Ufr psychologie – sciences de l’education





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2.2 LA RESILIENCE

2.2.1 Définition


Ce terme est connu depuis longtemps dans le domaine de la physique comme « caractéristique mécanique qui définit la résistance aux chocs des matériaux. »57. En informatique, la résilience est la capacité d'un système à continuer à fonctionner en dépit d'anomalies liées au défaut de ses éléments constitutifs. En sciences humaines, « la résilience peut être considérée comme un processus dynamique impliquant l'adaptation positive dans le cadre d'une adversité significative » (Anaut in revue ARSI58 n°82, p.4).

La littérature nous a donné de nombreux exemples de résilience : Rémy dans « sans famille » de Charles Dickens, « Poil de carotte » d'Hervé Bazin ; le cinéma n'est pas en reste avec récemment en 1998 le film « la vie est belle » qui utilise la dérision pour rendre l’insupportable, supportable. Magnifique mise en scène de la fonction protectrice de l'humour.

Le concept de la résilience, qui est encore en cours de développement, a été construit sur plusieurs disciplines variées comme la psychologie, la sociologie, la médecine etc.. Nous pouvons citer une définition proposée par Manciaux, Vanistendael, Leconte et Cyrulnik (2001) : « capacité d'une personne ou d'un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l'avenir en dépit d'éléments déstabilisants, de conditions de vie difficile, de traumatismes sévères ». B. Cyrulnik est neuro-psychiatre et responsable d’une chair d’éthologie à l’université de Toulon. Il a vulgarisé le concept de résilience. C’est un processus multifactoriel issu de l'interaction de l'individu et de son environnement. Il existe donc des variables internes au sujet, et des variables externes caractéristiques de son environnement social affectif. La résilience présente des facteurs individuels, familiaux, sociaux et/ou communautaires. La dimension dynamique de la résilience est importante. La résilience se décline comme une capacité à se ressaisir après un traumatisme, une heureuse construction ou un développement normal en dépit de risque, un rebond psychologique avec une force mobilisable dans d'autres circonstances. Pour de nombreux auteurs, la résilience est un potentiel existant pour chaque être humain. Michel Lemay (1999) la décrit comme « un formidable réservoir de santé dont disposerait chaque individu ». Les différentes composantes les plus souvent présentées sont : l'estime de soi, la confiance, l'optimisme, le sentiment d'espoir, la sociabilité. Pour Boris Cyrulnik (1989) « la résilience, c'est plus que résister, c'est aussi apprendre à vivre. L’épreuve, quand on l’a surmontée, ça change le goût du monde. »

Ce concept devient prévalant dans le monde, dans le champ de la santé. « La résilience enrichit la clinique en proposant de nouvelles perspectives dans la compréhension de la souffrance, de la prise en charge des patients » (Anaud, in revue ARSI, n° 82, p.4). Ce concept, objet de nombreuses recherches, ouvre à des applications cliniques intéressantes dans la pratique des soins. Cela est encore en construction actuellement.

2.2.2 Les facteurs de résilience


Cités par Anaut (in revue ARSI, n° 82, p.7)

Facteurs de résilience individuelle

  • habilité de résolution de problèmes

  • autonomie

  • capacité de distanciation face à un environnement perturbé

  • compétences sociales

  • empathie

  • altruisme

  • perception d'une relation positive avec un adulte

  • sociabilité, popularité


Facteurs de résilience familiale

Structure familiale

  • age des parents

  • nombre d'enfants (inf à 5)

  • espace entre les naissances

  • espace physique suffisant

  • spiritualité, idéologie

  • discipline éducative


Dynamique familiale

  • qualité de la communication

  • l'interaction chaleureuse et positive

  • support et affection





facteurs de résilience sociale et/ou communautaires

Niveau de résilience sociale :

  • les pairs

  • communauté sociale : école, quartier …

  • communautés religieuses ou idéologiques

  • la société et la culture

Formes de résilience sociale :

  • solidarité

  • attentes élevées

  • implication active

  • valeurs d'entraide et de tolérance sociale

  • diversité des supports et des ressources sociales





D’autres auteurs (Poletti, Dobbs, 2001) présentent dans leur ouvrage, 7 éléments fondamentaux de la résilience construite en un mandala (présenté en annexe 2.1).

  • La prise de conscience est la capacité à identifier les problèmes, leurs sources et à chercher des solutions.

  • L'indépendance est basée sur la capacité d'établir des limites entre soi-même et des personnes proches.

  • Le développement de relations satisfaisantes avec les autres.

  • L'initiative qui permet de se maîtriser et de maîtriser son environnement.

  • La créativité qui permet de penser autrement que les autres et de trouver refuge dans un monde imaginaire, qui permet aussi d’oublier la souffrance et d’exprimer positivement ses émotions.

  • l’humour dans le but de diminuer la tension intérieure et de déceler le comique au coeur de la tragédie.

Cyrulnik a décrit l'humour de manière plus scientifique : « remaniement cognitif de l'émotion associée à la représentation du trauma ». « L’humour sert à métamorphoser une souffrance en événements sociaux agréables pour transformer une perception qui fait mal en représentation qui fait sourire » (Cyrulnik, 2004).

