Ufr psychologie – sciences de l’education





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1.8 CONCLUSION INTERMEDIAIRE


Il est mis en lumière la difficulté à prendre en charge un patient souffrant de douleurs chroniques rebelles avec l’ensemble de ses composantes. Il semble utile de sortir du paradigme mécaniciste où la médecine « toute puissante » reste à la recherche d’un symptôme lié à un organe, pour le diagnostiquer, le traiter puis le faire disparaître. Le syndrome de douleur chronique ne peut pas se contenter de cette prise en charge qui fait référence au modèle bio médical de la santé. L’augmentation des coûts, les textes ministériels, nous « incitent » à trouver d’autres stratégies et à redonner au sujet toute sa place. La douleur chronique comme vécu individuel, reflet d’une histoire, d’un parcours de vie ne peut pas être abordée avec une simple vision centrée sur l’organe. Dans une prise en charge d’un patient douloureux chronique, il y a vraiment un intérêt à s’appuyer sur ses potentiels individuels. C’est une piste privilégiée. Selon le célèbre triptyque d’Ardoino, le patient était « agent », relégué à un rôle où il n’avait qu’à appliquer stricto sensu les prescriptions médicales, il peut devenir « acteur » en interprétant l’histoire de sa maladie, et même « co-auteur » en choisissant, proposant de nouvelles perspectives de guérison.

Pour cela, vont être étudiés :

  • La motivation du sujet à s’engager dans ce processus. Qu’est ce qui pousse un individu à choisir ou non de s’engager dans l’action et notamment d’être actif dans sa démarche de prise en charge de sa douleur chronique ?

  • Ses capacités de ressources, de potentiels en abordant la résilience

  • Les stratégies qu’il mettra en œuvre au travers du concept de coping

  • Quelle auto-évaluation réalise-t-il, dans quelles circonstances et avec quels objectifs ?


DEUXIEME PARTIE : APPORTS THEORIQUES CONCERNANT LES POTENTIELS INDIVIDUELS AU TRAVERS DES MODELES CONCEPTUELS

2.1 MOTIVATION ET DOULEUR

2.1.1 Introduction


Pour travailler ce thème de recherche, il semble particulièrement intéressant d'étudier la motivation du sujet, comme moteur essentiel de l'action qu'il met en place afin de participer activement à la prise en charge de sa douleur. Cette motivation est comme pour tout organisme vivant une composante du processus qui permet l'engagement du sujet dans une action. Qu'est-ce qui va déterminer le départ de cette action, sa mise en route ?

Ce concept de motivation se retrouve très tôt dès les écrits de Platon. Il la présente comme étant à l'origine du désir de manger ou de se reproduire. Pour la philosophie antique, la recherche du bonheur de l'existence humaine est à la base de la motivation. Cette motivation a été étudiée par de nombreux auteurs. Nous pouvons citer : les théories centrées sur l'individu (la théorie de la hiérarchie des besoins par Maslow, la théorie de la motivation par l'accomplissement de Mac Clelland), les théories centrées sur l'environnement (la théorie de couple récompense/punition de Skinner, la théorie du couple hygiène/motivation de Herzberg), les théories de convergence (les théories X. et Y. de Mac Gregor, la théorie de Vroom : valance/instrumentalité/expectation). Deux modèles conceptuels retiennent plus l’ attention et sont présentés en particulier :

2.1.2 La motivation selon Nuttin (1980)


Nuttin inscrit la motivation dans une conception interactionniste. Pour cet auteur, le comportement est étudié comme une fonction de relation. Pour lui la motivation est l'aspect dynamique de l'entrée en relation d'un sujet avec le monde. La motivation est présentée comme une direction active des comportements vers certaines situations ou objets. Il existe trois phases dans ce processus comportemental et à chaque niveau des troubles psychopathologiques peuvent apparaître :

  1. toutes les fonctions construisent un ensemble de comportements des sujets qui vivent en situation

