QU’est-ce que c’est qu’Être camerounais ?





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date de publication20.05.2017
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APPEL À CONTRIBUTION

QU’EST-CE QUE C’EST QU’ÊTRE CAMEROUNAIS ?

PRESENTATION 

Un forum d’échanges sur internet, baptisé « Cameroon_Politics » par son initiateur, cristallise depuis quelques années certains débats qui agitent une partie des intellectuels, d’activistes, de journalistes et de politiciens camerounais. C’est au cours de l’un de ces débats, plus particulièrement sur le tribalisme dont certains observent une recrudescence préoccupante dans l’espace public camerounais, que jaillit d’abord la question « Qu’est-ce qu’être Camerounais », et par la suite la proposition d’en faire un sujet de réflexion de fond qui devra aboutir à des réponses opérationnelles pour freiner résolument les montées ethnicistes et leurs conséquences désastreuses pour le Cameroun, et partant, pour l’Afrique toute entière.

La finalité de cet appel est de recenser tous ceux qui, interpellés par la question de fond posée en titre de ce document, se proposeront de rejoindre le panel des contributeurs. Il ne s’agit pas déjà de proposer un texte fini, mais de se proposer d’en apporter un, ou mieux, de renforcer le groupe de travail ci-dessus évoqué. Une fois l’appel clôturé, les contributeurs s’organiseront donc pour peaufiner la problématique, les hypothèses et les propositions d’axe de discussion. Au besoin, si l’apport est jugé significatif, la méthode pourrait être améliorée, le tout dans le respect de l’éthique définie plus loin dans le présent document.

Les propositions de contributions peuvent être individuelles ou collectives et comporter un résumé en français et en anglais (et si possible dans une langue camerounaise) puis cinq mots clés. Elles peuvent s’inscrire soit dans l’un des axes proposés ou, lorsqu’elles sont collectives, proposer un nouvel axe. Le dernier délai de réception des propositions de contributions individuelles ou collectives est fixé au 30 septembre 2013 à minuit. Elles sont à envoyer simultanément aux adresses lseuleun@yahoo.de , tchucham@yahoo.fr et Amougou74@hotmail.com

Le groupe de travail qui s’est volontairement proposé d’initier cet appel à contribution, dont le terme est fixé au plus tard 3 mois après son lancement, est composé de :

Mme. Lydie SELEU, Coordinatrice internationale de *ERELA -Directrice & Fondatrice du PACC (Pan.African Cultural Center). lseuleun@yahoo.de

Mr. Moïse ESSO ETIA, Membre du Comité Directeur de l'UPC (dite "des Fidèles"), Secrétaire Exécutif du CODE. essotia@yahoo.com

Mr. Guy Simon NGANKAM, Homme politique. g_ngakam@yahoo.fr

Mr. Bonaventure TCHUCHAM, Chercheur associé, Institut für Berufs- und Weiterbildung Université Duisburg-Essen Allemagne. tchucham@yahoo.fr

Mr. René Emeh ELONG, Homme politique, Président section UPC de France, Représentant du CODE à Paris, emehelong@yahoo.fr

Mr. Cyrille EKWALA NGANDO, Journaliste - Chroniqueur politique, Editeur du site d'analyses et de débats njanguipress.com. cyekwalla@yahoo.fr

Mr. Serges BAYONGEN, Chroniqueur politique sergebanyongen@yahoo.com

Mr. Alex Gustave AZEBAZE, Journaliste indépendant-publiciste, Consultant Médias& Droits Humains, DoualaCameroun.agazebaze@gmail.com

