Accompagnement pédagogique Composition





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Histoire 2e



Étude d’œuvre



Le Serment du Jeu de Paume

Page 198





Auteur

Jacques-Louis David

Titre

Le Serment du Jeu de Paume

Dimensions

101 x 66 cm

Date de création

1791

Matière de l’œuvre

Dessin préparatoire

Lieu de conservation

Musée national du château de Versailles

Crédits

© Photo Josse/Leemage

Le contexte


Cette œuvre représente le Serment prononcé dans la salle du Jeu de paume, à Versailles, le 20 juin 1789, par les 630 députés du tiers-état qui n’ont plus accès à la salle des Menus Plaisirs fermée sur ordre du Roi. Depuis la réunion des États-Généraux par Louis XVI, à partir du 5 mai 1789, un bras de fer est engagé entre le pouvoir royal et les partisans des idées nouvelles.

J.-L. David donne ici sa vision d’un événement exceptionnel qui marque la rupture entre les deux camps et fonde le principe de la Souveraineté nationale.

Mirabeau, en octobre 1790, au Club des Jacobins, présente ainsi le projet de tableau : « L’Histoire peindra cet instant […] où quelques hommes […] dans un lieu sans défense qui pourrait devenir leur tombeau, sauvèrent une grande nation par leur courage. »

L’œuvre est le travail préparatoire d’une commande officielle, d’abord du Club des Jacobins (1790) puis de l’Assemblée nationale (septembre 1791).

Accompagnement pédagogique

Composition


Lumière



La lumière vient de la fenêtre en haut à gauche. Elle a une double origine.

D’une part, elle émane du peuple, représenté par les personnages qui ont pris place au bord de la fenêtre. J.-L. David a voulu mettre en avant le rôle clef du peuple qui est source d’inspiration pour les députés.

Énergie positive, elle éclaire particulièrement certains députés : (de gauche à droite) le groupe de députés bretons, farouches et actifs défenseurs de la Révolution, Prieur de la Marne, ami de l’artiste qui puise cette énergie en regardant vers le peuple, le moine chartreux Dom Gerle dans le groupe au premier plan, Bailly au centre sur la table, Dubois-Crancé enfin, ami de l’artiste et l’un des initiateurs du projet de tableau auprès du Club des Jacobins.

D’autre part, elle a pour origine l’orage qui bat son plein à l’extérieur et en particulier l’éclair qui zèbre le ciel au dessus de la chapelle du château de Versailles. La lumière crée aussi une ambiance électrique, reflet des tensions qui règnent, dans une ambiance lourde, au sens propre comme au figuré.

De fait, elle laisse dans l’ombre certains personnages qui annoncent les tensions politiques qui suivront : le peuple prêt à intervenir (à gauche sous les arcades), un aristocrate dissimulé dans la foule, le doigt sur la bouche, le député Martin d’Auch (tout à droite au premier plan) qui a refusé, seul, de signer le Serment et s’est déclaré « opposant ».

Perspective



Le président de l’Assemblée, Jean-Sylvain Bailly, est le point de convergence de la scène : une forêt de bras se tend dans sa direction. L’effet est renforcé par les lignes au sol, aux murs, au plafond.

David veut souligner l’élan d’union qui rassemble les députés autour de Bailly, ou plus exactement autour de ce qu’il représente : le Serment (c’est moins lui qui importe que son bras levé et le texte du Serment qu’il tient dans l’autre main).

Bailly est le porte-drapeau d’un acte collectif qui est fondateur de la souveraineté nationale.

Groupes



La composition du dessin divise l’espace en deux plans qui séparent deux grands groupes.

  • Le premier plan est dominé par la masse impressionnante, compacte, des 630 députés qui forment l’Assemblée nationale. L’effervescence et l’émotion règnent. L’auteur du dessin a voulu mettre en valeur l’action décisive de ce groupe d’hommes unis qui, par sa détermination, a su tenir tête au pouvoir royal depuis début mai 1789.

  • Le second plan occupe la moitié supérieure du dessin et fait un contraste saisissant avec la partie inférieure : ici les personnages, représentant le peuple, sont peu nombreux, en retrait.

Au sein des deux groupes, on distingue d’autres groupes. Les députés ne forment pas une masse homogène.

Une partie, placée devant, est composée de députés bien identifiables (dans leurs expressions, leurs gestes…), qui forment de petits groupes indépendants. On distingue par exemple le groupe de trois députés au premier plan.