  2. l'homme élabore des buts et des projets comme réponse à ses besoins

  3. le comportement est relié à une dimension d'action

La notion d'intentionnalité et d'expérience est essentielle et incontournable pour étudier les comportements. Nuttin s'intéresse à l'interaction entre le sujet et l’environnement dans un contexte comportemental donné. Le monde se construit sur un double niveau : le rapport aux objets physiques et le niveau de représentation de ces objets (Nuttin, 1980, p.100). Cela permet « une élaboration cognitive de la motivation, élaboration qui concrétise les besoins en objet-but et projet d'action » (ibid, p.100). Ce processus d'élaboration motivationnelle forme le thème principal de sa pensée (ibid, p.100). Le modèle de Nuttin présente la relation individu et environnement comme une unité de base. « L'individu est identifié comme potentialités d'action et l'environnement comme matériel de situations » (ibid, p.126). L'homme est donc présenté comme un sujet en situation et l'environnement comme une situation du sujet. Son système relationnel individu-environnement comporte un caractère dynamique. « L'être humain est un dynamisme qui tend à préserver et développer son propre fonctionnement » (ibid, p.127). La vie de l'être humain le pousse au comportement de relation avec un certain nombre d'objets du monde où il vit. Ces relations identifiées peuvent être de dimension négative ou positive. Pour Nuttin, l'être humain existe dans ses dimensions biologique et psychosociale. « C'est l'état pré comportemental des besoins qui est à la base de la réponse affective de congruence ou d’incongruence, plaisir ou déplaisir, renforcement positif ou négatif, déclenché au contact d'un objet concret » (ibid, p .127). Pour lui, la motivation consiste dans une régulation continue et un comportement qui se réfère à la direction dynamique. La motivation transforme alors un ensemble de réactions individuelles en une action significative. Pour Nuttin, dans le cadre de ce modèle relationnel, la motivation spécifique à l'être humain est directement rattachée aux formes supérieures du potentiel fonctionnel de celui-ci. Le comportement de l'être humain est directement relié au fonctionnement global de celui-ci.

Nuttin développe trois phases dans le processus comportemental :

  • dimension biologique du sujet : construction du monde avec un sujet en situation.

  • dimension dynamique ou motivationnelle : l'être humain élabore des buts, construit des projets en rapport avec ses besoins

  • dimension comportementale : intégration des actions

Comme il a été déjà vu, l’intentionnalité est importante, elle est de dimension cognitive et dynamique. Elle forme avec l'expérience les deux composantes principales du comportement humain. Celui-ci est présenté comme intrinsèquement motivé par l’atteinte des buts. Les motivations acquises se développent au contact des secteurs expérientiels, notamment l'apprentissage, et situationnels. Le sujet est un sujet agissant. Il présente différents phénomènes d'imitation, identification, d'adaptation qui sont des représentants des stratégies qui dynamisent la croissance et le développement personnel. Cela développe le mouvement du sujet vers l'autre, avec une dimension altruiste ou « par amour » de ce cheminement vers l'autre. Pour Nuttin, les facteurs psychologiques de la motivation humaine sont multiples. Il cite l'importance de l'apprentissage, les sensations tactiles, la familiarité, l'attachement, le contexte social etc (ibid, p.134). Les secteurs impliqués dans la motivation instrumentale sont complexes. Les fonctions cognitives du sujet et la manipulation mentale des objets évolue progressivement en structure moyen/fin.  « Ces buts, qui dirigent l'action, remplissent en même temps un rôle standard ou de critères dans le système d'autorégulation de la personne humaine qui se connaît et forme ainsi un concept dynamique de soi » (ibid, p.310). Les besoins deviennent donc des constructions personnelles. « La personnalisation de la motivation et l'autorégulation du comportement sont des effets du traitement cognitif des besoins » (ibid p.310 ). La relation qui unit l'être humain à son environnement est donc double : dynamique et cognitive. Le passage d'une action à l'autre peut se réaliser par la poursuite d'un nouveau but ou par l'expérience, ou la perception d'une inefficacité ou d'une difficulté avec les moyens utilisés. Le changement de comportement est présenté comme un processus intrinsèque.