Mr. Thierry AMOUGOU, économiste, professeur d’Université, Amougou74@hotmail.com

PLAN DU DOCUMENT

  1. CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE

  2. OBJECTIFS ET UTILITE DU PROJET

  3. HYPOTHESES DE RECHERCHE ET METHODE

  4. RESULTAT ESCOMPTE

  5. CONDITIONS ETHIQUES ET CONSIGNES REDACTIONNELLES

  6. PROPOSITIONS DE QUELQUES AXES DE REFLEXION



  1. CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE

A)- CONTEXTE

Une des dimensions qui caractérisent la mondialisation dans son approche multidimensionnelle est le sentiment qu’ont les populations de nombreux pays, non seulement que tout se passe ailleurs, mais aussi que leur identité est de plus en plus diluée dans un magma de valeurs sans références où elles prennent racines et puissent se reconnaître. Cet état du monde entraîne une perte de repères fondamentaux dans la construction d’un vivre ensemble harmonieux à la fois sur le plan national et international vu qu’on ne peut mieux entrer en rapport avec l’autre et coopérer avec lui que si on sait au préalable qui on est. Avoir des repères fondamentaux en matière de développement est une dimension cruciale car le meilleur moyen de s’intégrer à la mondialisation est de le faire par le biais de son identité, seule capable de permettre aux différents acteurs d’y apporter quelque chose de nouveau en évitant ainsi d’être uniquement des consommateurs de produits et/ou de concepts venus d’ailleurs. La Chine, l’Inde, les Etats-Unis, la France, le Japon, pour ne citer qu’eux, s’intègrent à la mondialisation économique par la promotion d’identités fortes dans tous les domaines. La dynamique de régionalisation n’échappe pas à cette règle car la construction de grands ensembles comme l’UE, L’ASEAN, l’ALENA ou l’UA ont pour objectif affiché, tant de peser dans les négociations internationales que de préserver, par la mise en place d’une batterie d’institutions spécifiques, une certaine identité que partagent en commun leurs membres.

En outre, au mieux, les grandes décisions politiques, économiques et géopolitiques se prennent au sein d’instances internationales où de nombreux pays africains sont sous représentés étant donné que plusieurs de ces instances internationales sont nées alors que plusieurs d’entre eux étaient encore des colonies. Au pis, ce sont les rapports de forces entre grandes puissances qui décident de façon informelle de la tournure des évènements dont l’impact négatif n’est plus à démontrer sur les conditions de vie de nombreux pays du Sud en général et subsahariens en particulier. Les effets néfastes au Mali d’une intervention de l’OTAN en Libye au-delà du mandat que lui donnait la résolution 1973 sont encore d’actualité : c’est une situation qui développe un sentiment de dessaisissement démocratique au sein des peuples et des Etats faibles. Le concept de glocalisation traduit ainsi le fait que l’avancée de la mondialisation telle que pratiquée par les pays et les classes sociales dominantes va de pair avec un phénomène à rebours de renforcement des identités nationales au sein desquelles les populations essaient de garder la main sur leur avenir en privilégiant ce qu’elles maîtrisent.

Avec la montée du style de vie vénal au sein de sa société camerounaise, le renforcement de la gabegie à la tête de l’Etat, la mise au pas de la justice républicaine par les procès politiques, la mutation du pays en satrapie et la transformation de l’Etat en « business », le Cameroun n’échappe pas à la perte de ses repères fondamentaux pour son développement politique, économique, social et culturel. A côté de cette dérive mafieuse au sein de l’Etat et de sa société précarisée, s’observe aussi une dérive monarchique du régime en place à tel point que le dessaisissement démocratique provoqué par la mondialisation économique renforce celui induit depuis 1960 par les deux régimes camerounais.

Sans remonter à la recrudescence des conflits ethniques au Cameroun depuis sa réouverture au multipartisme dans les années nonante (1990), plusieurs évènements internes au Cameroun ont, ces derniers temps, montré la fragilité qui frappe un Etat et son projet républicain une fois qu’il font faillite dans l’objectif de faire de la République la chance d’émancipation politique, économique, sociale et culturelle de tous et de chacun. Le conflit sanglant entre Kotoko et Arabes Choa en 1990, les propos attisant la haine ethnique du ministre André Mama Fouda lors des émeutes de février-mars 2008, « Le paradoxe du pays organisateur » publié par Charles Ateba Eyene, les récents conflits de Douala entre Bamiléké et populations dites autochtones, l’affaire des Bororo au Nord du pays, le surgissement public du Laakam et d’Essingan, deux organisations tribales à objectifs hégémoniques, la note administrative de Mgr. Bakot relative aux statistiques au sein de l’UCAC (Université Catholique d’Afrique Centrale), les déclarations d’Ahmadou Ali via Wikileaks sur le Sud, le Nord, l’Ouest et le pouvoir politique au Cameroun, puis la résurgence des référents ethniques lors des dernières sénatoriales et actuellement au seins des discours pré-législatives, sont quelques morceaux choisis de la dangereuse dérive ethno-territoriale qu’on observe au Cameroun plus de cinquante ans d’indépendance plus tard. Plusieurs thèses et prises de position développées par des intellectuels camerounais, la société civile et les hommes politiques de premier plan à la suite de ces quelques problèmes de société montrent que le Cameroun danse allègrement au bord du précipice de l’explosion de ce qu’on peut appeler des particularismes meurtriers.

