment, elle n’est pas là pour avoir pris le bus sans ticket. De l’autre côté, ce n’est pas rose non plus : le frère de Mandy accumule des signes de violence extrêmement inquiétants, que les parents refusent de voir.
A Création d’un pièce par la Compagnie Les Mistons

Depuis quelques années, la Compagnie théâtrale travaille sur un vaste projet intitulé « Correspondance », proposant de décliner les différents sens du terme : correspondance épistolaire, correspondance au sens du chemin, de changement de parcours. Dans Lettres de l’intérieur, il est aussi question de silence et de parole. Mais à distance. Ici, le silence, c’est l’attente, l’espoir d’une lettre, l’angoisse de ne plus en recevoir.

Adapter et mettre en scène le roman de John Marsden, c’est continuer à chercher ce qui se cache dans le langage et le non-verbal : donner de la voix et du corps à l’écriture ; donner du temps aux mots.
B Comment la mise en scène est-elle parvenue à retranscrire ce rapport épistolaire entre deux jeunes-filles qui ne se sont jamais vu ?

Quand nous avons pu parler après la pièce avec le metteur en scène et les comédiennes, nous avons abordé cette question. En effet, un roman épistolaire est fait pour être lu, mais il est plus difficile de jouer deux personnes qui correspondent par l’écriture, sans se voir, sans se parler.
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Pour symboliser deux correspondantes, la mise en scène a mis en place plusieurs techniques :

  • Les deux comédiennes ne se regardent pas tout au long du spectacle,

  • Elles restent chacune d’un côté de la scène,

  • Elles récitent leur texte, sans la lettre en regardant les spectateurs,

  • Elles font de même quand elles décrivent leurs émotions, leurs sentiments.


Le décor joue aussi un rôle important dans cette pièce.
Remarque : le metteur en scène nous a aussi expliqué que pour apprendre leur rôle et le jouer, les comédiennes ont commencé par dire leurs répliques en se regardant, ensuite progressivement elles ont joué sans se regarder.
C Le décor

Le décor permet de situer la fiction théâtrale. Seul deux lits symbolisent le milieu dans lequel vivent les deux personnages. Ils sont identiques mais pourtant on identifie deux lieux, l’un d’une jeune fille qui vit dans un bon quartier et l’autre dans une nudité qui symbolise son enferment.
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Les personnages jouent sur la position des lits, sur leurs jeux, en dessus, en dessous, sur le côté.

Au début les deux lits sont côte à côte, les lits symbolisent alors la tranquillité de leur vie. Elles sont heureuses de communiquer et semblent trouver un équilibre ensemble. Ensuite au fil des lettres, chacune apprend les angoisses de l’autre. Mandy a un frère violent et chaque soir elle a peur qu’il vienne la voir dans sa chambre. On découvre alors qu’elle dort sous son lit ou à côté.
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Le lit devient le symbole de la révolte et image la pensée dévastatrice de Tracy qui ne supporte plus de ne pas avoir de nouvelle de son amie depuis plusieurs mois. Ces lettres lui permettaient de tenir, d’accepter sa condition carcérale. Elle apprend la mort de son amie et de toute sa famille, tuée par le frère qui s’est suicidé ensuite. »
Quand Tracy explique à son amie la vérité, là aussi tout dérape. Elle supporte de moins en moins son enfermement, elle aimerait voir son amie mais en même temps elle a peur de la décevoir. Le lit commence à changer de place, le lit se retrouve contre un mur : l’espace semble se rétrécir au fil des lettres, au fil du temps. Le jeu des miroirs est aussi important. Au départ, les miroirs agrandissent la pièce, ensuite en les retournant (rétrécissement de la pièce), le personnage indique son impuissance face à une destinée où elle a peu de prise !

D Réaction du spectateur

Dans la dynamique de la pièce, on est partie prenante : on attend les lettres avec autant d’impatience que les personnages. On oublie complètement la simplicité du décor pour se plonger totalement dans la magie du texte. C’est un moment saisissant pour tous les publics.

Quand le spectacle s’est terminé, il y a eu un moment de silence qui fut interrompu par les applaudissements inconditionnels du public. Tout un chacun avait envie de perpétrer cet instant en rencontrant la troupe. Les jeunes comme les plus anciens se sont retrouvés autour d’une collation pour partager son ressenti, son positionnement face à la violence, à l’incompréhension face à des actes qui nous dépassent.

Le théâtre est un lieu privilégié où les langues se délient sur scène mais aussi après. Le théâtre rapproche les hommes.
Conclusion

Traiter le thème de la violence en passant par l'intime, la confidence, pour que chaque spectateur puisse se positionner, s'interroger, s'identifier. Porter ce texte pour parler et entendre la solitude et le désarroi de l'adolescence ; pour éviter que la violence extrême suggérée à la fin de la pièce ne se produise plus dans la réalité. Susciter, encourager le dialogue entre adolescents et adultes, confrontés à la difficulté de grandir dans un monde violent.

Donner de la force au pouvoir de la parole et de l'écriture dans les liens qu'elles créent : confiance, complicité, amitié, entraide, pour sortir du silence et de l'indifférence. Voilà les objectifs de la troupe, toucher le public en évoquant les difficultés à devenir adulte et à l’encourager à être « acteur » dans le monde présent et à venir.


