Etranger – fremder en france et en allemagne du 19e siecle a nos jours





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date de publication09.11.2017
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Cité nationale de l’histoire de l’immigration

Exposition France-Allemagne

Comité de pilotage « Projets scolaires »


ETRANGER – FREMDER EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE DU 19E SIECLE A NOS JOURS

Les thèmes de l’exposition

LE PROJET
L’exposition souhaite montrer le lien entre 1/ les représentations du « nous », « des Eigenen » en France et en Allemagne et 2/ la construction de l’image de l’autre dans les deux pays. Le troisième élément de l’exposition aborde 3/ l’autodéfinition des désignés « autres » (étrangers, immigrés, migrants, descendants d’immigrés,...) et les transformations des images du nous et de l’autre par la négociation (Riva Kastoryano) d’une culture commune dans les deux sociétés. L’exposition invite chacun de ses visiteurs à considérer d’un œil critique la manière dont ils se perçoivent eux-mêmes et dont ils perçoivent l’autre, l’étranger.

L’approche historique de l’exposition, allant du 19e siècle à nos jours, permet de donner des clés de lecture pour décoder et interpréter le présent en Allemagne et en France. Ainsi le visiteur découvre par exemple comment l’émergence de l’idée de nation aux XIXe et XXe siècles a encore des répercussions sur la construction de l’altérité en France et en Allemagne aujourd’hui. L’exposition s’inscrit avec sa sélection d’objets de la vie quotidienne dans la tradition récente de l’histoire culturelle qui dépassent et complètent une approche « simplement » politique.

L’approche artistique permet de compléter l’approche historique et de rendre lisibles par d’autres biais les représentations, les images, les stéréotypes de soi et de l’autre, de les détourner et de les surmonter.

Un espace interactif permet de valoriser et de diffuser des témoignages mettant en avant le regard et la perspective des immigrés, migrants, descendants d’immigrés en tant que vision légitime dans une société multiculturelle. Le but est d’amener, dans un deuxième temps, à la réflexion et à un échange sur les cultures communes en France et en Allemagne.

L’implication du public dans la réflexion et la production dès la préparation de l’exposition est prévue par le biais d’ateliers artistiques, de conférences, d’échanges, du développement du site Internet, etc.

LES COMPOSANTES
Les 3 parties de l’exposition

1/ Les dates clé de l’histoire des migrations en France et en Allemagne

2/ Les îlots thématiques

3/ L’espace d’expression et d’écoute
1/ Les dates et les mots clé de l’histoire des migrations en France et en Allemagne

Le parcours de l’exposition prévoit pour l’orientation du visiteur une chronologie commune des dates clés de l’histoire des migrations en France et en Allemagne dans un contexte européen. La chronologie aborde en même temps le problème de la définition nationale des discours sur l’immigration et sur l’altérité et propose la traduction des mots d’un contexte historique et national à l’autre.
2/ Les îlots thématiques

L’exposition met l’accent sur 9 thématiques qui permettent la comparaison historique entre l’Allemagne et la France sans pour autant obliger à construire un grand récit historique franco-allemand dont les unités de comparaison seront difficiles à établir. La question des représentations, les images de soi et de l’autre est au centre de l’exposition. Il ne s’agit pourtant pas de simplement comparer les images de l’autre en France et en Allemagne mais plutôt de comparer la fonction qu’elles remplissent à l’intérieur des deux nations respectives. L’approche artistique, qui joue un rôle important à l’intérieur des îlots, incite à réfléchir sur l’actualité et l’authenticité des événements historiques et sur la relation entre subjectivité et « vérité historique ».
3/ L’espace d’expression et d’écoute

Cet espace propose des systèmes d’écoute (p.ex. les audio-lounges du migration-audio-archiv à Cologne) qui seront achalandés avec des témoignages oraux en allemand, sous-titrés en français et inversement, avec des pièces radiophoniques, etc. Dans ce même espace est prévu un dispositif pour montrer les travaux artistiques produits par les établissements scolaires et les associations en amont de l’exposition. Des systèmes interactifs permettent de laisser une trace, un témoignage à la fin de la visite.

LES THEMES DES ILOTS THEMATIQUES

Les 9 îlots thématiques sont arrangés selon le mouvement suivant (ordre provisoire) :

1/ Les représentation d’un « nous », « das Eigene » en France et en Allemagne : Îlot « Nation » ; Îlot « Chez-soi – Heimat » ;

2/ La construction de l’image de l’autre dans les deux pays : Îlot « Images de « l’autre » » ; Îlot « Pratiques de l’altérité » ;

3/ L’autodéfinition des ainsi désignés « autres » (étrangers, immigrés, migrants, descendants d’immigrés,...) et négociation d’une culture commune : Îlot « Imaginaire de l’immigration » ; Îlot « Langue » ; Îlot « Espace » ; Îlot « Corps » ; Îlot « Culture commune – Transformation.
1/