Ainsi considérée, la question de l’identité ethno-territoriale, en comparaison avec l’identité macro nationale devient une question cruciale pour la survie même de l’entité Cameroun dans toutes ses dimensions. Elle est une problématique dont la résolution déterminera l’avenir d’un Cameroun dans le sens de la progression ou de la régression.

B)- PROBLEMATIQUE

Le contexte mondial et national brièvement brossé ci-dessus ne milite ni pour une mondialisation motrice d’une uniformisation inévitablement handicapante démocratiquement et appauvrissante de la civilisation mondiale, ni pour un enfermement sans avenir dans les identités tribales, ethniques et nationales. La voix de la réussite dans un monde métisse et de plus en plus interdépendant semble celle d’une ouverture aux autres justement parce que ceux qui l’incarneront sauront ce qui les caractérisent afin d’être capables de mettre en partage les valeurs qui permettent la communication entre plusieurs cultures et civilisations.

En ce qui concerne particulièrement le Cameroun, ce projet de réflexion part d’un constat et d’une conviction :


  • Le constat

1/- Les idées de nature à attiser la haine interethnique se développent de plus en plus au Cameroun.


  • La triple conviction

1/- La question de savoir pourquoi des arguments de haine interethnique, des thèses séparatistes, primordialistes, fédéralistes et parfois même fascistes pointent le bout de leur nez ici et là dans le discours public camerounais est plus utile pour la préservation de l’unité nationale que la politique de l’autruche qui, en faisant semblant que rien de ce genre existe, choisit la technique de la poussière sous le tapis d’une maison qu’on dit propre.
2 /- Ce que l’on couvre pourrit et gangrène tout le corps plus le temps de l’inaction s’allonge dit un proverbe camerounais. Dès lors, (dé) couvrir, analyser les maux de la société camerounaise et chercher des solutions correspond moins à allumer des mèches sous des barils de poudre qu’à rendre inopérants les mèches, les barils de poudre et le feu lui-même.
3/- Le véritable vivre ensemble présuppose la liberté de donner librement ce qu’on est et qu’on a, en permettant sans complexe ni défi à l’autre d’accepter ou de refuser notre offre tout en apportant librement lui aussi la sienne.
4/- La meilleure façon de sortir le Cameroun de la pente fatale de ce qu’on peut appeler des ethnies-régnantes, des tribus-sésames et des clans-boucliers devenus des habitats préférés de nombreux Camerounais, est de réfléchir sur ce qu’être Camerounais veut dire et comment redonner l’envie d’être Camerounais à tout le peuple, tout le temps et avec force. . En s’y attelant avec méthode, le contenu politique, philosophique et concret de ce « qu’être Camerounais » permettra de mettre en comparaison et en perspective l’identité nationale (au sens macroscopique) par rapport aux identités ethno-territoriales, et par conséquent objectiver la nécessité de retrouver le sens et l’utilité d’être pleinement Camerounais.

En conséquence, le questionnement qui constitue le fil rouge de ce projet de réflexion se décline comme suit : alors que la modernité politique dont se revendique la République camerounaise fait de la citoyenneté camerounaise, de l’Etat puis des droits et devoirs des référents qui l’emportent dans l’ordre de préséance sur le clan, la tribu, l’ethnie et la chefferie, n’assiste-t-on pas au Cameroun à la résurgence des clans, des tribus et des ethnies qui deviennent ce qu’on peut appeler des trappes à Etat, des trappes à citoyenneté et des trappes à république ? Les Camerounais sont-ils un peuple ? Quels sont les actes, les évènements et les Grands Récits fondateurs du Cameroun et du statut de Camerounais ? A l’aune de quoi et dans quels sens peut-on parler des pères fondateurs du Cameroun et de leurs valeurs ? Quelle est la trajectoire historique, quelles sont les valeurs, quelles sont les références et les événements qui constituent l’identité du Cameroun au regard de son héritage indigène, allemand, anglo-saxon, français et international ? Être camerounais est-il une expérience citoyenne, un vécu, ou une nationalité acquise ou tout cela à la fois ? Quels fatras, flétrissures et interférences être Camerounais subit lorsque les catégories d’allochtones et d’autochtones sont parties intégrantes de la Constitution camerounaise ? Qu’est-ce qu’être camerounais veut dire et comment peut-il se décliner face à la double nationalité, au projet panafricain et au statut de citoyen du monde ? L’équilibre régional camerounais est-il un argument d’unité nationale et de renforcement de la citoyenneté camerounaise ou non ? Comment renforcer la citoyenneté camerounaise normativement et réellement ? Comment le romancier, le poète, le musicien, le peintre, l’humoriste et le sculpteur camerounais disent, écrivent, chantent et représentent l’idéal et le pire d’être Camerounais ? Comment, en dehors des langues officielles que sont l’anglais et le français, exploiter la fabuleuse richesse linguistique camerounaise pour renforcer le sentiment d’être camerounais grâce à la capacité substantielle qu’on les langues, contrairement aux religions, de relier et d’ouvrir les uns aux autres malgré leurs différences ? Que peuvent apporter les cultures camerounaises à la définition de la citoyenneté camerounaise sachant que celle qui actuellement en vigueur est l’héritage du triomphe au 18ème siècle des sciences politiques occidentales et libérales ?