Les personnages sont bien individualisés. Il y a là les principaux acteurs de la pièce qui se joue.

À l’arrière, on a la foule des députés anonymes, non identifiables mais qui montrent que l’événement est un acte collectif qui a engagé l’ensemble des députés. Un député se distingue des autres en étant le seul à ne pas regarder en direction de Bailly : c’est Prieur de la Marne qui symbolise ainsi le lien entre le peuple et les députés.

À l’inverse, le groupe des opposants aux idées nouvelles est minoritaire, noyé dans la masse des députés, mais il est bien présent. Il est formé du député Martin d’Auch, « l’opposant » officiel, pour lequel les députés qui l’entourent sur le dessin hésitent entre tolérance et intimidation et de l’aristocrate espion que David a ajouté.

Le peuple, dans la partie haute, est scindé en deux groupes qui occupent les rebords de fenêtres. Ils sont plus spectateurs qu’acteurs. Volontairement moins visible, le peuple est aussi présent dans la partie basse, au niveau des députés : un groupe est caché sous les arcades, dans l’ombre. David connaît, lorsqu’il réalise ce dessin en 1791, le rôle que jouera le peuple durant l’été 1789. Ce groupe symbolise l’action future du peuple qui, dès le Serment, est prêt à prendre le relais de l’action des députés.

Notons que le Roi est indirectement présent avec la représentation de la chapelle du château de Versailles et le rappel du pouvoir royal de droit divin qui est aux antipodes du principe de souveraineté nationale qui émane des représentants du peuple.

Interprétations


Un lieu



« […] ces murs nus et noircis, image d’une prison et transformés en temple de la liberté. »

Mirabeau, Discours au club des Jacobins, octobre 1790.

L’événement dessiné a eu lieu dans une salle dite « du jeu de paume ». Construite au temps de Louis XIV, à une époque où ce jeu de cour était à la mode, cette salle était en 1789 une propriété privée.

C’est le député Guillotin qui a trouvé ce lieu capable d’accueillir dans l’urgence l’Assemblée nationale qui n’a pu entrer à l’hôtel des Menus Plaisirs au matin du 20 juin 1789.

On imagine l’effervescence qui a pu régner, dans ce contexte de révolte contre l’autorité royale, au sein de ces 290 m² (la salle fait environ 10 x 29 m) dans lesquels s’entassent 630 députés.

La pièce est présentée comme une scène de théâtre dans laquelle se joue un drame.

  • Seule la moitié de la salle est représentée. Bailly est au centre, la majorité des députés derrière lui. Le spectateur est invité à imaginer autour de lui les autres députés et à s’identifier à eux. La taille prévue pour le tableau (7 x 10 m) devait accentuer cet effet, avec des personnages grandeur réelle.

  • Le décor est dépouillé mais les éléments qui doivent faire entrer la salle dans l’Histoire de la nation sont présents : panier, balles, raquette du jeu de paume.

  • Les rideaux au vent accentuent la théâtralisation ainsi que les murs dépouillés, symétriques.

Un serment



Au xviiie siècle, le serment collectif a une valeur symbolique forte. Il scelle une union entre des hommes égaux. C’est un thème cher à J.-L. David qui a déjà peint le Serment des Horaces en 1785.

Le serment prononcé ici est la manifestation concrète des valeurs défendues par les députés : égalité des hommes, fraternité.

La diversité des gestes témoigne de cette volonté d’affirmer de nouveaux principes.

Les bras tendus, libérateurs, expriment le défi lancé au pouvoir royal dans cet acte collectif qui fonde la souveraineté nationale.

Accolades, bras levés au ciel, bras tendus vers le peuple (Prieur de la Marne), mains jointes (le père Gérard) contrastent avec les bras obstinément croisés de « l’opposant », Martin d’Auch.

Des héros



J.-L. David fait un parallèle entre les députés et les héros de l’Antiquité qu’il a l’habitude de peindre. Le serment collectif est le résultat d’actes héroïques, individuels. C’est la somme des individus qui forme la nation.

Pour cette raison, il s’est attaché à rendre les grandes figures de l’Assemblée, au premier plan, bien identifiables (visages, attitudes). La version finale du tableau devait se faire à partir d’études détaillées des visages des députés. Pour la version gravée de l’œuvre projetée en 1823, David dresse une liste de 50 noms. L’objectif est aussi de retranscrire l’impression de chaleur humaine et d’élan fraternel.