En conclusion, Nuttin a mis en évidence l'intégration des fonctions cognitives, motivationnelles et motrices pour un comportement dynamique. Il accorde beaucoup d'importance à l'unité individu/environnement dans le fonctionnement psychologique.

2.1.3 La motivation selon Mucchielli (1981)


Mucchielli présente la motivation comme un concept « valise », dans lequel chacune des disciplines des sciences humaines met ses propres idées avec une approche psychologique, sociologique, et philosophique. Il parle de son ouvrage comme une leçon d’épistémologie constructiviste et relativiste. Pour cet auteur, les motivations n'ont que faire de la raison ou de la conscience. Elles restent inconnues aux intéressés eux-mêmes. Il existe plusieurs niveaux de participation de la nature humaine : biologique, affectif, cognitif, social, culturel, imaginaire. Les actions se situent toujours en même temps dans quatre contextes : biologique, psychique, social et culturel. La conduite humaine présente une forme directement observable de l'extérieur. Elle se rattache d’une manière complexe à tous les éléments de la situation dans laquelle se déroule l'action. La rencontre provient de l'acteur lui-même comme de la situation (Mucchielli, 2006, p.17).

La motivation est en interaction entre l'homme, le monde, et cela se passe à l'intérieur du psychisme individuel. Les premiers éléments de la motivation sont l'existence d’instincts riches d'énergie et le recours aux différents niveaux de l'individu. « Tout individu au cours de sa vie rencontre des situations qui vont le marquer (postulat de l'existence de situations d'empreinte). Ces situations laissent des traces affectives et indélébiles (postulat de l'empreinte affective). Les traces affectives laissées orientent sa perception du monde, ses attitudes et ses réactions ultérieures (postulat de la projection affective) (ibid, p.51 et 52). Ces traces affectives en lien avec les situations vécues sont plus ou moins communes aux êtres humains. Elles se réfèrent aux dimensions anthropologique, culturelle et individuelle. Elles peuvent se formuler sous forme de règles de vie ou de croyances. Pour Mucchielli, une autre dimension importante de la motivation est l’attitude envers soi ou estime de soi. C'est elle qui donnera un sens ou non à l'action entreprise. Pour cet auteur, la motivation est aussi largement influencée par les valeurs sociales sur les conduites. Pour lui les mentalités comme état d'esprit, une façon de voir les choses, influencent le comportement (ibid p.76). La mentalité porte en elle une certaine vision du monde qui générera des comportements. L’auteur développe aussi la composante des productions imaginaires comme facteur de motivation. Pour lui, toute l'affectivité des sujets s'exprime dans ses représentations imaginaires. La signification est issue d'un processus dynamique de valorisation des éléments du contexte et des conduites. D'un point de vue existentiel, il présente l'homme comme agissant pour concrétiser l'intentionnalité de son être au monde (ibid p.99). L'homme est donc présenté comme intentionnalité potentielle permanente. L'action est donc la réalisation de ses potentialités et la preuve de son engagement. L’estime de soi, en tant qu'attitude fondamentale acquise, participe à la définition du « niveau d'aspiration » c'est-à-dire de la perception diffuse de ce que l'on peut être dans l'avenir (ibid p.99).

En conclusion, Mucchielli nous explique que la motivation est reliée à des ressorts inconscients irrationnels de la conduite et qu'ils sont nombreux. Ils sont innés, dépendants des intérêts sur les situations. Ils peuvent être communs à plusieurs individus ou strictement individuels. La motivation se réfère aux différents niveaux de l'être humain : biologique, affectif, social, culturel et imaginaire.

2.1.4 Synthèse du modèle conceptuel de la motivation


Les différents apports de ces deux auteurs contemporains nous permettent d’identifier la motivation du sujet qui est présenté comme un être biologique, cognitif, psychosocial. Il se place en situation, en relation avec le monde qui lui sert en retour de matériel de situation. Ce sujet exprime donc une dynamique comportementale, reflet de sa motivation, de son intentionnalité à agir. Ces apports théoriques sont faciles à relier à la douleur chronique rebelle vécue par un patient, avec ses composantes multidimensionnelles.
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