I-OBJECTIFS ET UTILITE DU PROJET

  1. OBJECTIFS

Le discours haineux, partisan, clanique et séparatiste prenant très souvent racine sur des faits tus qu’ils soient fondés ou non, ce projet de réflexion a pour objectif central de donner la parole aux Camerounaises et aux Camerounais afin qu’ils (elles) parlent de leurs expériences de Camerounais, de Camerounaises et disent comment ils (elles) pensent que le pays peut aller vers un idéal qui serait une utopie collective à poursuivre comme boussole aiguillant sans cesse notre vie commune et nos pratiques et projets politiques.

De là le fait que réfléchir sur ce que signifie être Camerounais et comment le (ré) enchanter revient à réfléchir sur comment renforcer l’unité nationale camerounaise, comment lutter contre le dualisme social et économique qui s’instaure entre la bourgeoisie d’Etat et les « Camerounais du bas », comment redonner du sens à ce que être Camerounais implique comme vécu réel, comme citoyenneté en action, comme droits et devoirs équilibrés et comme fierté ou angoisses, à montrer qu’on parle d’unité nationale camerounaise justement parce que être Camerounais est le chapeau statutaire d’une diversité ethnique dont ce pays est riche et redevable, à rappeler les valeurs fondamentales que doit respecter toute politique publique camerounaise et, last but not least, à montrer qu’être Camerounais est le statut qui permet à la diversité ethnique camerounaise de cohabiter, de faire fructifier la richesse de ses spécificités, de renforcer son humanité, de se bâtir un avenir au sein du système international d’Etats et d’indiquer dans quelles conditions cela est possible.


  1. UTILITE

L’utilité de ce projet de réflexion est sa capacité à satisfaire un besoin. Le besoin ici est celui qu’a le Cameroun et ses populations de l’intérieur comme de l’extérieur, cinquante ans d’indépendance après, de se regarder dans un miroir et de juger eux-mêmes de l’image que renvoie ce miroir dans quelques endroits où ils se trouvent ou quelques activités qu’ils exercent. Ce procès de réflexivité critique après cinquante ans de jouissance du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes induit une évaluation du projet de vie camerounais car être Camerounais c‘est aussi être partie prenante d’un projet de vie, d’y avoir une place, d’y être reconnu et d’y jouer un rôle. Par conséquent, au lieu d’être désinvolte et de laisser monter en puissance le slogan le pays pour tous et chacun chez lui, la réflexivité critique est un contre-feu que la critique puis des propositions constructives allument dans le but de définir les nouvelles conditions de possibilité du slogan tous différents en tant qu’individus mais tous égaux en droits et en devoirs parce que citoyens camerounais. L’utilité primordiale d’un tel projet est sa capacité à rappeler aux Camerounais et Camerounaises leur histoire fondatrice de façon à ce qu’ils renouvellent les valeurs cardinales qui la commandent et leur volonté de les renforcer en apprenant des erreurs du passé.
III-HYPOTHESES DE RECHERCHE ET METHODE

  1. HYPOTHESES

Quatre hypothèses seront à falsifier, à confirmer ou à infirmer tout au long de cette réflexion.


