Les medecins dans la revolution l'exemple de toulouse elements de bibliographie





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LE CERCLE DE M RITOURET (HM Hr FaC 467)
Le six décembre 1790 est imprimé, sous le titre de "Cercle de M Ritouret, interne en chirurgie, Entretiens qui intéressent particulièrement les toulousains", un véritable pamphlet contre plusieurs chirurgiens, parmi les plus en vue à défaut d'être les plus adroits.

Il n'y a guère de doute que Ritouret est un pseudonyme, et que cette brochure doit être rangée avec les libelles qui circulaient alors dans Toulouse, entre humour et délation et, qui sait, diffamation. L'auteur se présente donc comme un étudiant en chirurgie qui vient d'être nommé presque à son corps défendant, syndic de sa confrérie, et reçoit quelques uns de ses amis qui lui rapportent, sous le sceau du secret, plusieurs faits édifiants :

Frizac, alors intendant en chirurgie, est attaqué sans ménagements. On se moque de la "plume frizatesque" de celui qui se prend pour un "Phénix dans l'art de faire des rapports en justice." Viennent ensuite les "succès" du chirurgien. Successivement, une malheureuse opération de hernie où "il perça l'intestin du conseiller [Cazalès] devant Sol, d'Astarat, Villars père et Cazabon... la mort sourde au repentir de l'opérateur s'empara de M de Cazalès, environ cinq heures après qu'il eut subi la rigueur d'un bistouri qui aurait dû lui être salutaire." Une autre fois, il voulut ouvrir la tête de M de Lautrec qui guérit avec le seul secours des eaux de Barèges : "Comme un malade incline naturellement au côté le plus doux, celui-ci partit pour les eaux et en revint au bout de quelques jours, étant très bien guéri, sans la moindre opération." Entre ses mains, le pauvre Chadolle fut saigné à mort pour un anévrisme, le chirurgien, "par une fatalité inconcevable" ayant piqué l'artère au grand étonnement de Bosc oncle et de Viguerie présents. Duberceau, quant à lui, mourut de gangrène dans les mêmes mains qui, pour un anévrisme de l'artère poplitée, avaient lié toutes les collatérales. Une femme était suivie par le même, jusqu'au onzième mois de sa grossesse. Mme Cantaloube, s'en fut voir une sage femme qui par quelque remède fit si bien dissoudre le foetus d'onze mois qu'elle le rendit insensiblement par les urines." "L'accoucheur à larges épaules et grosses mains" laissa Mme Semourin, femme d'un Me perruquier de la place Saint Etienne en travail, six jours durant, le foetus ayant la tête enclavée dans la filière. Après la gangrène au vagin et à l'urètre vint l'incontinence, de sorte que "le chagrin trancha le fil de ses jours." Oculiste hors du commun, "il voit de triples cataractes et les opère tout seul."

"Frizac a le double talent de guérir des personnes qui ne sont point malades et de faire publier par ses élèves ou par ses malades ses succès."

Les autres sont à peine moins épargnés. Bacquié se fait dire en patois: "Moussu, ce n'est point aux aveugles à juger les couleurs, allez vous en garder les vaches Monsieur le Baquié." Bosc est un professeur d'anatomie d'un type particulier, marmonnant en une heure ce qui en demanderait sept ou huit, proclamant, à propos des os du carpe et du tarse "qui en voit un, les voit tous." Avec les malades, "il est comme son frère le boucher avec les animaux, il ne leur parle que de tailler ou de couper." S'il a enlevé sa perruque ronde, c'est pour avoir une queue... .

Bécane, beaucoup plus âgé a fait de même : d'ailleurs il s'est remarié et sa femme est grosse... Pour comble, Bosc est vindicatif et suffisant : "Quiconque est sans génie est sûr de son suffrage Mais malheur à celui dont ton orgueil s'ombrage."

Quant à Brun "qui pense tout savoir des connaissances chirurgiques, physiques et anatomiques il en est loin, puisque le vrai savant, sachant beaucoup, trouve à s'instruire partout."

Pour que personne ne se trompe sur la nature de la marchandise, l'auteur prend soin d'apporter quelques précisions utiles, en cour de récit : "Je vous avais prié en commençant de ne pas faire

usage de mon récit, mais puisqu'il est vrai que le grand jour des vérités est arrivé, vous pouvez

disposer de tout à votre gré."