2.2.3 Fonctionnement psychique de la résilience


« En psychologie clinique, l'approche de la résilience est volontairement restrictive. La résilience est considérée comme un processus dynamique qui implique le ressaisissement de soi après un traumatisme et la construction ou le développement normal en dépit des risques de désorganisation psychique » (Anaut in revue ARSI, n° 82, p.8). Pour cet auteur, l'analyse du fonctionnement psychique de la résilience se décompose en deux phases :

  • Confrontation au trauma et résistance à la désorganisation psychique. Le recours à des mécanismes défensifs d'urgence est caractéristique. Par exemple : déni, imaginaire, passage à l'acte, comportement passif/agressif etc.

  • Intégration des chocs et réparations : abandon de certaines défenses d'urgence pour privilégier les ressources défensives plus matures. Exemple : créativité, humour, intellectualisation, altruisme, sublimation. C'est à cette deuxième phase que Boris Cyrulnik attribue le mécanisme de reconstruction et de réparation qui a pour conséquence une capacité à vivre avec des comportements socialement acceptables. Cette phase psychique de la résilience est une phase cognitive qui permet de donner un sens au traumatisme.

2.2.4 Accompagnement de la résilience


Plusieurs auteurs développent l'intérêt des tuteurs de développement ou de résilience. De nombreux témoignages expliquent que c'est une rencontre qui a changé leur destin. Il est pertinent de nous questionner sur la place que pourrait prendre un soignant auprès d’un douloureux chronique à la lumière des éléments présentés sur ces tuteurs de résilience.

Jacques Lecomte59(in revue ARSI n°82, p.22) a développé un modèle simple de la résilience de l'enfant et du jeune qu'il a intitulé le triangle fondateur de la résilience. C’est lorsque un ou des adultes manifestent de la sensibilité (le lien) et imposent des règles (la loi) que le jeune peut trouver la signification, une orientation pour son existence (le sens). Le schéma est présenté en annexe 2.2. Pour Lecomte, au travers des études qu'il a pu mener, les tuteurs de résilience présentent un certain nombre d'attitudes :

Ils manifestent de l'empathie et de l'affection :

L’adulte tuteur de résilience doit porter un véritable intérêt personnel, de sensibilité authentique face à la souffrance qu'il perçoit chez ce petit d'homme. C'est le principal élément facilitateur de résilience.

Ils s'intéressent prioritairement au côté positif de la personne :

Les tuteurs de résilience s’intéressent prioritairement aux faces de lumière de chacun de nous. Ils croient aux potentialités de l'autre, et l’aide à les découvrir et à les faire croître.

Ils laissent à l'autre la liberté de parler ou de se taire :

Il y a une très grande différence entre la liberté de parler et l'obligation de parler. C’est laisser l'autre s'exprimer ou non et au rythme qui est le sien.

Ils ne se découragent pas face aux échecs apparents :

La résilience est un processus qui comportera des étapes difficiles voire des échecs. C'est un parcours fait d'avancées et de reculs. Il faut donc considérer l'échec simplement comme une étape du parcours de vie.

Ils respectent le parcours de résilience d’autrui :

Chaque parcours est unique. Certains inscrivent à leur cheminement unique de résilience, des éléments comme la religion, une thérapie, etc. d'autres passent par des chemins différents. Chacun doit être respecté dans sa singularité. Il n'existe pas de modèle général.

Ils facilitent l'estime de soi, d'autrui :

Il existe deux éléments majeurs : - Sentir que l'on a de la valeur aux yeux d'autrui

- Se prouver à soi-même qu'on a de la valeur

« L’estime de soi est une donnée fondamentale de la personnalité, placée au carrefour des trois composantes essentielles du Soi: comportemental, cognitif et émotionnel. L'estime de soi reste pour une grande part une dimension fortement affective de notre personne » (André60 in revue ARSI, n°82, p.26).

2.2.5 Application de la résilience en santé


Ce concept de résilience apparu depuis plusieurs décennies, est aujourd'hui fortement médiatisé et est une porte d'entrée intéressante dans le repérage des ressources de la personne soignée. Pour Cyrulnik (1989) la résilience, c'est plus que résister, c'est aussi apprendre à vivre. Ce parallèle est intéressant avec les sujets douloureux chroniques. C'est apprendre à vivre avec les douleurs qui persistent malgré la prise en charge médicale. Il faut aller stimuler ce ressort invisible qui permet de rebondir dans l'épreuve. C'est une quête, un chemin vers la découverte de soi afin de découvrir ses propres potentiels. Comme le dit le pédopsychiatre Marcel Ruffo : « tout se rejoue toujours ». Prendre en compte la résilience d’un patient, c’est donner toute l’importance à l’altérité, à cette rencontre singulière, à ce cheminement où le patient aura toute sa place et où le soignant, tel un tuteur de résilience sera là pour accompagner l’autre dans sa quête de ses propres ressources.
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