  • H.1 : La montée, plus de cinquante ans après son indépendance, d’actes et des thèses séparatistes, fédéralistes, tribales et xénophobes est le résultat d’un fourvoiement politique cinquantenaire matérialisé par une élite politique, des leaders politiques et des politiques publiques qui ont tourné le dos à l’idéal républicain et progressiste dont le but est de faire de l’Etat la chance de tous et de chacun.




  • H.2 : C’est lorsque des individus ou des groupes se sentent excluent d’un projet de vie collectif que s’opère un retour vers la famille, le clan, la tribu, l’ethnie et la chefferie comme nouveaux référents sécuritaires.



  • H.3 : L’absence totale d’idéal national, républicain et progressiste (qui a pourtant longuement motivé les résistances anticoloniales et les luttes d’émancipation des populations camerounaises du pouvoir colonial) de la part des dirigeants et des leaders politiques a entraîné d’une part, la légalisation de la pratique de « distribution tribale des parcelles de pouvoirs et de biens publics », et donc généré une bourgeoisie d’Etat alliée à un entrepreunariat collaborateur, et d’autre part, a cristallisé et renvoyé les différents groupes culturels et ethno-territoriaux à des réflexes de survie sécuritaires.



  • H.4 : Être Camerounais peut redevenir attractif, avoir du sens, et constituer un statut de ralliement et d’espoir via des réformes politiques, normatives et institutionnelles pro-citoyen, pro-démocratie et pro-Etat de droit.




  1. METHODE DE TRAVAIL

Parler de méthode de travail revient à dévoiler le mécanisme de fond et/ou le procédé de raisonnement que nous allons adopter et sur lequel nous allons nous adosser pour traiter de notre problématique et tester nos hypothèses.

Cela étant dit, la nature du questionnement de ce projet implique automatiquement que nos analyses, réflexions et propositions portent sur les structures matérielles et immatérielles du Cameroun car c’est leur dynamique, leur inertie, leur fourvoiement et leurs interactions qui sont au centre d’une réflexion sur les mouvements de fond dont les conséquences visibles ne sont parfois que l’écume des surfaces, des poussières soulevées par un vent sous-jacent. C’est en analysant les structures matérielles et immatérielles d’un pays qu’on peut trouver les problèmes structuraux et les solutions de même nature capables d’être des solutions durables pour un être mieux au monde. Cela ne veut en aucun moment signifier que les analyses conjoncturelles et événementielles ne comptent pas. Mais tout simplement que celles-ci ne revêtent un sens porteur pour le pays que si elles s’abreuvent de la vérité historique que transmettent et transportent la nature et la dynamique des structures matérielles et immatérielles d’un projet collectif de vie. En conséquence, sans prétendre à l’exhaustivité, les langues camerounaises, les langues officielles importées (français, anglais, allemand), les Grands Récits fondateurs de la nation camerounaise, les mythes et mythologies, les pères fondateurs, les religions indigènes et importées, le peuple camerounais, les élites, la famille élargie, les ethnies, les tribus, les chefferies, le territoire, le nom Cameroun et/ou Kamerun, la nation, les mœurs, l’Etat, la République, les anciennes puissances coloniales, le panafricanisme, l’économique, le politique et l’institutionnel semblent, individuellement et en interdépendance des points saillants de l’analyse structurelle et structurale du Cameroun depuis la période précoloniale jusqu’à la période postcoloniale.

S’attaquer à ces structures afin d’en saisir la dynamique de fond et, le cas échéant, faire des propositions alternatives, exige d’autres précisions méthodologiques.
1 : privilégier la généalogie des structures et de leur évolution à la recherche de leurs origines. En effet, la tentation est grande dans une problématique semblable à la nôtre de se mettre à la recherche des origines où nous espérons trouver un âge d’or, la pureté des choses ou encore le début de l’histoire. Une telle recherche est vouée à l’échec car l’origine des choses ne peut jamais être connue et le culte des origines assimile l’origine à la pureté, chose qui n’est pas l’objectif de notre projet. Cette approche méthodologique ne doit pas non plus écarter d’emblée la possibilité de comprendre l’origine d’une situation, origine dans le sens non pas ontologique ou cosmogonique des choses, mais dans les moteurs de sa création, de venue au monde, afin d’en comprendre les finalités originales. Cette connaissance permet souvent de résoudre les questions liées à la situation considérée. Elle propose la prééminence de la généalogie sur l’origine, lorsque la recherche de cette dernière s’avère une impasse.