A la fin, ces deux vers: "Ces docteurs pointilleux semant la zizanie le scalpel à la main dissèquent le génie." In fine, le quatrième des amis qui avaient investi la chambre de l'étudiant est sur le point d'entonner une chanson dont le refrain serait : ah ça ira, ah ça ira... On ne saurait mieux, en des temps troublés, désigner des victimes plus ou moins innocentes... ?
TARBES, Citoyen ou mandarin?
Le prévôt de la communauté que nous avons déjà rencontré au moment de l'élection des députés est présenté, quarante ans plus tard, par Ducasse avec ces mots qui inaugurent son éloge funèbre11: "Roch Tarbès maître en chirurgie, correspondant de l'académie royale de médecine de Paris, ex-professeur de pathologie chirurgicale de l'école secondaire, ex-secrétaire de la société de médecine de Toulouse, membre de presque toutes les sociétés médicales du royaume et de différentes académies étrangères."

Né à Toulouse ne 1752 de "parents d'une fortune plus que médiocre"; études au collège de l'Esquille, orienté très tôt vers la médecine: "il visita l'hôtel-Dieu Saint Jacques pour en saisir la marche et en contempler les événements." Le chirurgien en chef était alors CarIes, "plus heureux qu'habile, plus renommé par son audace que par sa dextérité."

D'emblée, le jeune Tarbès se passionne pour l'anatomie, pour "les ressources immenses et les indications positives qu'elle fournit aux médecins dans la connaissance des maladies, l'établissement de leur siège, dans l'application de remèdes."

Il passe sept ans à Montpellier et à Paris où il devient l'élève des Bordenave, Hévin, Houstet, Sabatier, "dont les ouvrages inspiraient aux praticiens une aveugle confiance et semblaient avoir posé les dernières limites de l'art de guérir... Il professa toujours un respect religieux pour leur mémoire, et ne prononçait jamais surtout le nom du célèbre Luis qu'avec une admiration bien sentie."

De retour à Toulouse, il se fait recevoir avec une thèse dédiée à Ondas de Sauveterre président à mortier du Parlement de Toulouse, le 16 avril 1779.

Le voilà chirurgien, mais privé des ressources de sa famille et , de surcroît, maladroit: "Il n'avait pas reçu de la nature les brillantes qualités qui distinguent l'opérateur... Il manquait de cette dextérité manuelle, de cette hardiesse d'exécution."

Mais, cette maladresse dan l'acte chirurgical était largement compensée par "un jugement prompt et solide mal servi par une timidité qu'il ne put jamais surmonter", si bien qu'il "devait laisser à une main plus ferme le soin d'exécuter les projets qu'il avait conçus." Avec cela, "un coup d'oeil sûr, une mémoire heureuse, une facilité d'écriture, un langage simple et naturel."

Il enseignera la chirurgie, les maladies syphilitiques, la pathologie externe; écrira un Traité de la saignée qui deviendra un classique, en préparait un autre sur l'histoire des ventouses, des scarifications, des vésicatoires, des cautères et des pansements et s'apprêtait à publier au moment de sa mort, sur les traces de La Faye et Sabatier, une nouvelle édition de l’ouvrage de Ledran. Il avait travaillé sur la suture de la langue où il s'était opposé à Pibrac - un ancien directeur de l'académie royale de chirurgie, natif du Comminges -, sur l'anévrisme, les hernies. "Cependant un bruit s'élève sur les bords de la Tamise. L'Europe écoute dans un religieux silence. L'Angleterre vient d'ajouter un nouveau fleuron à sa couronne scientifique. O Jenner grâces immortelles te soient rendues... Le coeur de chaque mère de famille deviendra un temple consacré à la reconnaissance." Tarbès luttera "avec une honorable constance contre les préventions funestes. La vaccine eut en lui un sincère admirateur."

"Si ce préservatif de la contagion variolique fut généralement et su rapidement répandu dans nos contrées méridionales, si la vérité parvint à franchir les barrières de la superstition et du fanatisme qui y arrêtent si souvent les progrès des nouvelles institutions et le développement des sciences c'est au témoignage de sa raison éclairée que nous devons en rapporter la gloire."

En un mot, Tarbès est représentatif d'une génération, née au milieu du XVIIIème, issue d'un milieu modeste qui ne lui ouvrait alors que les portes d'un métier inférieur se trouverait, à la fin de sa vie, au sommet d'une profession régénérée par la grâce d'une Révolution dont ils auraient été un des fers de lance.

On peut comprendre qu'en 1830 un éloge académique fasse l'impasse sur la période révolutionnaire, mais ce Tarbès là - mandarin toujours à la recherche d'un titre - est-il le même que le prévôt de la communauté qui fut délégué par ses pairs en 1789, que le citoyen qui fut déclaré d'arrestation le 29 thermidor après la chute de Robespierre, que celui qui haranguait les légionnaires le jour de la Pentecôte 1790.