La place de chacun est le résultat des choix de l’artiste en fonction de ses amitiés (Prieur de la Marne, Dubois-Crancé), des obligations (certaines figures sont incontournables : Mirabeau, les députés bretons, l’abbé Grégoire), de la situation politique de 1791 au moment de la réalisation du dessin.

À travers son œuvre, J.-L. David est un acteur de la Révolution.

Il ne fait pas une représentation fidèle d’une scène (à laquelle il n’a pas assisté), mais il fait une démonstration politique. Il s’agit de montrer l’union des députés qui les conduit à un acte politique majeur.

L’œuvre est d’ailleurs une commande politique : elle émane dans un premier temps du Club des Jacobins sur proposition de Dubois-Crancé (bien visible sur le dessin) en octobre 1790 avec un financement par souscription (qui sera un échec) puis de l’Assemblée nationale sur proposition de Barère (également bien visible : assis au premier plan en train de rédiger le Point du jour) en septembre 1791 sur fonds publics.

Pour sa démonstration, il n’hésite pas à introduire dans le dessin des personnages qui n’ont, en fait, pas assisté au Serment.

  • Marat, à la fenêtre en haut à droite, en train d’écrire sur une feuille L’ami du peuple (journal qui ne paraît qu’à partir de septembre 1789) et qu’il faut faire apparaître dans cette scène fondatrice de la nation.

  • À Gauche, Thibault, simple et modeste curé de Souppes qui permet de faire un contraste fort avec le député alsacien, bourgeois aisé, Reubell. Leur accolade, sur un pied d’égalité, symbolise la volonté de créer de nouveaux rapports entre les hommes.

  • Au centre, le moine chartreux Dom Gerle qui n’était que suppléant. Membre du clergé régulier, il permet de représenter, avec l’abbé Grégoire (clergé séculier) et le protestant Rabaut Saint-Étienne, la réconciliation religieuse et de donner au Serment une garantie divine en mettant en avant les cultes du royaume.

À droite, l’aristocrate espion, invention de David, qui apporte un élément de dramatisation de la scène, rappel discret des menaces qui pèsent sur une Assemblée en guerre ouverte avec le pouvoir royal.

Des allégories



J.-L. David, en utilisant des figures allégoriques, veut donner une portée universelle à son œuvre. Il la rattache à la fois au passé et à l’avenir.

  • Les enfants sont présents, de façon discrète, dans l’angle en bas à gauche et à la fenêtre du haut, à droite. Ils symbolisent, par leur jeunesse, l’avenir, le monde où tout commence. Les députés œuvrent pour cet avenir meilleur. La diagonale ainsi formée, porteuse d’espoir, tranche avec la diagonale opposée qui va de la chapelle du château, frappée par la foudre, au député opposant Martin d’Auch.

  • Le député Maupetit de la Mayenne, malade, vieux est l’allégorie de la vieillesse : il apporte aux députés fougueux, emportés par leur enthousiasme, la sagesse de son âge, la caution morale des anciens.

  • Le député Barère, qui rédige Le Point du jour est une allégorie de l’Histoire. Il s’agit de rendre compte à toute la nation des événements du 20 juin 1789 et d’immortaliser l’instant. Chacun à sa façon, Barère ou David, joue le même rôle et participe à l’acte révolutionnaire.

Pour approfondir

Sitothèque


http://www.chateauversailles.fr/espace-pedagogique/enseignants/enseignants

Présentation de l’exposition « Quand David réécrit l’Histoire » (2008-2009) avec un dossier enseignants à télécharger.

http://revolution-francaise.net/2006/11/08/82-david-et-la-grande-revolution-de-2014

Analyse rapide par Raphaël Julliard.

http://www.versailles.fr/culture-et-patrimoine/institutions-et-evenements-culturels/musee-lambinet/salle-du-jeu-de-paume/

Documentation sur la salle du Jeu de paume.

Bibliographie


  • François Furet, La Révolution 1770-1880, coll. « Histoire de France », © Hachette, 1999.

    Reproduction de qualité du dessin ; présentation générale (longue citation de Mirabeau) ; analyse de différentes parties du dessin ; contexte général de l’année 1789.



© Magnard 2010 Page sur

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