Il semble dès lors plus utiles, plus productif et plus indiqué de passer du culte des origines à ce que Michèle Foucault appelle la généalogie des structures matérielles et immatérielles d’ordre politique, économique, culturel et imaginaire. C’est en adoptant l’approche généalogique et archéologique qu’on renonce à l’acte vain de la recherche des origines pour celui hautement fécond de l’étude et de l’analyse des structures de vie, de leur évolution, des conjonctures y afférentes, des « acteurs du haut » qui les influencent, des « acteurs du bas » qui les subissent et les influencent aussi parfois, des discours dominés, dominants et dominateurs, des conflits d’acteurs et de leurs catégories. La méthode généalogique permet d’éviter de tourner en rond en cherchant ce qui vient en premier entre l’œuf et la poule.

2 : Privilégier la critique constructive est aussi un point névralgique de notre méthode. Cette critique constructive peut être de nature analytique, esthétique (artistique), poétique (récits, analyse du récit, poèmes, mythes..), humoristique ou tout cela à la fois suivant plusieurs modes de mise en forme de la trame centrale de la problématique traitée. De même, étant donné que le projet traite d’un pays, de son devenir, de sa citoyenneté, de sa signification et du ressenti qu’en ont les uns et les autres, l’objectivité analytique, c'est-à-dire, la vérité des faits et des choses sur le plan de l’histoire longue ou de l’histoire immédiate, revêt dans ce projet la même valeur heuristique que la subjectivité analytique à savoir les jugements de valeurs qui sont ceux des Camerounais et des Camerounaises parties prenantes du projet ou objets de l’analyse. Les témoignages par écrit ou par interview des Camerounais du dehors et du dedans sont un point importants à ce niveau méthodologique. Cela entraîne que l’interdisciplinarité au sens faible – soit plusieurs regards posés sur un même thème global – devrait dominer la couleur disciplinaire de nos travaux.
: Relier état de la question et état des lieux puis l’échelle nationale et l’échelle internationale. Chercher à comprendre ce que c’est qu’être Camerounais et comment faire de ce statut un fondement de l’unité nationale du pays autour d’un projet de vie commun, induit automatiquement la considération à la fois d’un état de la question et d’un Etat des lieux qui lient le tout au partie puis l’échelle nationale à l’échelle internationale. L’état de la question revient à regarder le Cameroun à partir de lui-même et de mettre en évidence comment son évolution a affecté le statut être camerounais en mal, en bien ou en pis par rapport au projet camerounais de vie bonne. L’Etat des lieux, à mettre automatiquement et interaction avec l’état de la question, revient à fixer comment le Cameroun en tant que construction politique a évolué par rapport aux défis, conjonctures et grands enjeux internationaux qui affectent aussi la citoyenneté camerounaise. En effet, c’est un travail qui vise à montrer que la construction des droits et des devoirs des citoyens camerounais n’est pas seulement une affaire de l’Etat camerounais mais aussi d’associations nationales et internationales, des politiques de privatisation, de la multinationalisation, de la mondialisation et de la construction des grands ensembles comme l’Union Africaine.
4 : Les analyses doivent avoir un caractère évaluatif. Cela implique un regard objectif et subjectif, des constats, des recommandations puis les discussions et la falsification au bout du compte des trois hypothèses de départ. Il en résulte que les sciences économiques et sociales (ce qui a été et ce qui est) et la philosophie politique (ce qui peut et pourrait être) sont les deux grandes familles de discipline qui devraient inspirer nos analyses.


IV-RESULTAT ESCOMPTE

Ce travail de réflexion sur le Cameroun, son histoire, son présent et son destin se veut une action collective et citoyenne dont le résultat souhaité et souhaitable est le dépassement de la deuxième république camerounaise (système Ahidjo-Biya depuis 1960) en faveur de l’émergence d’une troisième république camerounaise par l’invention collective et solidaire d’une nouvelle grammaire de l’émancipation républicaine. Cette nouvelle grammaire de l’émancipation républicaine est ce que le groupe de travail mobilisé dans cette noble mission compte offrir à son pays avec la prétention d’ainsi participer à l’œuvre d’édification juste et prospère de l’Etat camerounais, de la nation camerounaise, de l’unité nationale et de la citoyenneté camerounaise. Nous souhaitons que par ce travail les citoyens camerounais exercent leur pouvoir de citoyen et prennent le pouvoir sur le politique afin d’être acteurs et actrices d’une marche du pays vers une troisième république comme naissance effective de l’Etat de droit démocratique au Cameroun. Cela implique la construction d’un espace public comme réalité sociologique plurielle, comme lieu sémiologique multi varié où l’on s’envoie des signes qui font sens et un lieu où être Camerounais est le statut qui fait autorité parce que porteur du même projet de vie commune, évoquant le même espoir et renvoyant aux mêmes droits et devoirs pour tous.
V-CONDITIONS ETHIQUES ET CONSIGNES REDACTIONNELLES