Apparemment, Tarbès est un des rares, dans le corps médical local, à avoir poussé son engagement révolutionnaire aussi loin. Il ne dispose pas d'une tribune où il pourrait s'exprimer comme un Guillotin ou un Gallot à Paris ; loin de la capitale il se joint au mouvement très tôt, mais est-ce par arrivisme ou par conviction ?

Le 29 thermidor de l'an II avec Delport, pharmacien, Maillon, avocat et Lapujade, greffier du tribunal de police correctionnelle, Tarbès est déclaré d'arrestation pour être incarcéré à Auch, sous les accusations de "meneurs, faux patriotes, et intrigans", " de fourberie, dérision et calomnie", à l'encontre des représentants du peuple Chaudron-Rousseau et Dartigoeyte. On les accuse "de despotisme et de délation, d'un tissu d'impostures contre Leyrisse et Chaudron-Rousseau qui avaient besoin du soutien du peuple pour terrasser le fédéralisme et étouffer la contre révolution."

Plus précisément, il est reproché à Tarbès, alors membre de la société populaire, sa position à propos d'une pétition liberticide pour laquelle on avait, par surprise, arraché leur signature à des artisans et des ouvriers. Au moment de dédouaner ceux qui avaient été trompés, Tarbès aurait voulu reclure un artisan illettré, sans pouvoir dire pour quelle raison à Dartigoeyte qui lui demandait de quelle vindicte personnelle il pouvait bien s'agir. Le représentant parti, tout le monde est incarcéré; on dénonce "le coeur haineux, l'âme atroce et le mépris impudent des représentants du peuple qui caractérisent l'individu."

La rhétorique révolutionnaire enlevée, il reste un personnage pour le moins ambigu. "Tarbès prodigue de principes austères dans ses discours, les dément comme tous les faux patriotes par sa conduite. Il a fait imprimer en dernier lieu un écrit plein de déclarations hypocrites sur la tempérance et la sobriété que devaient avoir les républicains. Le jour où Tarbès lut cet écrit à la tribune de la Société, il se trouva chez son camarade Delpont à un souper splendide où il oublia ses principes. Le lendemain, Tarbès fit lire son écrit dans le temple de l'Etre suprême et le même jour il présida un souper de soixante couverts dans les jardins de l'émigré Cambon

(...)

Intrigant, avide et intéressé, Tarbès a fait créer pour lui une place lucrative et il a acheté à vil prix un bien national revendu avec un profit considérable.

(...)

Le jour où l'on apprit que "l'infernale conspiration de Robespierre avait été déjouée, punie par la Convention", il refusa que l'on se réunisse chez les représentants, alors au lit, atteints d'une "maladie grave", disant: "Quoi, toujours des représentants du peuple, nous n'en avons pas besoin, le peuple souverain."

Tarbès et Delport sont maintenus au comité de surveillance de la Société populaire, mais Delport s'y fait représenter par une de ses créatures et Tarbès par son subordonné, en y gardant "leur droit de préférence et ils y ont donc deux voix au lieu d'une."

L'affaire dut bien se terminer pour le chirurgien, puisqu'il deviendra un des piliers de la médecine locale, au moins au plan académique.

En fait, ce n'est pas la première fois que Tarbès, le révolutionnaire, avait maille à partie avec ses adversaires politiques, témoin ce discours où, cette fois, il se posait en victime de la délation :
Extraits du discours de TARBES prononcé le 24 mai 1790, jour de Pentecôte, dans la tribune de MM les Pénitents noirs, adressé à la troisième légion de Saint Etienne12.
"Les applaudissements outrés qui eurent lieu lorsqu'il fut dit: 'Vive la Nation, vive la Loi, vive le Roi et vive notre municipalité' en interrompirent la lecture.

Si ces applaudissements étaient sincères, l'Assemblée contractait l'engagement d'entendre tout le discours; si au contraire ils étaient dérisoires, étaient-ils justes?

"Je suis très fort autorisé à croire qu'il n'en est aucun parmi vous qui n'ait entendu dire dans la ville que cette légion était fort imbue de l'esprit d'aristocratie [J'apprends à présent, que l'on n'ose pas faire paraître un ouvrage intitulé 'la petite aristocratie toulousaine' crainte que le débit ne soit arrêté par un autre, qui est intitulé au contraire 'la Grande Démocratie Toulousaine', en plusieurs tomes in folio, ndlr]

... Si cette qualification nous déplaît (comme je n'en doute pas) nous devons nous empresser de la détruire, en manifestant aux bons citoyens nos sentiments patriotiques.