3 Le mariage de Figaro


Le metteur en scène, J. Paul Tribout, met ici les comédiens, habillés en costumes d’époque, et le texte au premier plan. L’histoire se déroule à Séville, chez le comte Almaviva et sa femme Rosine, entourés de leurs valets, Figaro et Suzanne, dont le mariage est proche. L’intrigue aborde l’égalité, la justice, la relation maître/valet. Les situations vaudevillesques, les quiproquos, l’humour et les bons mots permettent à cette comédie de faire passer des messages forts.
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Cette pièce est très représentative de la tonalité des relations entre un maître et son valet. Le comte Almaviva et Figaro étaient complices dans « le Barbier de Séville » pour faire échouer le mariage entre Rosine et Bartholo et, ici, ils sont rivaux par rapport à Suzanne. Le comte veut utiliser le droit de cuissage sur Suzanne, ce droit qu’il avait aboli dans le Barbier de Séville. Cette relation de compétition permet de les mettre tous les deux sur le même plan : Figaro a pour lui, l’amour de Suzanne. Le Comte, lui, a la supériorité de sa situation sociale. L’intrigue de la pièce est sur un jeu de quiproquo ; chacun se demande ce que savent les autres. Les personnages utilisent des mots à double sens, ils se livrent à des enquêtes : ils prêchent le faux pour savoir le vrai. Le spectateur sait tout, il est complice des personnages.
A Les costumes

Les costumes sont magnifiques et ont une place très importante dans cette pièce.
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Ici, Le costume est réaliste : (celui que le personnage porterait dans la vie courante) qui fixe immédiatement le statut social du personnage ; nous retrouvons les costumes de l’époque de Beaumarchais. La comtesse, richement habillée impose ainsi son statut de femme du monde tandis que la servante, la femme de chambre porte un habit beaucoup plus simple.

Il est intéressant de voir que Beaumarchais a joué avec le costume.

Les costumes c’est-à-dire vêtements, masques, perruques ou maquillages, sont souvent ce que le spectateur perçoit d’abord du personnage. Le choix du costume revêt donc une signification primordiale et peut s’orienter dans plusieurs directions, parfois mêlées. C’est par le costume que le comte va être dupé au moment où sa femme lui tend un piège dans le jardin. Il croit reconnaitre Suzanne dans le jardin, il la courtise pour obtenir ses faveurs alors qu’il s’agit de sa femme qui s’est habillée avec les habits de sa servante. De même Figaro croira voir sa fiancée quand il verra la comtesse avec le comte Almaviva dans le jardin. Le costume est l’instrument idéal pour construire des pièges dans lesquels tombent tous les personnages, le dupeur dupé !
Dans l’acte II, scène VI, pour sauver son mariage avec Suzanne et démasquer le Comte qui a des visées sur elle, Figaro a imaginé un stratagème : il demande à Suzanne de fixer un rendez-vous avec le Comte le soir même dans le jardin. Mais il veut que ce soit Chérubin, déguisé en femme, qui prenne la place de Suzanne. Ainsi, le Comte sera pris sur le fait. Figaro demande donc à Suzanne et à la Comtesse de déguiser Chérubin.

C'est Suzanne qui déguise Chérubin. Elle l'habille en femme. Suzanne est un peu la représentante du dramaturge dans la scène. D'ailleurs, dans cette pièce, il y a souvent du théâtre dans le théâtre : les personnages jouent des rôles et la comédie.

B Les accessoires

Les accessoires ont aussi de l’importance dans ce jeu.

Le Ruban

C'est l'élément le plus symbolique de la pièce. A travers ce ruban, le ruban se réfère à Jean-Jacques Rousseau. Dans les Confessions, il raconte sa vie et quand il était jeune, il travaillait en tant que domestique. Etant amoureux d'une jeune servante, les héritiers de la patronne se rendent compte d'un vol de ruban. Jean-Jacques est accusé et lui accuse la jeune fille.

C'est aussi le symbole de la Comtesse puisque cela lui permettait d'attacher ses cheveux. Dans l'Acte II Scène 26, la Comtesse cache le ruban dans son sein.

Dans l'acte IV scène 3, elle le fait tomber par inadvertance. Ce ruban devient à la fin la jarretière de la mariée. Seulement, c'est Chérubin qui lui prend et récupère le ruban. Il est symbole de la circulation de la sensualité : il passe d'un membre d'un corps à un autre et d'une personne à une autre. Dans cette scène, le ruban est tâché de sang. Ce dernier symbolise :
Le sort de Chérubin : il va être soldat et cela symbolise le danger d'être soldat que Figaro avait évoqué à la scène 10 de l'Acte I. Chérubin mourra à la guerre dans la Mère Coupable.
C'est aussi un symbole féminin, il représente le sang menstruel.
On nous indique que le bras de Chérubin est très blanc. Le sang est symbole à la fois de virilité et de féminité et donc d'ambiguïté sexuelle.

Le ruban relie sensuellement Chérubin à la Comtesse (lien adultère) et en même temps, il sert de jarretière à la mariée (lien conjugal).
L'épingle
Elle a une connotation érotique. Depuis l'acte I Scène 7, " que tu es heureuse ! À tous moments la voir, lui parler, l'habiller le matin et la déshabiller le soir, épingle par épingle " dit Chérubin à Suzanne.

L'épingle est rattachée au corps de la Comtesse. Dans cette scène, on voit Suzanne qui attache la baigneuse avec des épingles sur la tête de Chérubin. Il est ici à la place de la Comtesse.

Chérubin désirait déshabiller la Comtesse et en fait, c'est Chérubin qui est en train de se faire habiller par Suzanne : c'est l'inverse de son désir. La Comtesse est troublée : il y a interversion des rôles.

Cette courte scène illustre l'atmosphère de légèreté qui règne tout au long de l'acte II. C'est une scène osée, coquine tout à fait dans l'esprit du temps (courant libertin du XVIIème siècle). C'est une scène dominée par le désir et son caractère ambivalent. Les objets du désir sont changeants et complexes. Les rôles sont constamment bouleversés.
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