  1. Conditions éthiques

L’objectif de ce travail étant aussi de chercher, d’imaginer et créer des éléments fondamentaux d’une communauté de citoyens, il semble essentiel qu’il saisisse à nouveaux frais l’enjeu de la citoyenneté camerounaise comme statut contribuant au devenir-humain de l’homme. C’est donc un projet qui est consubstantielle à un idéal d’engagement scientifique, politique et éthique dont l’entour va de la grande famille camerounaise à l’Etat. En conséquence, nous privilégions des critiques constructives et allons récuser toute contribution qui appelle manifestement à la haine entre Camerounais, à la guerre entre eux, à la xénophobie et à la discrimination. Un comité d’éthique est mis en place et chargé de ce filtrage.


  1. Consignes rédactionnelles

Toutes les références se mettent en note de bas de page.

  1. Les citations des passages d’un livre ou d’un article se font en note de bas de page avec indication du nom de l’auteur du livre (de l’article) et de la page où elles sont tirées.

  2. Citer un livre. Exemple. DUFLO (E.), 1987, Repenser la pauvreté, Seuil, Paris.

  3. Citer un article dans un livre. Exemple. DUFLO (E.), 1987, « études de la pauvreté au Burkina Faso », Repenser la pauvreté, Seuil, Paris, pp.21-32.

  4. Citer un article dans une revue. Exemple. STRAUSS (J.), 1986, « Does better nutrition raise farm productvity », Journal of Political Economy, pp.297-320.

  5. Police, Garamond, taille 12, Interligne simple. Taille maximale des contributions, 20 pages.



VI- PROPOSITION DE QUELQUES AXES DE REFLEXION

AXE I

ÊTRE CAMEROUNAIS : GENEALOGIE DES FONDAMENTAUX D’UN PROCESSUS POLITIQUE

  1. PEUPLES ET TERRITOIRES AVANT LE CAMEROUN ET LES CAMEROUNAIS

  2. L’ETAT, LA NATION, LEURS SYMBOLES ET LEURS REALITES COLONIALES

  3. L’ETAT, LA NATION, LEURS SYMBOLES ET LEURS REALITES POSTCOLONIALES

AXE II

ÊTRE CAMEROUNAIS: PHENEMENOLOGIE D’UN VECU ET D’UNE EXPERIENCE

  1. EXPERIENCES ET VECUS DES ELITES

  2. EXPERIENCES ET VECUS DES GENS ORDINAIRES

  3. EXPERINCES DU VIVRE ENSEMBLE

AXE III

ÊTRE CAMEROUNAIS : POETIQUE D’UN ÊTRE AU MONDE

  1. LANGUES, RELIGIONS, RÊVES ET IMAGINAIRES D’UN PROJET DE VIE COMMUNE

  2. DECEPTIONS/SUCCES D’UNE CONSTRUCTION POLITIQUE

  3. GRANDS RECITS D’UNE CONSTRUCTION POLITIQUE



AXE IV

ÊTRE CAMEROUNAIS : LOIS, INSTITUTIONS, NORMES ET MŒURS

  1. LE DISCOURS DES LOIS ET DU DROIT

  2. LE DISCOURS DES INSTITUTIONS

  3. LE DISCOURS DES NORMES NON ECRITES ET DES MŒURS

AXE V

ENSEMBLE POUR L’IDEAL NATIONAL D’UNE TROISIEME REPUBLIQUE: PROPOSITIONS DE REFORMES POUR UN AVENIR HUMANISTE, SOLIDAIRE ET PROSPERE

  1. PROPOSITIONS DE REFORMES PROGRESSISTES

  2. PARI SUR l’AVENIR D’UN CAMEROUN PANAFRICANISTE ET HUMANISTE

  3. LES NOUVEAUX SENTIERS ET LA NOUVELLE GRAMMAIRE POLITIQUE DE LA CITOYENNETE CAMEOUNAISE A L’ÂGE GLOBAL.

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