Les légions se sont formées principalement pour contenir les mal intentionnés, ou les ennemis

de la Révolution.

Méfions nous de certains discours emphatiques et séduisants au premier coup d'oeil. (...) poison fatal présenté dans une coupe dorée, (...) serpent caché sous des fleurs.

(...)

Rappelons nous sans cesse le serment civique que nous avons fait d'être fidèles à la nation, à la loi, au Roi et de maintenir la constitution de toutes nos forces.

(...)

Le discours patriotique que le Roi a prononcé le 4 février à l'Assemblée nationale : Je favoriserai, je seconderai par tous les moyens qui sont à mon pouvoir, le succès de cette vaste organisation d'où dépend à mes yeux le salut de la France."

L'orateur désigne comme ennemis particuliers ceux "qui cherchent à nous diviser pour nous détruire, tous ceux qui cherchent à mettre des entraves à la Constitution."

"Sans parler de ce qui s'est passé dans les autres villes du royaume, ne savons nous pas à présent qu'à Montauban la malheureuse journée du 10 de ce mois n'a été amenée que par l'effet d'une cabale aristocratique et non par les protestants, comme on a cherché d'abord à nous le faire entendre.

Si vous aviez été assez heureux pour jouir de la paix dans cette ville, nous en sommes redevables à notre municipalité ... et à nos officiers généraux.

(...)

La juste reconnaissance dont nous sommes pénétrés envers nos augustes représentants à l'Assemblée Nationale... Le Grand Monarque quia mérité le titre de restaurateur de la liberté française

(...)

Si nous voulons entrer dans le détail des manoeuvres et des complots qui se sont tramés et qui se trament encore dans cette ville, nous n'en finirons pas.

(...)

Il est un mot à la mode parmi les aristocrates et avec lequel ils voudraient nous diviser, c'est le mot de Religion. Comment ne craignent-ils pas la colère divine? Ne nous y méprenons pas, comme pourrait le faire le bas peuple, dont on cherche à surprendre la bonne foi.

... L'Assemblée Nationale maintient et protège particulièrement notre sainte religion, puisqu'il n'y a que son culte qui est à la charge de l'état.

Qu'y a-t-il donc de perdu dans la Religion? Il n'y a que les gros bénéfices qui, comme nous le savons tous en servaient qu'à distraire ceux qui les possédaient des fonctions de leur ministère. En réduisant donc ces gros décimateurs, et en les obligeant à travailler, suivant les intentions des canons de l'église, n'est-ce pas, au contraire, faire triompher notre religion?

La perte des ordre religieux sera compensée par l'augmentation des paroisses. A Bordeaux, les quatre ordres religieux adhérent à l'Assemblée Nationale."

Au passage, Tarbes se moque de ceux qui, "n'ayant jamais confessé craignent de manquer de confesseurs."

Il dénonce ensuite "les signatures extorquées par ceux qui cherchent à grossir le camp des mécontents, à nous exciter (toujours sous couvert de la religion) aux scènes les plus sanglantes dans lesquelles ils auraient soin de ne pas jouer un rôle.

La municipalité a ouvert un registre pour les bons citoyens qui ayant été trompés, voudraient rétracter leur signature... un grand nombre est venu d'emblée.

Dans ces circonstances, il importe de ranimer et soutenir notre patriotisme en proportion des efforts qu'on fait pour le détruire.

Comme ces efforts sont devenus incalculables dans cette ville, hâtons nous de les repousser vigoureusement et à l'exemple du district des Cordeliers de Paris "Déclarons comme infâmes et traîtres à la Patrie tout citoyen ou toute assemblée de citoyens qui refuse d'obéir aux décrets de l'Assemblée Nationale ou qui se permet des protestations contre un seul des décrets sanctionnés par le Roi.

Quoique l'Assemblée Nationale ait déjà rendu un décret particulier à la ville de Toulouse en faveur des amis de la Paix et de la Constitution nous devons néanmoins nous tenir sur nos gardes... les ennemis sont représentés sous les traits du caméléon de Prothée.

(...)

Puisqu'il est certain que nous sommes les plus forts, accordons sincèrement et en bons chrétiens à tous les esprits égarés plutôt notre commisération que notre colère et formons les voeux les plus ardents pour un prompt retour à eux-mêmes et à leur devoirs.

Marchons toujours avec confiance dans la voie de la Constitution et soutenons là de toutes nos forces; car le plus grand mal qui pourrait nous arriver aujourd'hui serait de ne pas la voir achevée.