Nation
Le premier îlot montre l’histoire et le mythe des nations allemande et française, l’émergence des État-nations. Les deux concepts de « Nation » se génèrent réciproquement depuis la Révolution française. La « Nation » comme concept interculturel est analysée en vue des répercussions sur la construction de l’autre en France et en Allemagne. Ainsi la notion de « citoyenneté », née en même temps que la nation, « fabrique » la distinction moderne entre citoyen et étranger en France. En Allemagne, la notion de « nation allemande » fut pendant longtemps un concept idéel, une attitude intellectuelle. Jusqu’en 1911, les sujets de l’Etat ne sont pas allemands au sens juridique, mais citoyens de l’état confédéré en question, donc citoyen de Hesse, bavarois ou prussien. Ceci est la différence décisive entre la France et l’Allemagne. Au fil du temps, il existe plusieurs « degrés » de citoyenneté et « d’étrangeté » : coloniaux, ressortissants de l’Union européenne, réfugiés, Aussiedler...

L’État-nation exige un discours sur les frontières et leur protection et définit ainsi un intérieur et un extérieur, l’inclusion et l’exclusion.
Chez-soi – Heimat
La construction du chez-soi implique toujours la définition de l’autre. Cet îlot analyse les différences du chez-soi en France et en Allemagne sur un plan émotionnel. En Allemagne, depuis le Moyen-Age jusqu’au 19e siècle, le droit de « Heimat » est une catégorie juridique. Avoir le droit de « Heimat » signifie d’avoir les droits d’accueil, de logement, de soin, de protection juridique – droits qui sont dans leur extension comparables à la citoyenneté. La notion de la « Heimat » commence à avoir un sens bien particulier à partir du milieu du 19e siècle. Elle est utilisée en contrepoint à l’industrialisation, l’urbanisation, la paupérisation et « le froid de la modernité ». « Heimat » en est l’opposé : l’endroit où tout est comme avant. À partir de 1900 se développe une littérature autour du sujet : la « Heimatliteratur » et dans les années 1950 et 1960 une quantité innombrable de « Heimatfilme » voient le jour. La perte du sentiment de chez soi est décrite comme « Heimweh ». « Heimat » prend pourtant un sens tout autre chez les écrivains de l’exil. Pour Thomas Mann, Bertholt Brecht, Alfred Döblin, Lion Feuchtwanger etc. « Heimat » est devenu un concept utopique : décrire l’endroit qu’ils ont dû quitter. C’est un non-lieu : en sentiment, un espoir.

Aujourd’hui « Heimat » signifie davantage l’expression d’une identification que d’un lieu concret. « Heimat » ressort aujourd’hui d’un sentiment subjectif d’appartenance indépendamment de définitions politico-juridiques.

En France, le concept homologue de « Heimat » n’existe pas (traduction approximative « mon pays », « pays natal », « lieu d’origine »). Il y a une identité nationale forte, mais elle a une signification politique et juridique. Appartenir à la République est moins un sentiment qu’un règlement juridique et plus abstrait que « Heimat » même si la République a aussi créé ses croyances et ses idéologies. En même temps on peut observer en France de fortes identités régionales, visibles au travers de la célébration des produits régionaux, la notion du « mal du pays ».

Ce chez-soi n’est pourtant jamais intact. Le sentiment d’être étranger à soi-même est depuis Freud et la découverte de l’inconscient un lieu commun. Dans le contexte de l’exposition, cela décrit le fait de se sentir toujours en décalage, de sentir l’altérité en soi.

L’îlot traite également le difficile et précaire chez-soi des immigrés : l’entre-soi, le réseau d’accueil, la nostalgie et la mémoire de l’autre chez-soi qu’ils ont quitté et la nouvelle appartenance à négocier avec la société d’accueil.

2/

Les images de l’autre
Cet îlot montre les images de l’autre produites par les deux sociétés française et allemande : l’autre à l’extérieur et l’autre à l’intérieur. On commence par « Marianne » et « Germania » et les stéréotypes qui existent sur les Allemands et sur les Français, leur survivance, mais aussi leur transformation après la guerre dans le cadre de l’intégration européenne et du programme de « l’amitié franco-allemande ». On montre la diversité à l’intérieur de chacune des nations, la proclamée homogénéité étant un mythe. Puis l’îlot présente le développement des images de l’altérité à l’intérieur de chaque nation, les coloniaux, les indigènes, les juifs, les Fremdarbeiter, les Gastarbeiter, les Aussiedler etc. et les manières de traiter cette différence à l’intérieur. Du mythe de l’homogénéité possible du corps national jusqu’à l’acceptation d’une société multiple et croisée par des différences voulues.
Les pratiques de l’altérité
Les pratiques de l’altérité, c’est-à-dire la mise en œuvre des images de l’autre, les pratiques qui accompagnent les images ne sont pas forcément nocives / anéantissantes pour l’autre, comme la discrimination, le racisme, la xénophobie. Le tourisme, l’exotisme, la célébration du multi-culturalisme sont autant de pratiques de l’altérité. L’îlot « Les pratiques de l’altérité » montre les différentes variantes de ce processus, leurs transformations au fil de temps et les compare en France et en Allemagne.

