Rapporteurs





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Sommaire




Introduction générale


Une thématique

Ce travail de thèse propose de questionner un fait mobilitaire majeur de nos sociétés actuelles : le tourisme. Ses principales caractéristiques prennent forme avec le Grand Tour. Il naît en Angleterre dès le 17ème siècle, où les jeunes aristocrates masculins –les femmes étant exclues- parcourent l’Europe, sous la forme d’un rite initiatique ; le but est de découvrir le Monde, la société, ses mœurs et ses règles avant de rentrer au pays pour souvent occuper un poste majeur. Le tourisme n’a depuis cessé d’évoluer et il n’est pas figé, ni dans le temps, ni dans l’espace. Même s’il n’est pas facile à définir, tant il est complexe, nous nous rapprochons de la définition de l’équipe MIT : « système d’acteurs, de pratiques et d’espaces qui participent de la ‘recréation’ des individus par le déplacement temporaire hors des lieux du quotidien » (MIT, 2002, p.8).

Nous avons donc choisi d’interroger le tourisme à travers le prisme de la ville, voire la très grande ville, la métropole. Les deux –tourisme et ville- prennent toute leur importance à un même moment, la Révolution Industrielle, et dans un même lieu, l’Angleterre. D’ailleurs, le Grand Tour « illustre un rapport ancien des élites aux espaces urbains de l’Europe » (Duhamel, 2007, p.170). En effet, après Londres, c’est Paris, Florence, Naples ou Rome qui sont dans l’itinéraire. La ville est attractive car elle permet en un même lieu une diversité de rencontres, de sociabilité, et une confrontation à un différentiel sans pour autant déstabiliser totalement le jeune voyageur (Ibid.). Actuellement, ces destinations restent attractives grâce à la multiplication des courts-séjours, une accessibilité rapide mais aussi par la possibilité d’une sociabilité, d’une découverte sans cesse renouvelée par le jeu du patrimoine et de la modernité (Duhamel, 2007), l’évolution de la qualité ainsi que les différentes politiques menées en faveur de de l’attractivité (Gravari-Barbas, 2013).

Un parcours

Cette thématique prit réellement forme durant les deux années de master même si la possible relation entre le tourisme et la ville se posa assez tôt dans les études universitaires (dès le DEUG et la licence). Cela s’est concrétisé par la réalisation de deux mémoires. Le premier en 2007 a eu comme axe de travail une réflexion sur la mesure du tourisme dans la ville (à Paris précisément). Pour cela, nous avions recensé tous les modèles, indicateurs et critères existants pour construire un gradient touristique ; tout un protocole de mesure avait été proposé. Le deuxième mémoire, soutenu en juin 2008, proposait de réfléchir sur la complexité de délimiter le tourisme à Paris alors même que la capitale française se construisait à partir de multiples échelles (arrondissements, commune, agglomération, aire urbaine, métropole) ; mais aussi de réfléchir à la place du tourisme dans cette délimitation, tout en proposant une série de concept (hiérarchie, réseau, système, etc.) qui permettrait d’identifier les logiques touristiques de Paris.

Les questionnements du début de thèse ont été alimentés par ces deux mémoires de recherche. Nous avons donc poursuivi sur cette même thématique, mais avec une maturité scientifique supplémentaire afin de répondre aux exigences d’un travail doctoral. Nous avons choisi une méthode hypothético- déductive ; c’est-à-dire, la construction en amont d’une série d’hypothèses de recherche à vérifier ensuite lors d’un travail de terrain approfondi. Notre démarche a été exclusivement qualitative. Ce n’est pas remettre en question l’intérêt du quantitatif, l’un et l’autre ayant des atouts et des limites. Si la géographie représente la discipline principale, l’histoire, la sociologie sont autant d’autres disciplines qui sont interrogées.