La circonstance exige que nous fassions des sacrifices particuliers pour le bien général.

Encore quelques mois de plus: laissons achever le glorieux édifice constitutionnel et bientôt nous verrons renaître cet âge d'or tant vanté par nos aïeux.

Le riche a besoin nécessairement du cultivateur et de l'artisan à moins qu'il ne veuille se punir lui-même en se privant de la vie et de se jouissances.

(...)

Les décrets de l'Assemblée Nationale sont sages et respectables, le monarque est vertueux.

Il paraît que nous pouvons accéder à cet accord unanime par le moyen de la confédération qui nous a été proposé par la Légion de la Pierre. Nous avons entendu les objections qu'on a faites ici lorsqu'elle fut rejetée, mais elles sont si faibles que nous ne prendrons pas la peine de les rejeter, il suffira dire que les autres légions l'ont accueillie avec empressement.

Quoi, vous craindriez une réunion de bons citoyens, vous redouteriez une fête qui doit attendrir les patriotes jusqu'aux aux larmes... Craindriez vous par là de déplaire aux aristocrates ou bien voudriez vous leur épargner les convulsions dans lesquelles ce coup ne peut manquer de les plonger.

Tout nous invite à établir cette fédération, la municipalité la désire, l'Assemblée Nationale en sera enchantée (elle s'occupe d'un projet de fédération des gardes nationales).

Quand les séditieux auront vu que d'un coup de baguette magique ou d'un coup de cloche cent mille hommes bien intentionnés peuvent se rassembler à Toulouse et à se environs, ces mêmes séditieux ne seront ni si hardis, ni si entreprenants.

Je désirerai de tout mon coeur que toutes ces réflexions puissent déplaire ou être critiquées par les aristocrates.

En vrais démocrates, vous rendrez justice à mes intentions."

Parmi les signataires à la fin du discours, sur environ 80 noms, on relève ceux de Lassus, chirurgien major de la Légion, Dessus apothicaire, Espa ancien sergent et maître perruquier.

Pour terminer, contre un écrit attribué à Dupradel Laporte ou il traité d'hydrophobe, il se définit comme aristocratophobe.

Mais, sous la logomachie, on discerne malle révolutionnaire de l'intrigant avide d'honneurs qu'il fut malgré tout, sa vie durant. Ce discours, en même temps que sa condamnation après la chute de Robespierre, en ferait un citoyen indéfectiblement attaché à la Révolution. D'un autre côté, il est indéniable que, sur la défensive, Tarbès cherche davantage à se justifier qu'à entraîner ses concitoyens sur la voie de la Révolution.

Comme pour beaucoup d'autres, les circonstances ont révélé la complexité de la personnalité et, du même coup la difficulté que l'on éprouve toujours à l'enfermer dans des catégories préétablies. D'un côté, le médecin citoyen, engagé de bonne heure dans le processus révolutionnaire, apôtre de la vaccination; de l'autre un politicien local discuté, à qui il manquera toujours la reconnaissance d'une élection.


1 Dupont de Nemours, Idées sur les secours à donner (Paris 1786), pp 24-25.

2 Ibid, pp 14-30.

3 Menuret JJ, Essai sur le moyen de former de bons médecins (Paris 1791)

4 Jadelot, Adresse à nos seigneurs de l’Assemblé nationale sur la nécessité et le moyen de perfectionner l’enseignement de la médecine (Nancy, 1790), p 7.

5 Cantin, Projet de réforme de l’Assemblé nationale (Paris 1790)

6 Géraud M, projet de décret à prendre sur l’organisation des médecins (Paris 1790)

7 Ibib, P 65.

8 Vicq d'Azyr, Remarques sur la médecine agissante (Paris 1786)


9 Tous les documents concernant les cahiers de doléances et la désignation des députés se trouvent aux archives départementales de la Haute Garonne, Série L classée.

10 Dans un tel contexte, la place faite aux praticiens dans la représentation nationale ne pouvait être effectivement que modeste. D'un côté, le système électoral, en les fondant dans le Tiers Etat les laissait face à des juristes rompus à la procédure, si bien que seules émergent - pour des raisons diverses – quelques personnalités comme Marat ou Guillotin.

Après le filtrage des élections locales, il n'y a plus sur un millier de députés aux Etats Généraux, que vingt et un docteurs en médecine et, apparemment, pas un seul maître chirurgien.


11 Séances de la société de médecine de Toulouse, 1830, LP. 15070.

12 BM. Br AC. 1509.



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