3/

L’imaginaire migratoire
Cet îlot sera consacré à l’imaginaire migratoire, au traitement imaginaire des situations qu’un immigrant peut rencontrer au fil de son parcours de vie. L’îlot sera conçu essentiellement au travers de la production culturelle (cinéma, littérature, art plastique, musique) en France et en Allemagne et abordera des sujets comme les images de la France, de l’Allemagne et de l’Europe en général dans la tête de quelqu’un qui immigre avant d’arriver, la mémoire du pays, les mythes autour de ces origines, un futur imaginé dans les pays d’accueil.
La langue
Cet îlot met l’accent sur le rôle de la langue du pays d’accueil dans la constitution d’une nouvelle appartenance pour les immigrés. Selon la politique de la langue nationale en France et en Allemagne, l’importance de l’apprentissage et l’assistance pour les immigrés sont conçues différemment. En France, l’entrelacement entre l’État et la langue date depuis au moins 1539 : l’Édit de Villers-Cotterêts, rédigé en Français pour la première fois, fonde la justice royale. Dans les années de la Terreur (1793-94) le français est installé avec force en tant que langue nationale. En Allemagne, la langue a été toujours célébrée comme signe d’appartenance à une culture commune, en ayant moins la fonction d’un instrument pour unifier politiquement la nation.

Le nouveau code de la nationalité allemande, adopté en 2000, impose une connaissance suffisante de l’Allemand comme condition juridique pour la naturalisation, ce qui n’était pas le cas auparavant. La langue nationale devient instrument de l’égalité des chances et n’est plus le marqueur culturel de la différence. Dans les années 1970 n’existait aucune politique de l’apprentissage de la langue en Allemagne, les « Gastarbeiter » étant censés ne pas rester en Allemagne et les Aussiedler étant censés connaître déjà l’Allemand.

En France, on a fait pendant longtemps confiance en la force assimilatrice de l’école, présupposant presque que la plupart des immigrés parlaient déjà le Français. C’est au début des années 1970 qu’on s’aperçoit qu’un traitement spécifique pour les enfants primo-arrivants est nécessaire mais l’Éducation nationale prend soin de ne pas enfermer les élèves dans une structure scolaire spécifique et de les intégrer le plus tôt possible dans le quotidien scolaire classique. L’apprentissage du français pour les adultes a été longtemps assuré par des associations. Au milieu des années 1970 le FAS a été fondé pour organiser mieux le financement des cours. En 1999 : augmentation significative du nombre d’heures de cours accompagnés par un suivi social facultatif.
L’espace
Cette partie de l’exposition traitera de la présence et de l’absence des immigrés dans l’espace (matériel et immatériel). D’une part, l’îlot montre les espaces réels de l’immigration, les lieux de transition, les foyers, la politique de la ville la constitution d’un espace communautaire (p.ex. Görlitzer Park, quartier turc à Berlin) et la (non)-représentation des immigrés dans l’espace public commun (noms de rue, monuments, plaquettes...). D’autre part, sera élaboré l’exclusion ou l’inclusion des immigrés dans l’espace public immatériel, leur présence ou absence dans la Cité (dans le sens du concept politique grec) et dans la production culturelle. Enfin l’îlot montrera le mouvement possible dans ces espaces : les frontières visibles et invisibles qui empêchent le mouvement, « l’ascenseur social », l’aller-retour entre le pays d’origine et le pays d’accueil...
Le Corps
La relation au corps et les pratiques alimentaires, sanitaires, vestimentaires qui l’accompagnent font partie du plus intime de l’homme et en même temps le plus marqué par des codes culturels. Cet îlot montre plusieurs aspects du corps allant du travail (accidents ; exploitation ; les niches du travail des immigrés comme la gastronomie, les travaux ménagers, la mine, l’atelier de textile, l’industrie) aux religions en passant par les pratiques spécifiques du corps. L’alimentation jouera un grand rôle comme les influences vestimentaires et l’habitat. D’une manière plus théorique, l’îlot aborde également le concept de « l’incorporation de l’autre » : les inclusions de l’autre dans la société d’accueil allant de l’assimilation de l’immigré à la transformation de la société d’accueil sous l’influence des apports des immigrés.
Culture commune
Les négociations entre immigrés et société d’accueil concernant leur nouvelle appartenance prennent des formes différentes selon l’époque historique et surtout selon les conditions que posent la société d’accueil. Ainsi le concept récent de « l’intégration » est conçu différemment en France et en Allemagne et était précédé par des notions comme « adaptation » et « assimilation » dont l’îlot trace l’histoire. Ici des questions comme : Intégration à quoi ? Comment une personne venue d’ailleurs peut s’approprier une notion comme celle de « Heimat » ? Quelles conditions existent pour adhérer à la République française ? sont posées. La transformation de la culture commune au sein même de la culture allemande et française comme processus dynamique impliquant les immigrés en même temps que la société d’accueil est le sujet principal de cet îlot.



4/10/17

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