Un terrain de recherche

Lorsqu’il s’agit de se lancer dans trois ans de thèse, en réalité cinq, l’importance réside aussi bien dans le choix d’une thématique que dans un terrain de recherche pertinent. Dans le cadre de notre thématique, les terrains de recherche ne manquaient pas. Il suffit de regarder le nombre de touristes dans les villes pour voir la diversité qui s’offre à nous. Tout comme la thématique, le choix du terrain s’est fait presque « naturellement » et il n’a pas fallu longtemps pour le décider. Paris a rapidement retenu notre attention, et ce dès la première année de master, sans jamais regretter ce choix, encore aujourd’hui. Avant d’évoquer des raisons scientifiques, il faut souligner des raisons plus personnelles. Lorsque mon master recherche débute, cela fait un an que je vis à Paris, et j’ai toujours cette passion de la ville. Ainsi, le choix de Paris s’impose à moi car j’ai la possibilité de travailler sur l’une des villes mondiales qui m’interpelle le plus alors même que j’ai déjà découvert New York, Los Angeles, Las Vegas, Shanghai, Pékin ou Hong Kong. Ce n’est donc pas un choix par défaut, bien au contraire. Enfin, l’avantage est aussi de pouvoir être au cœur de mon terrain, et de pouvoir faire du terrain, quand je le veux. Dans la recherche c’est un atout non négligeable. Sans doute, la limite est-elle de ne pas avoir le recul nécessaire puisque je ne suis pas dans une seule et unique observation indirecte. Je vis cette ville au quotidien au point de mélanger parfois les postures : l’habitante, la chercheuse, et dans la peau d’un touriste. Bien sûr, des considérations scientifiques expliquent ce choix. Premièrement, je suis partie du postulat que pour comprendre le Monde, il faut déjà appréhender ce qu’il se passe dans son pays, dans sa ville. J’aurais tout aussi pu choisir d’autres terrains plus exotiques, mais Paris avait tous les atouts scientifiques. A une échelle nationale, aucune ville de France ne rivalise avec Paris, aussi bien d’un point de vue touristique, qu’économique, de rayonnement, d’attractivité, etc. Deuxièmement, Paris fait partie des trois plus grandes destinations urbaines/métropolitaines mondiales avec Londres et New York. Toutes les trois accueillent autour de 30 millions de touristes chaque année (OTCP, 2012). Avec un taux d’occupation intra-muros de 79,6%1 en 2012 (Ibid.), et détenant 21 des 30 sites les plus fréquentés en France (Ministère du tourisme), Paris détient des attraits indéniables pour les touristes, les imaginaires et représentations étant souvent très développés. Son histoire, globale et touristique, est aussi très riche et ancienne. Elle est l’une des villes les plus importantes du Grand Tour. Paris fascine dès cette époque et cette fascination n’a jusqu’aujourd’hui que très peu d’égal. Troisièmement, le constat d’un nombre limité d’études sur le cas parisien (nous en parlerons ci-après) est venu confirmer et clôturer la question du terrain de recherche. Enfin, nous faisons le choix de nommer Paris en tant que destination. Si ce terme est souvent utilisé dans une logique marketing, ici il permet de ne pas faire le choix a priori d’une échelle d’analyse. De plus, avant d’être considérée comme une ville ou une métropole, Paris est avant tout vue par les touristes comme une destination, dans laquelle les échelles et les frontières ont beaucoup moins de sens que les images et les représentations.

Questions de recherche

Tourisme et ville sont indissociables au sens où le premier participe de la fabrication du second. En effet, le tourisme est à la fois « consubstantiel à la définition même de la ville contemporaine » (Stock & Lucas, 2012, p.151) et co-constitutif de l’urbanité des villes. De ce constat, nous proposons d’entrer par les pratiques et mobilités touristiques pour questionner les logiques touristiques et métropolitaines à Paris. Cet axe replace les touristes en tant qu’individus qui contrôlent leurs choix, leurs pratiques mais aussi en tant qu’acteurs dans la fabrication, le fonctionnement et la spatialisation du tourisme dans l’espace métropolitain parisien. Il répond aussi aux questions scientifiques du moment puisqu’il y a une « attention limitée et portée aux questions de l’utilisation de la ville par les touristes »2 (Ashworth & Page, 2010, p. 7).L’espace de la ville/métropole n’est pas seulement identifiable sous l’angle des structures, des politiques urbaines/touristiques ou des acteurs institutionnels. Ainsi, réfléchir aux pratiques et mobilités touristiques implique plusieurs questionnements : quels touristes pour quelles pratiques ? Quelles échelles de mobilités et de pratiques ? Quelles logiques ? Au final, l’objectif est d’identifier des processus qui vont déterminer l’espace touristique de la destination Paris.

Plan de la thèse

Ce travail de thèse se compose de trois parties, organisées par chapitres. Dans une première partie, nous proposons un état de l’art, c’est-à-dire l’état des connaissances sur une thématique, ici le tourisme et la destination ville. Le but du premier chapitre est d’établir une chronologie de la recherche scientifique sur le sujet en identifiant les principales évolutions et ruptures. Dans un second chapitre, nous avons cherché à comprendre comment le fait touristique dans la ville avait été investi par la recherche, et ce dans son organisation spatiale. Nombreux sont les scientifiques qui se sont attachés à comprendre la ville touristique en délimitant des espaces dédiés au tourisme. Le troisième chapitre pose la question de l’échelle de la destination, de la ville à la métropole tout en analysant les principales caractéristiques identifiées. Le quatrième chapitre se concentre sur les études qui ont utilisé l’entrée par les pratiques et mobilités touristiques pour comprendre le lien entre le tourisme et la ville. La deuxième partie pose le questionnement ainsi que l’opérationnalisation de ce travail doctoral. D’abord, nous expliquons la problématique sur laquelle nous avons choisi d’axer notre réflexion ; celle-ci prend forme autour de mots clés tels pratiques, mobilités touristiques et fabrique de l’espace touristique. Nous avons ensuite fait le choix de juxtaposer la présentation et l’analyse du terrain de recherche à l’exposé des hypothèses de recherche. Quatre ont été définies sur la centralité touristique, la métropolisation, la mise en réseau et la distinction. Cette seconde partie se clôture par la présentation de la méthodologie adoptée, dans une logique qualitative avec la mise en place d’entretiens et d’observations. La dernière partie présente les résultats du travail de terrain, permettant de répondre aux hypothèses posées en partie deux. Trois chapitres la composent : le premier montre les différents profils interrogés et permet d’obtenir des trajectoires, à la fois dans leur expérience touristique que dans celle de la destination Paris. Le deuxième chapitre s’articule autour des pratiques et des caractéristiques identifiées à Paris : les logiques du choix de l’hébergement, la mécanique des pratiques, les rythmes associés aux formes de mobilités, la répétition des lieux pratiqués et le processus de distinction. Quant au troisième chapitre, il propose d’associer à ces pratiques et mobilités touristiques, les lieux. Il permet d’identifier la constitution de la destination Paris et de ses échelles à travers la diversité, la hiérarchie ou encore l’organisation spatiale des pratiques touristiques.

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